samedi 2 mai 2026

HOMÉLIE SUR L’HOMME PARALYTIQUE

   


 Les lectures des évangiles de la liturgie, depuis Pâque, sont toutes tirées de saint Jean, qui complète les autres évangélistes. Donc cet évangile d’aujourd’hui se trouve uniquement chez saint Jean. 

    Le paralytique avait peu de chance d’être guéri, car un autre descendait avant lui dans la piscine. Pourtant il ne désespéra pas; même après trente-huit ans d’infirmité. Ni le long temps passé ni sa maladie, qui l’empêchait de devancer les autres malades, ne l’avaient jeté dans le désespoir. Il n’avait non plus personne pour l’aider, selon ses dires. Il pouvait marcher mais péniblement. Donc son malheur était apparement sans issue. 

Quand nos moyens humaines sont épuisés, Dieu est le plus proche. Il sait nous consoler, même si nos malheurs persistent. Lui seul sait ce qui nous est profitable : soit il enlève les difficultés, soit il nous soutient pour les supporter dans l’espoir d’en profiter pour l’autre vie.
Le Christ ne parla pas des péchés au paralytique, comme pour d’autres malades «tes péchés te sont pardonnés». Il dit simplement «Lève-toi, prends ton grabat et marche !» Non que le paralytique n’avait pas commis de péchés, car plus loin le Sauveur lui dit : «Te voilà guéri, ne pèche plus désormais, de peur qu'il ne t'arrive plus grande infirmité !»

Les Juifs par contre dans leur étroitesse d’esprit et leur incrédulité, ne pensaient qu’à la Loi qui interdisait de porter un lit le jour du sabbat : «C'est le sabbat, il ne t'est pas permis de porter ton grabat.» Combien d’autres miracles, que Jésus accomplit un sabbat, furent réprimandés par ses adversaires dans leur aveuglement ?!

L’infirme ignorait que c’était le Christ qui l’avait guéri. Ce n’est que plus tard, dans le Temple, quand le Seigneur le rencontra de nouveau, qu’il le reconnut. Par suite de cette rencontre il proclama que c’est le Sauveur qui l’avait guéri.

Par deux fois le Christ commanda au malade : une fois en lui disant : «Lève-toi, prends ton grabat et marche !» Et l’autre fois : «Te voilà guéri, ne pèche plus désormais.»

«Notre Seigneur dit trois choses à cet homme; ces paroles : Lève-toi, ne sont pas un commandement qu'il lui fait, c'est l'acte même de la guérison, et c'est lorsque cet homme est guéri, qu'il lui commande ces deux choses : Prends ton lit et marche.» Saint Augustin (Traité 17)

Terminons avec les paroles de saint Bède le Vénérable qui nous concernent directement nous-mêmes : «Que signifient ces paroles : Lève-toi et marche ? Sors de ta torpeur et de ton indolence, et applique-toi à faire des progrès dans les bonnes œuvres.» 

 A. Cassien