samedi 22 mars 2014

3e Dimanche du Grand Carême


Vénération de la Sainte Croix
Marc 8,34-9,1
De l'Explication de l'évangile de saint Marc
par le bienheureux Théophylacte, archevêque d'Ochrid et de Bulgarie


34-37. Puis, ayant appelé la foule avec ses disciples, Il leur dit : Si quelqu'un veut venir après Moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il Me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de Moi et de la Bonne Nouvelle la sauvera. Et que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s'il perd son âme ? Que donnerait un homme en échange de son âme ? [Dans ce passage de saint Marc et dans le commentaire qui suit, le mot grec psyché a été traduit tantôt par "vie", tantôt par "âme", car il a tous ces deux sens. V. aussi l'Explication de l'évangile de saint Matthieu par Théophylacte]

Comme Pierre L'avait réprimandé pour vouloir être crucifié, le Seigneur appela le peuple à Lui, et dit, devant tous, mais en dirigeant ses paroles surtout vers Pierre : "Me trouves-tu en faute, Pierre, parce que je prends la croix ? Je te dis que ni toi, ni personne d'autre ne sera sauvé, à moins de mourir pour la bonté et la vérité." Voyez que le Christ ne force pas l'homme de mourir sur la croix contre sa propre volonté. Il dit plutôt : "Quiconque désire". Le Seigneur dit : "Je ne contrains personne. Je l'invite à quelque chose de bon, non pas à quelque chose de mauvais auquel il doit être forcé. Quiconque ne veut pas de ces choses n'est pas digne d'elles." Nous pouvons apprendre ce que veut dire se renier soi-même si nous comprenons ce que veut dire renier un autre. Celui qui renie un autre est celui qui, quand il voit son frère, ou son serviteur, ou son père en train d'être fouetté, voire assassiné, ne se tourne pas vers lui pour compatir à sa souffrance, mais agit comme s'il lui était étranger. C'est de cette même manière que le Seigneur veut que nous n'ayons pas pitié de notre corps, de sorte que, même si nous sommes fouettés, ou pire, cela nous soit égal. Qu'il prenne sa croix, c'est-à-dire, qu'il accepte une mort très honteuse, puisque, à cette époque, mourir sur une croix était considéré comme la mort la plus honteuse. Mais comme beaucoup étaient crucifiés parce qu'ils étaient des bandits, le Seigneur ajouta à la crucifixion quelque chose d'autre : que l'on doit être vertueux. C'est ce qu'Il veut dire par : qu'il Me suive. Bien que son commandement de s'abandonner à la mort semblât dur et cruel, le Seigneur montre tout de suite que ce commandement est donné par amour pour le genre humain. Car quiconque perdra sa vie à cause de Moi la sauvera. (Mais la mort d'un homme condamné, ou de celui qui se pend n'est pas pour le Christ et n'apporte pas une telle récompense.) Et, au contraire, celui qui paraît avoir sauvé sa vie, loin de trouver la vie, la perdra en n'étant pas persévérant au temps de son martyre. Ne Me dites pas : "Mais il a sauvé sa vie" – cela ne veut rien dire. Même si vous dites qu'il a gagné aussi le monde entier, cela n'a aucun avantage. Personne ne peut échanger de l'argent pour son salut, car s'il en était ainsi, un homme qui a gagné le monde mais a perdu son âme, pourrait, pendant qu'il brûle dans les flammes de l'enfer, utiliser son argent pour acheter de l'innocence. Mais à ce moment et à cet endroit, on ne peut faire un tel commerce. Ici fermons la bouche de ceux qui disent, en suivant Origène, que toutes les âmes en enfer seront restaurées [et réunies à celles qui sont au ciel] après avoir été punies selon leurs péchés.
 Qu'ils entendent qu'il n'y a pas d'échange qui puisse y être fait pour délivrer l'âme. Personne n'est gardé en enfer en guise de punition. C'est plutôt le poids de ses propres péchés qui l'y retient.

38-9,1. Car quiconque aura honte de Moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l'homme aura aussi honte de lui, quand Il viendra dans la Gloire de son Père, avec les saints anges. Il leur dit encore : Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu'ils n'aient vu le royaume de Dieu venir avec puissance.


La foi intellectuelle ne suffit pas, la confession de la foi de la bouche est requise aussi. Comme l'homme lui-même est double, que soit double aussi sa sanctification. L'âme est sanctifiée par la foi, mais le corps l'est par la confession. Quiconque donc aura honte de confesser que le Crucifié est son Dieu, le Crucifié aura aussi honte de lui. Car le Seigneur jugera que cet homme est un serviteur indigne lorsqu'Il viendra avec Gloire, escorté des anges, et non plus sous une humble forme. À sa seconde Venue, ll n'apparaîtra pas, comme Il le fit avant, de basses extraction et conditions, et comme un objet de mépris. Puisqu'Il parle de sa propre Gloire, Il désire montrer qu'Il ne se vante pas vainement, et dit : Il y aura quelques-uns qui sont là, nommément Pierre, Jacques et Jean, qui ne mourront pas avant que Je ne leur aie montré, lors de la Transfiguration, la Gloire avec laquelle J'apparaîtrai à la seconde Venue. Car la Transfiguration ne fut rien moins que la préfiguration de la seconde Venue, et comme Il apparut alors radieux, ainsi brillera-t-Il à la seconde Venue, de même que feront aussi les justes.

samedi 15 mars 2014

2e Dimanche du Grand Carême

2e Dimanche du Grand Carême
Le paralytique porté par quatre hommes
Marc 2,1-12
De l'Explication de l'évangile de saint Marc
par le bienheureux Théophylacte, archevêque d'Ochrid et de Bulgarie

1-5. Quelques jours après, Jésus revint à Capernaüm. On apprit qu'Il était à la maison, et il s'assembla un si grand nombre de personnes que l'espace devant la porte ne pouvait plus les contenir. Il leur annonçait la parole. Des gens vinrent à Lui, amenant un paralytique porté par quatre hommes. Comme ils ne pouvaient L'aborder à cause de la foule, ils découvrirent le toit de la maison où Il était, et ils descendirent par cette ouverture le lit sur lequel le paralytique était couché. Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique : Mon enfant, tes péchés sont pardonnés.

Que veut dire : Quelques jours après ? (Théophylacte interprète ici pour son lecteur grec contemporain de 1100 ap. J-C. l'expression quelque peu difficile du grec du Nouveau Testament : δι᾽ ἠμερῶν.) Il signifie : "après que quelques jours sont passés". Quand Jésus fut entré dans la maison, le peuple entendit qu'Il était dedans et ils vinrent tous en courant, espérant qu'il serait facile de Le voir là. La foi de ces hommes était si grande qu'ils avaient même fait une ouverture dans le toit, par laquelle ils descendirent le paralytique. Sur ce, le Seigneur le guérit, voyant la foi de ceux qui le portaient, ou celle du paralytique lui-même. Car le paralytique n'aurait pas été d'accord pour y être porté s'il n'avait pas cru lui-même qu'il serait guéri. Souvent, le Seigneur guérit un malade incroyant en raison de la foi de ceux qui l'amenaient. Semblablement, Il guérissait souvent celui qu'on Lui amenait, à cause de la foi de cet homme, malgré l'incroyance de ceux qui l'avaient amené. D'abord, Il pardonne les péchés du malade, et ensuite Il guérit la maladie, puisque les maladies les plus graves nous arrivent pour la plupart par suite des péchés. C'est ainsi que le Seigneur dit du paralytique dans l'évangile de Jean que la paralysie de l'homme était le résultat de ses péchés (Jn 5,5-15). Mais le paralytique de l'évangile de Jean n'est pas le même que celui mentionné ici. Car l'homme dans le récit de Jean n'avait personne pour l'aider, tandis que cet homme-ci en avait quatre. Et celui-là était au bord de la piscine des Brebis, alors que celui-ci était dans la maison. Et celui-ci était à Capernaüm, alors que l'autre était à Jérusalem, pour ne parler que de quelques différences. Mais sachez que le paralytique mentionné par Matthieu (9,2-8) et celui mentionné ici par Marc sont un seul et même homme.

6-12. Il y avait là quelques scribes, qui étaient assis, et qui se disaient au-dedans d'eux : Comment cet homme parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui peut pardonner les péchés, si ce n'est Dieu seul ?Jésus, ayant aussitôt connu par son Esprit ce qu'ils pensaient au dedans d'eux, leur dit : Pourquoi avez-vous de telles pensées dans vos cœurs ? Lequel est le plus aisé, de dire au paralytique : Tes péchés sont pardonnés, ou de dire : Lève-toi, prends ton lit, et marche ? Or, afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés : Je te l'ordonne, dit-Il au paralytique, lève-toi, prends ton lit, et va dans ta maison. Et, à l'instant, il se leva, prit son lit, et sortit en présence de tout le monde, de sorte qu'ils étaient tous dans l'étonnement et glorifiaient Dieu, disant : Nous n'avons jamais rien vu de pareil.

Quand le Seigneur dit qu'Il pouvait pardonner des péchés, les pharisiens L'accusaient faussement de blasphème, puisque Dieu seul peut pardonner les péchés. Mais le Seigneur prouve encore davantage qu'Il est Dieu, en révélant ce qui est dans leur cœur. Dieu seul sait ce qui est dans le cœur de chacun, car, comme le dit le prophète : "seul Tu connais le cœur des enfants des hommes" (2 Chr 6,30, 1 Rois 8,39). En dépit du fait que le Seigneur avait révélé leurs pensées les plus intimes, les pharisiens restèrent insensés, n'admettant pas que Celui qui connaissait leurs cœurs pouvait guérir aussi leurs péchés. En guérissant le corps, le Seigneur rend crédible et certaine la guérison de l'âme aussi, confirmant l'invisible au moyen du visible, et le plus difficile par ce qui était plus facile, bien qu'il ne semblât pas ainsi aux pharisiens. Car les pharisiens pensaient qu'il était plus difficile de guérir le corps, parce que c'était quelque chose de visible. Et ils pensaient qu'il était facile à dire que l'âme avait été guérie, puisque cette guérison ne se voyait pas. Peut-être avaient-ils des pensées comme celles-ci : "Regardez cet imposteur. Il a refusé de guérir le corps qui est visible, et prétend plutôt guérir l'âme qui est invisible, disant : Que tes péchés te soient pardonnés. Certainement, serait-Il capable, Il guérirait le corps plutôt que de prétendre faire quelque chose que l'on ne peut voir." Le Seigneur leur montre donc qu'Il est capable de faire les deux, en disant : "Lequel est le plus aisé ? De guérir le corps ou de guérir l'âme ? Il est certainement plus facile de guérir le corps, mais vous pensez juste le contraire. Je vais donc guérir le corps, ce qui, en fait, est facile, bien que cela vous semble difficile. Ce faisant, Je confirmerai aussi la guérison de l'âme, ce qui est difficile, bien que cela vous semble facile car invisible et impossible à vérifier." Ensuite, Il dit au paralytique : Lève-toi et prends ton lit, pour confirmer encore davantage que le miracle n'était pas imaginaire, et aussi pour montrer qu'Il ne l'avait pas seulement guéri, mais l'avait rempli de force.


Le Seigneur fait de même pour nos maladies spirituelles. Non seulement Il nous délivre de nos péchés, mais Il nous remplit aussi de force pour faire ses commandements. Donc, moi aussi qui suis un paralytique, je peux être guéri. Car Christ est, en ce moment même, à Capernaüm, ce qui se traduit par "maison de réconfort et de consolation", ce qui est l'Église. Car la Maison du Consolateur est bien l'Église. Moi aussi, je suis un paralytique, car les facultés de mon âme sont inertes et ne peuvent pas mouvoir vers le bien. Mais si je suis porté par les quatre évangélistes et amené au Seigneur, je L'entendrai alors qui m'appelle : Enfant, (puisque, en faisant ses commandements, je deviens un fils de Dieu), et mes péchés me seront pardonnés. Mais comment puis-je être amené à Jésus ? Par une ouverture dans le toit. Et qu'est-ce que le toit ? C'est mon intellect, qui recouvre tout ce qui est en moi. C'est un toit fait de beaucoup de tuiles de terre et d'argile, qui signifient les affaires terrestres. Mais si toutes ces choses sont écartées, et la force de l'intellect en moi s'ouvre et se libère du poids des choses terrestres, alors je serai "descendu", c'est-à-dire je serai rendu humble. Car je ne dois pas me lever en orgueilleux, du fait que j'ai été déchargé des choses terrestres; mais plutôt, après avoir été déchargé des choses terrestres, je dois être descendu, c'est-à-dire rendu humble. Alors je serai guéri et prendrai mon lit, qui est mon corps, pour m'en servir en vue d'accomplir les commandements. Car je ne dois pas seulement me lever du péché et comprendre que je pèche; je dois aussi prendre mon lit, c'est-à-dire redresser mon corps, afin de le rendre prêt à faire le bien, Alors nous serons aussi capables de voir de nos yeux spirituels, de sorte que toutes nos pensées en nous pourront dire : Nous n'avons jamais rien vu de pareil, ce qui veut dire : "Nous n'avons jamais compris jusqu'à maintenant que nous avions été des paralytiques et que nous étions guéris maintenant". Seul celui qui a été purifié de ses péchés voit les choses telles qu'elles le sont en réalité.

mardi 11 mars 2014

nouvelles

Je viens d'arriver en Suisse où je resterai quelques jours afin d'y célébrer la divine Liturgie pour le dimanche de saint Grégoire Palamas. Ensuite je continuerai vers la France. Un voyage en Afrique se prépare mais rien de concret encore. 
Vôtre en Christ, 
archimandrite Cassien

Le bulletin 147 vient d'être publié !

Dimanche de l'Orthodoxie

1er Dimanche du Grand Carême
Dimanche de l'Orthodoxie

Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon ? 
Jean 1, 43-51

De l'Explication de l'évangile de saint Jean
par le bienheureux Théophylacte, archevêque d'Ochrid et de Bulgarie

43-45. Le lendemain, Jésus voulut Se rendre en Galilée, et Il rencontra Philippe. Il lui dit : Suis-Moi. Philippe était de Bethsaïda, de la ville d'André et de Pierre. Philippe rencontra Nathanaël, et lui dit : Nous avons trouvé Celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé, Jésus de Nazareth, fils de Joseph. 

André, après avoir écouté le Précurseur, et Pierre, après avoir écouté André, ont tous deux suivi le Christ. Mais il semble que Philippe, sans aucune suggestion de quelqu'un d'autre, obéit aussitôt à Jésus quand Il lui dit : Suis-moi. Comment fut-il convaincu de façon aussi instantanée ? Il apparaît, tout d'abord, que la Voix du Seigneur blessa son âme d'amour. Le son de la Voix du Seigneur n'était semblable à celui d'aucune autre; car en ceux qui étaient dignes, il allumait immédiatement un amour brûlant pour Lui. Comme le dirent Cleopas et l'autre disciple sur le chemin d'Emmaüs : Notre cœur ne brûlait-il pas au-dedans de nous, lorsqu'Il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures ? (Lc 24, 32). De plus, Philippe avait sérieusement réfléchi dans son cœur, il étudiait constamment les livres de Moïse et attendait toujours la Venue du Christ; donc dès qu'il Le vit, il fut convaincu. C'est pourquoi il dit : Nous L'avons trouvé ! – ce qui montre qu'il L'avait toujours cherché. Peut-être avait-il appris aussi quelque chose d'André et de Pierre concernant le Christ. Puisqu'ils étaient de la même ville, il est vraisemblable qu'ils se soient parlé et aient discuté ensemble du Seigneur. L'évangéliste semble le laisser entendre lorsqu'il dit : Philippe était de Bethsaïda, de la ville d'André et de Pierre. C'était une ville très petite, plutôt comme un village. Nous devons donc nous émerveiller au pouvoir du Christ, qui choisit ses disciples les plus éminents à des endroits aussi insignifiants. Philippe ne garde pas cette bonne chose pour lui-même, mais la partage avec Nathanaël. Comme Nathanaël étudiait diligemment la Loi et la connaissait à fond, Philippe lui mentionne la Loi et les Prophètes. Philippe appelle le Seigneur "le fils de Joseph", puisqu'ils pensaient qu'Il était son enfant. Et il L'appelle "de Nazareth", bien qu'Il fût, à proprement parler, de Bethléem. Il naquit à Bethléem et fut élevé à Nazareth. Comme le mode de sa Naissance était caché à la plupart, tandis que son éducation était manifeste, ils L'appelaient Jésus de Nazareth.

46-48. Nathanaël lui dit : Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon ? Philippe lui répondit : Viens, et vois.  Jésus, voyant venir à Lui Nathanaël, dit de lui : Voici vraiment un Israélite, dans lequel il n'y a point de fraude. D'où me connais-Tu ? lui dit Nathanaël. Jésus lui répondit : Avant que Philippe t'appelât, quand tu étais sous le figuier, Je t'ai vu.

Philippe avait dit que le Christ était de Nazareth. Mais Nathanaël, versé dans la Loi, savait que, d'après les Écritures, le Messie devait venir de Bethléem. C'est pourquoi il dit : Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon ? Philippe répondit : Viens, et vois, sachant que, aussitôt après avoir goûté les Paroles du Christ, il ne Le quitterait jamais. Le Christ fait l'éloge de Nathanaël comme d'un vrai Israélite, qui n'a jamais rien dit ni pour plaire ni par inimitié. Les paroles de Nathanaël ne venaient pas d'un manque de foi, mais d'un intellect doué de discernement et bien versé dans la Loi, et qui savait que le Christ devait venir de Bethléem et non pas de Nazareth. Comment Nathanaël répond-il au Seigneur ? Devient-il orgueilleux à cause de ces propos de louange ? Pas le moins du monde. Persistant à désirer établir clairement et avec certitude l'identité de cet Homme, il demande : D'où me connais-Tu ? Alors, le Seigneur lui révèle sa Divinité même, en lui parlant de choses que personne ne pouvait savoir à part Nathanaël et Philippe, car ils ont parlé et agi sans témoin. Bien qu'Il ne fût pas présent, le Christ savait tout de la conversation entre Philippe et Nathanaël. C'est pourquoi Il dit : quand tu étais sous le figuier. Le Seigneur dit ces mots concernant Nathanaël, avant l'arrivée de Philippe, afin que personne ne pense soupçonner que Philippe Lui ait parlé du figuier et de sa conversation avec Nathanaël. Et Nathanaël comprit aussitôt qui était le Seigneur et Le confessa comme Fils de Dieu. Écoutez ce qu'il dit :

49-51. Nathanaël répondit et Lui dit : Rabbi, Tu es le Fils de Dieu, Tu es le Roi d'Israël. Jésus lui répondit : Parce que Je t'ai dit que Je t'ai vu sous le figuier, tu crois; tu verras de plus grandes choses que celles-ci. Et Il lui dit : En vérité, en vérité, vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l'homme. 

La prophétie a un grand pouvoir, plus grand même que les miracles, pour inciter un homme à croire. Les démons sont capables de simuler des miracles et ont l'air de les opérer. Mais personne ne peut avoir une connaissance d'événements futurs et les prédire avec exactitude, pas même un ange, et encore moins les démons. Donc le Seigneur attira à Lui Nathanaël en lui disant où il s'était tenu, que Philippe l'avait appelé à Lui, et qu'il était un vrai Israélite. Ayant entendu ces choses, Nathanaël entrevit la Grandeur du Seigneur autant qu'il le pouvait à ce moment-là,  et Le confessa comme Fils de Dieu. Cette confession ne fut pas cependant comme celle de Pierre (v. Mt 16,16-18). Pierre Le confessa comme Fils de Dieu, c'est-à-dire comme vrai Dieu. C'est pourquoi le Seigneur bénit Pierre et lui confia l'Église. Mais Nathanaël Le confesse simplement comme un homme qui, par la Grâce et par sa propre vertu, a été adopté comme fils de Dieu. C'est clair d'après ce qu'il dit ensuite : Tu es le Roi d'Israël. Voyez-vous ? Nathanaël n'a pas encore atteint la parfaite connaissance de la vraie Divinité du Seul-Engendré. Il croit en Lui comme en un homme bien-aimé de Dieu, comme au Roi d'Israël. S'il L'avait confessé comme vrai Dieu, il ne L'aurait pas appelé Roi d'Israël, mais Roi de toute chose. Donc le Seigneur ne le bénit pas comme Il bénit Pierre, et conduit ses pensées vers les hauteurs afin qu'il comprenne quelque chose de sa Divinité. Vous verrez désormais – dit-Il – les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l'homme. Il dit par là : "Ne me comprenez pas comme un simple homme, mais plutôt comme le Maître des anges." Lui que les anges servent ne peut être un simple homme, mais seulement le vrai Dieu.


Tout cela, en fait, eut lieu à sa Crucifixion et à son Ascension. Comme le temps de sa Passion approchait, un ange du ciel le fortifia; à son Tombeau, il y avait un ange, et encore à son Ascension, comme le relate Luc (Actes 1,10-11). Certains ont compris le figuier comme représentant la Loi. Comme les figues, la Loi contient de la douceur, mais elle est difficile d'accès, couverte, comme de feuilles, par la rudesse des observations légales et la difficulté des commandements. Ils disent donc que le Seigneur vit Nathanaël, c'est-à-dire qu'Il le regarda avec faveur et connaissait ses pensées pendant qu'il était encore sous la Loi. Considère aussi cette interprétation, ô lecteur, si tu le trouves agréable : le Seigneur vit Nathanaël sous le figuier, c'est-à-dire sous la Loi, ou, dans la Loi, scrutant ses profondeurs. S'il n'avait pas scruté les profondeurs de la Loi, le Seigneur ne l'aurait pas vu. Sachez aussi que Galilée signifie "rouler en bas". Le Seigneur, donc, s'en alla à cet endroit du monde qui est tombé bas, c'est-à-dire à notre nature humaine. Et pendant que nous étions encore sous le figuier, sous l'emprise de la douceur du péché, qui est mêlée de beaucoup d'amertume à cause du regret et des châtiments qui la suivent, l'Ami de l'homme nous vit, et choisit ceux qui Le confessaient comme Fils de Dieu et Roi de chacun qui voit Dieu (car Israël signifie "voir Dieu"). En vérité, si nous persévérons avec zèle, Il nous comptera dignes de voir des choses plus grandes que celles-ci. Nous contemplerons des anges montant à la hauteur de la connaissance divine de Lui, et descendant encore, parce qu'ils ne peuvent connaître son Essence inconnaissable. En un autre sens, un homme monte quand il se plonge dans l'étude de la Divinité du Seul-Engendré, et il descend quand il est ravi dans la contemplation de son Incarnation et de sa Descente aux enfers.

samedi 8 février 2014

Dimanche du Pharisien et du Publicain

16e Dimanche de Luc
Dimanche du Pharisien et du Publicain
Luc 18,10-14
De l'Explication de l'évangile de saint Luc
par le bienheureux Théophylacte, archevêque d'Ochrid et de Bulgarie

10-14. Deux hommes montèrent au temple pour prier ; l'un était pharisien, et l'autre publicain. Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : Ô Dieu, je Te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain ; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus. Le publicain, se tenant à distance, n'osait même pas lever les yeux au ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur. Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt que l'autre. Car quiconque s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé.

Le Seigneur ne cesse de purger la passion de l'orgueil de différentes façons. Cette passion, plus qu'aucune autre, trouble nos pensées, et pour cette raison, le Seigneur enseigne toujours et partout à ce sujet. Ici, Il est en train de purger la pire forme de l'orgueil. Car il existe de nombreux rejetons à l'amour-propre. La présomption, l'arrogance et la vaine gloire proviennent toutes de cette racine. Mais la plus destructive de toutes ces sortes d'amour-propre est l'orgueil, car l'orgueil est le mépris de Dieu. Quand un homme attribue ses accomplissements à lui-même et non pas à Dieu, ce n'est rien moins que la négation de Dieu et l'opposition à Lui. Par conséquent, comme un ennemi à l'ennemi, le Seigneur s'oppose à cette passion qui Lui est opposée, et à travers cette parabole, Il promet de la guérir. Il dirige cette parabole vers ceux qui se fient en eux-mêmes, qui n'attribuent pas tout à Dieu, et qui , pour finir, méprisent les autres. Il montre que, quand la justice – qui est merveilleuse à tous les autres égards et qui rapproche l'homme de Dieu – prend l'orgueil pour son compagnon, elle jette l'homme dans les profondeurs les plus basses et rend démoniaque ce qui était divin peu de temps avant.

Au début, les paroles du pharisien ressemblent à celle d'un homme reconnaissant. Car il dit : Ô Dieu, je Te rends grâces. Mais les mots qui suivent sont pleins d'absurdités. Il ne dit pas : "que Tu m'as fait quitter l'extorsion et l'iniquité", mais plutôt : "Je Te rends grâces que je ne suis pas un ravisseur ou un ouvrier d'iniquité". Il attribue cet accomplissement à lui-même, comme quelque chose qu'il aurait fait de sa propre force. Comment un homme, qui sait que ce qu'il a, il l'a reçu de Dieu, peut-il comparer d'autres hommes défavorablement à lui-même et les juger ? Pour sûr, si un homme croyait qu'il avait reçu, comme un don, de bonnes choses qui, en réalité, appartiennent à Dieu, il ne mépriserait pas d'autres hommes. Il se considérerait lui-même, au contraire, aussi nu que ses semblables en matière de vertu, sauf que, par la Miséricorde de Dieu, sa nudité a été couverte d'un habit donné. Le pharisien est fier, il attribue ses œuvres à sa propre force, et c'est pour cela qu'il se met à condamner d'autres. En disant que le pharisien était debout, le Seigneur indique sa superbe et son manque d'humilité. De la même façon qu'un homme humble d'esprit est pareillement humble de son attitude, ce pharisien révèle son orgueil par son allure. Bien qu'il soit dit du publicain aussi qu'il était debout, notez la suite : il n'osait même pas lever les yeux au ciel, il était donc courbé de posture. Mais les yeux du pharisien, de même que son cœur, étaient levés au ciel, dans une exaltation arrogante. Toutefois, la façon même dont le pharisien arrangea les paroles de sa prière peut encore nous instruire. D'abord il dit ce qu'il n'est pas, puis il déclare ce qu'il est. Après avoir dit : Ô Dieu, je Te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, ce qui vise les manquements des autres, il annonce ses propres bonnes œuvres : qu'il jeûne deux fois la semaine et donne des dîmes de tout ce qu'il possède. L'ordre de sa prière nous montre que nous devons d'abord éviter le péché et nous atteler ensuite à la vertu. On ne doit pas seulement se détourner du mal, mais aussi faire le bien (Ps 33,15). C'est pareil pour un homme qui veut tirer de l'eau pure d'une fontaine boueuse : c'est seulement quand il l'a nettoyée de la boue qu'il peut en tirer de l'eau pure.

Considérez aussi ceci : le pharisien ne dit pas : "je Te rends grâces de ce que je ne suis pas un ravisseur ou un adultère comme le reste des hommes". Il ne put supporter l'association même de son nom avec des termes aussi vils, il les emploie donc au pluriel, désignant de la sorte d'autres hommes par ces termes, et évite le singulier, qui pourrait l'associer, lui, avec le péché. Ayant dit : je Te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, il se désigne lui-même par contraste, disant : je jeûne deux fois le sabbath, ce qui veut dire : deux fois la semaine, car la semaine était appelée "le sabbath", tirant son nom du dernier jour de la semaine, le jour du repos. Le jour du repos était appelé sabbat, et la semaine était appelée sabbata, ce qui est le pluriel de sabbat. C'est pour cela que mian sabbatton est le premier jour de la semaine, celui que nous appelons "le Jour du Seigneur" (dimanche). Chez les Hébreux, mian veut dire la même chose que premier.

Il y a aussi une explication plus profonde de cette parabole. Contre la passion de l'adultère, le pharisien se vanta de son jeûne, puisque les désirs lascifs naissent de l'excès de manger et de boire. En restreignant son corps le lundi et le jeudi, comme c'était l'usage des pharisiens, il se tenait éloigné de ces passions-là. Il résistait aussi à l'extorsion et à l'injustice, en donnant des dîmes de toutes ses possessions. "Je suis tellement opposé à l'extorsion et au fait de nuire à d'autres", dit-il, "que je donne des aumônes de tout ce que j'ai". Certains pensent qu'une simple et unique dîme est ce qui est prescrit par la loi ; mais ceux qui examinent attentivement la loi, trouveront que trois formes de dîme sont prescrites. Vous pouvez apprendre cela du Deutéronome si vous vous y appliquez diligemment (Dt. 12,11-17).

Cela pour le pharisien. Tournons-nous maintenant au publicain pour observer qu'il est exactement l'opposé du pharisien. Il se tenait à l'écart et se tenait à une grande distance, non seulement sur le plan physique, mais aussi dans son attitude, dans ses paroles et par la componction de son cœur. Il avait honte de lever les yeux au ciel, car il considérait ses yeux indignes de vision céleste, puisqu'ils désirèrent voir et jouir des bonnes choses de la terre. Et il se frappait la poitrine, battant son cœur, pour ainsi dire, pour ses mauvais desseins, et le réveillant, parce qu'il était endormi. Le publicain ne disait rien d'autre que : Ô Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur. Ce faisant, il descendit dans sa maison justifié, plutôt que l'autre. Car chaque cœur présomptueux est impur aux Yeux du Seigneur, et Dieu résiste aux orgueilleux, mais Il fait grâce aux humbles (Prov 3,34, I Pi 5,5).


Mais on pourrait se demander pourquoi le pharisien est condamné pour avoir dit quelques mots fanfarons, alors que Job reçoit une couronne pour avoir dit beaucoup de paroles semblables (Job 29). La réponse est que le pharisien était debout à dire ces vaines paroles sans aucune contrainte et qu'il condamnait d'autres sans raison. Mais pour Job, ses amis le pressèrent et l'attaquèrent plus sauvagement que ne l'avaient fait ses propres calamités, lui disant qu'il subissait ces choses à cause de ses péchés. Job fut obligé d'énumérer ses bonnes œuvres, mais il le fit pour la Gloire de Dieu, et afin que les hommes ne s'égarent pas loin du chemin de la vertu. Car si des hommes venaient à entendre que Job souffrait parce que ce qu'il avait fait était pécheur, ils n'agiraient pas comme lui. Pour finir, ils deviendraient haïsseurs des étrangers au lieu d'être hospitaliers, sans merci au lieu d'être miséricordieux et injustes au lieu d'être justes ; car telles étaient les bonnes œuvres de Job. Il énuméra donc ses vertus afin que d'autres ne s'égarent pas et ne soient pas blessés, et c'est pour cela qu'il parla comme il le fit. Ne dirons-nous pas que ses paroles, qui peuvent sembler vantardes, sont en fait radieuses d'humilité ? Oh ! que ne puis-je être comme aux mois du passé, comme aux jours où Dieu me gardait ! (Job 29,2). Voyez-vous qu'il attribue tout à Dieu et ne juge pas d'autres ? Au lieu de cela, il est jugé par ses amis. Mais la condamnation tombe à juste titre sur le pharisien, qui attribuait tout à lui-même et non pas à Dieu, et jugeait d'autres sans aucune raison. Car quiconque s'élève sera abaissé et condamné par Dieu ; et celui qui s'abaisse lorsqu'il est condamné par d'autres sera élevé et compté comme juste par Dieu. Le Seigneur dit : "Toi, ô chrétien, sois le premier à dire tes péchés, pour que tu puisses être compté comme juste".

samedi 1 février 2014

Dimanche de Zachée

15e Dimanche de Luc
Dimanche de Zachée
Luc 19,1-10
De l'Explication de l'évangile de saint Luc
par le bienheureux Théophylacte, archevêque d'Ochrid et de Bulgarie

1-10. Jésus, étant entré dans Jéricho, traversait la ville. Et voici, un homme riche, appelé Zachée, chef des publicains, cherchait à voir qui était Jésus ; mais il ne pouvait y parvenir, à cause de la foule, car il était de petite taille. Il courut en avant, et monta sur un sycomore pour Le voir, parce qu'Il devait passer par là. Lorsque Jésus fut arrivé à cet endroit, Il leva les yeux et lui dit : Zachée, hâte-toi de descendre; car il faut que Je demeure aujourd'hui dans ta maison. Zachée se hâta de descendre, et Le reçut avec joie. Voyant cela, tous murmuraient, et disaient : Il est allé loger chez un homme pécheur. Mais Zachée, se tenant devant le Seigneur, Lui dit : Voici, Seigneur, je donne aux pauvres la moitié de mes biens, et, si j'ai fait tort de quelque chose à quelqu'un, je lui rends le quadruple. Jésus lui dit : Le salut est entré aujourd'hui dans cette maison, parce que celui-ci est aussi un fils d'Abraham. Car le Fils de l'Homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.

Le Seigneur S'empare du plus puissant des vaisseaux du diable et détruit ses cités. Regardez comment le Seigneur non seulement fait des publicains ses disciples, mais Il prend même un prisonnier – pour le sauver : Zachée, le chef des publicains. Personne ne doute qu'un publicain soit une abomination : combien plus l'est le chef publicain, qui est le plus avancé en malice ! Car les publicains tiraient leur revenu de nulle autre source que les larmes des pauvres. Mais le Seigneur ne méprise même pas ce chef publicain. En retour de sa seule manifestation de zèle pour voir Jésus, il reçoit le salut. Il désirait voir Jésus, voilà la raison pour laquelle il a grimpé sur le sycomore, mais avant qu'il ait aperçu Jésus, le Seigneur l'avait déjà vu. De la même façon, le Seigneur nous devance dès qu'Il voit seulement que nous sommes disposés et fervents. Quand le Seigneur voit Zachée, Il le presse de descendre vite, car Il a l'intention de s'arrêter dans sa maison. Et Zachée ne fut pas lent à obéir – quand le Christ nous ordonne quelque chose, nous ne devons pas hésiter – mais il descendit et Le reçut avec joie, en dépit des murmures de beaucoup de gens.

Voyons comment Zachée moissonna le bénéfice de l'entrée du Christ dans sa maison. Il dit : Je donne aux pauvres la moitié de mes biens. Voyez-vous ce zèle ? Il commença de débourser sans retard non pas un peu, mais tout ce qu'il avait. Même ce qu'il retint, il le retint pour pouvoir le donner à ceux à qui il avait fait du tort. Cela nous apprend qu'il n'y a aucun bénéfice pour un homme qui donne des aumônes avec l'argent obtenu de manière injuste, tant qu'il ignore ceux qu'il avait escroqués pour obtenir cet argent. Regardez ce que fait Zachée avec son argent : s'il a fait tort à quelqu'un, il lui rend le quadruple, remédiant ainsi au dommage qu'il avait causé à chaque homme en l'escroquant. C'est là, la véritable aumône. Il ne fait pas que remédier au dommage, il le fait avec majoration. Cela en accord avec la loi, qui ordonna que le voleur restitue quatre fois les biens détournés. (Ex. 22,1) En considérant bien, nous voyons qu'il ne restait rien du tout de l'argent de Zachée. Il donna la moitié aux pauvres, et l'autre moitié qui lui restait, il la donna en restituant quatre fois les biens de ceux à qui il avait fait tort. Mais puisque le revenu du chef publicain provenait de fraude et d'extorsion, et qu'il rendit quatre fois ce qu'il avait pris injustement, il s'ensuit qu'il se dépouilla de tout ce qu'il possédait. Cela nous montre que sa façon de penser dépassait la prescription de la loi, car devenu disciple de l'évangile, il aimait son prochain plus que lui-même. Et ce qu'il promit de faire, il le fit. Il ne dit pas : "Je donnerai la moitié et je restituerai quatre fois", mais bien : Voici, je donne et je restitue. Car il entendit le conseil de Salomon : Ne dis pas à ton prochain : Va et reviens, demain je donnerai ! (Prov 3,28).

Le Christ lui annonce la bonne nouvelle de son salut. Par cette maison Il entend Zachée, car le Seigneur n'appellerait pas un bâtiment sans âme un fils d'Abraham. Il est clair que le Seigneur nomma ce maître de maison vivant 
un fils d'Abraham, parce que Zachée ressemblait au patriarche par deux côtés : il crut et sa foi lui fut comptée comme justice, et il fut magnanime et généreux avec son argent à l'égard des pauvres. Voyez que le Seigneur dit que Zachée est maintenant un fils d'Abraham, car dans son comportement présent, le Seigneur voit la ressemblance à Abraham. Le Seigneur ne dit pas que Zachée a toujours été un fils d'Abraham, mais que maintenant il est un fils d'Abraham. Avant, quand il était chef publicain et percepteur d'impôt, il ne montrait aucune ressemblance à cet homme juste, et n'était donc pas son fils. Et pour faire taire ceux qui se plaignaient que le Seigneur rendît visite à un homme pécheur, Il dit : Le Fils de l'Homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.


Voilà l'explication littérale des paroles ; mais il est facile de comprendre ces choses dans un autre sens, pour notre bénéfice moral. Quiconque est chef de plusieurs en méchanceté, est petit de stature spirituelle, car la chair et l'esprit sont opposés l'un à l'autre, et c'est pourquoi Zachée ne peut pas voir Jésus à cause de la foule. Entouré d'une foule de multiples passions et d'affaires du monde, il n'est pas capable de voir Jésus agir, Se mouvoir, Se déplacer. Un tel homme ne peut reconnaître les actes chrétiens pour ce qu'ils sont – le Christ qui agit et Se meut en nous. Mais un tel homme, qui ne voit jamais Jésus passer, et ne peut percevoir le Christ dans les actes chrétiens, changera parfois, et quittant la négligence, reviendra à la raison. Alors, il grimpera tout en haut du figuier sycomore – laissant de côté tout plaisir et toute douceur, ce que signifient les figues, et les considérant comme folie et mort. Devenant plus grand qu'il n'était et faisant des ascensions dans son cœur (Ps 83,6), il est vu par Jésus et il peut Le voir, et le Seigneur lui dit : Hâte-toi de descendre, ce qui veut dire : "Par le repentir, tu as accédé à une vie plus élevée ; descends maintenant par l'humilité, de peur que l'orgueil et le sentiment de supériorité ne te fassent tomber. Hâte-toi de t'humilier. Si tu t'humilies, Je dois séjourner dans ta maison, car il est nécessaire que Je reste dans la maison d'un homme humble." Voici sur qui Je porterai mes regards : sur celui qui souffre et qui a l'esprit abattu, sur celui qui craint ma parole. (Is. 66,2) Un tel homme donne la moitié de ses biens aux démons déchus. Car notre substance est double : chair et esprit. L'homme juste donne toute sa substance charnelle aux véritables miséreux, aux démons qui sont déchus de tout bien. Mais il n'abandonne pas sa substance spirituelle, car comme le Seigneur l'a dit aussi au diable concernant Job : Voici, tout ce qui lui appartient, Je te le livre; seulement, ne porte pas la main sur lui (Job 1,12). Et s'il a pris quoi que ce fût à qui que ce fût par fausse accusation, il le lui restitue au quadruple. Cela laisse penser que si un homme se repent et prend le chemin contraire à celui de son ancienne méchanceté, il guérit ses péchés passés par les quatre vertus (courage, prudence, justice et tempérance), reçoit ainsi le salut et est appelé fils d'Abraham. Comme Abraham, il s'en va aussi de cette terre et de la familiarité avec sa méchanceté passée, et de la maison de son père (Gen 12,1), ce qui veut dire qu'il quitte son ancienne manière d'être et rejette sa condition d'avant. Il était lui-même la maison de son père, le diable. Par conséquent, quand il sortit de la maison de son père, c'est-à-dire quand il sortit de lui-même et changea de vie, il trouva le salut, comme le fit Abraham.

samedi 18 janvier 2014

Théophanie 2014

Pour la Théophanie je suis dans la paroisse de Sparte. Sinon peu des nouvelles. J'ai changé le n° de téléphone pour une meilleure réception à Sainte Marina : 0030 6987237062. Il y a des choses qui couvent mais j'ignore encore ce qui en sortira.

Unen bonne fête de la Théophanie à tous !

en Christ,
archimandrite Cassien


mardi 7 janvier 2014

Nativité du Sauveur

A tous nos fidèles et lecteurs je souhaite une fête de la Nativité du Sauveur dans la joie et la paix !


Je suis de nouveau installé au petit monastère de Sainte Marina; n'ayant pas d'électricité, je de problèmes pour me connecter.

Le bulletin n° 146 est sur le site.

En Christ, 
archimandrite Cassien