samedi 18 juillet 2026

Homélie sur le 7e évangile de Matthieu

 «En ce temps-là, comme Jésus était en chemin, deux aveugles le suivaient en criant: Aie pitié de nous, Fils de David ! Jésus, arrivé à la maison, dit aux aveugles qui l'abordaient : Croyez-vous que je puisse faire cela ? Ils lui dirent : Oui, Seigneur, tu le peux ! Alors il leur toucha les yeux en disant : Qu'il advienne selon votre foi ! Et leurs yeux s'ouvrirent. Alors Jésus les avertit : Prenez garde, dit-il, personne ne doit le savoir ! Mais à peine furent-ils sortis, qu'ils répandirent sa renommée dans toute la contrée. Tandis qu'ils sortaient, on lui présenta un possédé muet : le démon fut expulsé et le muet se mit à parler; et les foules émerveillées s'écriaient : Jamais on n'a vu pareille chose en Israël ! Mais les Pharisiens disaient : C'est par le prince des démons qu'il expulse les démons. Jésus parcourait toutes les villes et villages, enseignant dans les synagogues proclamant la bonne nouvelle du royaume et guérissant le peuple de toute maladie et de toute infirmité.» (9,27-35)



L’évangéliste Matthieu nous raconte aujourd’hui la guérison de deux aveugles et d’un possédé muet. Il est le seul à parler de ces deux aveugles.

«Saint Matthieu est le seul qui raconte ce double miracle des deux aveugles et du muet. Les deux aveugles dont parlent les autres Évangélistes (Mc 10,46; Lc 18,35) ne sont pas les mêmes; cependant le fait est semblable, et si saint Matthieu ne racontait pas ce miracle avec toutes ses circonstances, on pourrait croire que son récit est le même que celui de saint Marc et de saint Luc. Nous ne devons jamais perdre de vue qu’il se rencontre dans les Évangiles des faits qui présentent les mêmes caractères. On a une preuve certaine que ces faits sont différents lorsqu’ils sont rapportés par le même Évangéliste. Lorsque donc nous rencontrons des faits de même nature dans chacun des Évangélistes, et qu’il s’y trouve des particularités impossibles à concilier, nous devons en conclure que ce n’est pas le même fait, mais un fait semblable dans sa nature ou dans ses circonstances.» Saint Augustin. (de l’accord des Evang., 2,29)

Ces deux aveugles suivaient Jésus mais ce n’est que dans la maison que la guérison a eu lieu, malgré leurs cris répétés «Aie pitié de nous, Fils de David». Le Seigneur voulait mettre leur patience à l’épreuve, – entre autres –, et il ne voulait pas que la foule le sache, comme la suite le démontre. «Il nous apprend une fois de plus à fuir la gloire que donne la multitude, car comme la maison n’était pas éloignée, il y conduit les aveugles pour les y guérir en secret.» Saint Jean Chrysostome. Une autre raison selon le grand Chrysostome : «Ce n’est qu’après qu’on l’en a prié que le Seigneur guérit les malades, car il ne veut pas laisser croire qu’il a couru après les miracles pour s’attirer de l’honneur et de la gloire.» (hom. 33)

Ils l'appellent d’abord «fils de David» et c’est avec raison d’ailleurs qu’ils lui donnent ce nom, car la Vierge Marie descend de la race de David. Ensuite ils lui donnent le nom de Seigneur, car ils croyaient qu’il n'était pas un simple homme, mais qu’il a le pouvoir de les guérir.

Le Christ leur demandait : Croyez-vous que je puisse faire cela, c’est-à-dire de les guérir ? Il le savait pourtant, disant ensuite «qu'il advienne selon votre foi». Il faut la synergie entre le pouvoir de Dieu et la foi de l’homme, pour nous aider. Sans cette synergie, rien ne peut se faire comme nous le voyons ailleurs dans l’évangile : «il ne fit pas beaucoup de miracles dans ce lieu, à cause de leur incrédulité.» (Mt 13,58)

«Il leur toucha les yeux». Généralement les miracles sont accompagnés des gestes matériels : À un autre aveugle il «mit de la salive sur les yeux, lui imposa les mains.» (Mc 8,23)  Ici il leur toucha les yeux uniquement. Les gestes matériels ne sont pas une condition sine qua non, mais plutôt un accompagnement à cause de notre foi défaillante.

Prenez garde, dit-il, personne ne doit le savoir ! Le Christ savait pourtant d’avance qu’ils allaient le proclamer.

«Jésus leur défend d’en parler à qui que ce soit; et ce n’est pas une simple défense, c’est un ordre exprès accompagné de menaces sévères. «Et Jésus leur défendit fortement d’en parler, en leur disant : «Prenez bien garde que qui que ce soit ne le sache !» Mais eux, s’en étant allés, répandirent sa réputation dans tout le pays.»  Saint Jean Chrysostome. (hom. 33)

Saint Jérôme dit : «C’est par amour pour l’humilité et pour fuir l’éclat de la vaine gloire que Jésus leur fait cette défense; mais la reconnaissance qu’ils éprouvent d’un si grand bienfait, ne leur permet pas de garder le silence.» 

«Ce que notre Seigneur dit à un autre dans une circonstance différente : «Va et annonce la gloire de Dieu» (Lc 8), n’est pas contraire à ce qui est ici raconté. Jésus veut nous apprendre à fermer la bouche à ceux qui cherchent à nous louer, en rapportant à nous seuls les louanges qu’ils nous donnent. Mais si ces louanges doivent se rapporter à Dieu, bien loin de les défendre, nous devons les exciter et les prescrire,» complète le grand Chrysostome.

Saint Grégoire le Grand (Moral., 19,14) «Examinons ici pourquoi le Tout-Puissant, pour qui vouloir et pouvoir sont une même chose a voulu que ses miracles demeurassent cachés, et que cependant ils fussent dévoilés comme malgré lui par ceux qui venaient de recouvrer l’usage de la vue. Il veut apprendre à ses disciples qui devaient marcher à sa suite, qu’ils devaient désirer que leurs vertus demeurassent cachées aussi aux yeux des hommes, et cependant les laisser publier malgré eux dans l’intérêt de ceux qui pourraient en profiter. Ils doivent donc rechercher le secret par inclination, et laisser dévoiler leurs œuvres par nécessité. Qu’ils aiment à se cacher pour garder plus sûrement leur âme de tout danger, et qu’ils consentent à se voir divulgués dans l’intérêt des autres.»

Venons au second miracle, celui du possédé muet. 

«On lui présenta un possédé muet». Il s’agit d’un muet, même si le mot grec «κωφός (cophos), dans le langage ordinaire, signifie plutôt sourd que muet, mais c’est l’usage des écrivains sacrés de le prendre indifféremment dans les deux sens.» Saint Jérôme.

Le mot grec peut avoir une signification plus large, selon moi, et peut signifier sourd-muet. Généralement, ceux qui sont sourds ne parlent pas, car ils n’entendent rien, tout en pouvant prononcer des mots.

Un double miracle se fait : le possédé est guéri et il parle. Pourtant ces deux faits sont liés, puisque ce mutisme n’était pas naturel, il venait de la malignité du démon. Le démon tenant liée son âme aussi bien que sa langue.

Saint Hilaire le Grand (can. 9 sur saint Matthieu) «L’ordre naturel des choses est parfaitement observé, le démon est d’abord chassé, et le corps reprend immédiatement toutes ses fonctions.»

L’évangile poursuit : «Et la multitude en fut dans l’admiration, et ils disaient : On n’a jamais rien vu de semblable en Israël». Les scribes et les pharisiens de leur côté niaient les miracles du Sauveur autant qu’il leur était possible de le faire, et ils interprétaient en mauvaise part ceux qu’ils étaient obligés d’admettre. Les Pharisiens disaient même : C'est par le prince des démons qu'il expulse les démons.

Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir, dit-on. Ces aveugles-là, Jésus ne pouvait pas les guérir. Il peut tout faire mais pas aller contre notre volonté, car il nous a créé libre – à sa ressemblance. 

«Proclamant la bonne nouvelle du royaume,» termine l’évangile. Pour les uns c’était une occasion de chute; pour ceux de bonne volonté, la guérison et le salut.

A nous donc de voir ce que l’évangile de ce jour nous apporte !


A. Cassien




dimanche 28 juin 2026

221

 Voici le bulletin 221

vôtre a. Cassien

vendredi 29 mai 2026

NOUVELLES DE L’HERMITAGE

Quelqu’un demanda au patron d’une entreprise combien d'ouvriers travaillaient chez lui. 
Sa réponse : «À peu près la moitié.»
Ici au foyer et à l’hermitage, je suis seul et je travaille encore comme je peux. 
Je viens d’isoler mieux la toiture du réfectoire de l’hermitage.  

en Christ,

a. Cassien




dimanche 3 mai 2026

baptêmes

 Christ est ressuscité !

Samedi le 26 avril ( 9 mai) a eu lieu à Evry le baptême de Jéremy et de sa fille Tinatin.




en Christ, 

a. Cassien

samedi 2 mai 2026

HOMÉLIE SUR L’HOMME PARALYTIQUE

   


 Les lectures des évangiles de la liturgie, depuis Pâque, sont toutes tirées de saint Jean, qui complète les autres évangélistes. Donc cet évangile d’aujourd’hui se trouve uniquement chez saint Jean. 

    Le paralytique avait peu de chance d’être guéri, car un autre descendait avant lui dans la piscine. Pourtant il ne désespéra pas; même après trente-huit ans d’infirmité. Ni le long temps passé ni sa maladie, qui l’empêchait de devancer les autres malades, ne l’avaient jeté dans le désespoir. Il n’avait non plus personne pour l’aider, selon ses dires. Il pouvait marcher mais péniblement. Donc son malheur était apparement sans issue. 

Quand nos moyens humaines sont épuisés, Dieu est le plus proche. Il sait nous consoler, même si nos malheurs persistent. Lui seul sait ce qui nous est profitable : soit il enlève les difficultés, soit il nous soutient pour les supporter dans l’espoir d’en profiter pour l’autre vie.
Le Christ ne parla pas des péchés au paralytique, comme pour d’autres malades «tes péchés te sont pardonnés». Il dit simplement «Lève-toi, prends ton grabat et marche !» Non que le paralytique n’avait pas commis de péchés, car plus loin le Sauveur lui dit : «Te voilà guéri, ne pèche plus désormais, de peur qu'il ne t'arrive plus grande infirmité !»

Les Juifs par contre dans leur étroitesse d’esprit et leur incrédulité, ne pensaient qu’à la Loi qui interdisait de porter un lit le jour du sabbat : «C'est le sabbat, il ne t'est pas permis de porter ton grabat.» Combien d’autres miracles, que Jésus accomplit un sabbat, furent réprimandés par ses adversaires dans leur aveuglement ?!

L’infirme ignorait que c’était le Christ qui l’avait guéri. Ce n’est que plus tard, dans le Temple, quand le Seigneur le rencontra de nouveau, qu’il le reconnut. Par suite de cette rencontre il proclama que c’est le Sauveur qui l’avait guéri.

Par deux fois le Christ commanda au malade : une fois en lui disant : «Lève-toi, prends ton grabat et marche !» Et l’autre fois : «Te voilà guéri, ne pèche plus désormais.»

«Notre Seigneur dit trois choses à cet homme; ces paroles : Lève-toi, ne sont pas un commandement qu'il lui fait, c'est l'acte même de la guérison, et c'est lorsque cet homme est guéri, qu'il lui commande ces deux choses : Prends ton lit et marche.» Saint Augustin (Traité 17)

Terminons avec les paroles de saint Bède le Vénérable qui nous concernent directement nous-mêmes : «Que signifient ces paroles : Lève-toi et marche ? Sors de ta torpeur et de ton indolence, et applique-toi à faire des progrès dans les bonnes œuvres.» 

 A. Cassien




mercredi 15 avril 2026

lettre de saint Isidore de Péluse (2,2)

Lettre au prêtre Théognoste. Sur les trois jours et les trois nuits du séjour du Seigneur dans le tombeau



Je suis profondément stupéfait de la folie de ceux qui demandent : «Pourquoi le Christ est-il ressuscité avant trois jours ?» Car s’ils affirment qu’il n’est pas ressuscité, pourquoi s’attardent-ils sur la question du temps ? S’il est ressuscité, mais plus tôt qu’il ne l’avait promis, qu’ils reconnaissent que la résurrection a aussi prouvé la vérité incontestable de ses paroles. Car ayant accompli ce qui était et paraissait (au regard de la faiblesse humaine) impossible, il n’aurait certainement pas été incapable d’accomplir ce qui était possible. Bien que sa résurrection ultérieure ait été la plus grande manifestation de sa faiblesse, sa résurrection antérieure a témoigné de sa pleine puissance. Et puisque le Christ a anéanti les innombrables listes de dieux helléniques, renversé toutes les idoles, détruit les autels impies souillés de sang humain, réduit le diable à l'impuissance, chassé les démons, dompté les tribus sauvages, soumis les Juifs à d'immenses calamités et élevé au-dessus des cieux ceux qui ont cru en lui, il conviendrait d'adorer sa puissance divine et irrésistible plutôt que de discuter des heures. Car ce qui est le plus important et dépasse toute raison ne saurait être réfuté par des futilités. 

Cependant, puisque la vérité abonde, je vais tenter d'examiner la question elle-même. Aussi, en réponse à leur attaque, disons ceci : si nous voyons un débiteur qui a promis de payer son créancier sous trois jours régler la totalité de sa dette avant l'échéance, devons-nous le condamner comme un menteur ou l'admirer pour sa fidélité à la vérité ? Je suis de cet avis, et eux aussi, assurément. Dès lors, qu'y a-t-il d'incohérent entre la déclaration du Christ selon laquelle il ressusciterait le troisième jour et sa résurrection plus tôt, pour manifester sa puissance, mortifier les gardes et réduire les Juifs au silence ? Une résurrection plus précoce n'aurait pas suscité d'accusations, mais un retard aurait éveillé de grands soupçons. La résurrection était censée avoir lieu pendant que les gardes veillaient au tombeau. Or, si elle s'était produite après la fin des jours prescrits et le départ des gardes, l'affaire aurait paru suspecte. Si le Christ n'est pas ressuscité, comment les apôtres ont-ils pu accomplir de tels miracles en son nom ? Pourquoi ces témoins, qui, bravant des milliers de dangers et de morts, ont témoigné de la vérité, scellant leur témoignage non par l'encre mais par leur propre sang, seraient-ils considérés comme indignes de foi ? Pour être précis, voici ce que je dirai : le Christ a annoncé sa résurrection le troisième jour. Il y a le vendredi, et il y a le sabbat jusqu'au coucher du soleil, mais après le sabbat, il est ressuscité, accomplissant ainsi pleinement les jours extrêmes et le jour du milieu. Car Il a aussi dit qu'Il ressusciterait le troisième jour, et non après trois jours. «Détruisez cette Église», dit-Il, «et en trois jours je la relèverai» (Jn 2,19). Et le Prophète, préfigurant par un chant le deuil de la mort, étant lié par la mort la plus puissante, a dit : «Après deux jours, il nous guérira; le troisième jour, nous ressusciterons, et nous vivrons en Lui» (Osée 6,3). S'ils font référence aux mots «trois jours et trois nuits» (Mt 12,39), je réponds qu'Il a accompli sa promesse par son contact avec eux. Car la durée entière de vingt-quatre heures est appelée un jour. Mais si quelqu'un naît ou meurt pendant la première ou la dernière heure, le jour lui-même est compté. Par exemple, si quelqu'un naît juste avant le coucher du soleil, et que ce jour est le premier jour du mois, on considère qu'il est né ce jour-là. Mais si quelqu'un naît après le coucher du soleil, ce sera le deuxième jour. Alors pourquoi, lorsque la différence de temps n'est que d'une heure, voire moins, dit-on que l'un est né le premier jour et l'autre le second ? Parce qu'il est clair et évident pour tous que le premier a simplement achevé la journée précédente, tandis que le second a vécu la journée suivante, composée de vingt-quatre heures, sans la quitter des yeux. Dès lors, si cela est confirmé par le calcul précis des heures, pourquoi ceux qui persistent à affirmer que la Vérité n'a pas résidé dans la vérité se tourmentent-ils en vain ?

jeudi 9 avril 2026

219

 Voici le bulletin 219

Christ est ressuscité !

a. Cassien

vendredi 27 mars 2026

DIMANCHE DE SAINTE MARIE L’ÉGYPTIENNE

    «Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant ! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche,» dit le Seigneur dans l’Apocalypse (3,15-16) Sainte Marie l’Égyptienne, dont nous célébrons ce dimanche la mémoire, en plus le premier avril, était tout sauf tiède. Froide, comme prostituée, elle était la plus fameuse d’Alexandrie, et comme sainte, elle fut bouillante. Extrémiste, tel d’autres saints, comme le bon larron saint Disme, elle ne supportait pas la tiédeur.

Quand elle fut repoussé devant les portes saintes du saint Sépulcre, elle décida de changer sa vie de fond en comble et partît au désert. Cette année ces mêmes portes restent closes à Pâques à cause de la fourberie juive, ou plutôt par suite de notre relâchement. Dieu seul sait si et d’où jaillira alors le feu sacré !

Au désert, au milieu des bêtes sauvages, elle luttait pendant 40 ans contre les forces du mal, dont elle servait autrefois. Nue, sans la moindre aide matérielle, ni icônes, ni offices, ni Écriture sainte ou autres livres spirituels, elle servait fidèlement le Seigneur. Pourtant par sa sainteté elle connaissait finalement la Bible par cœur.


    Quelle excuse avons-nous en face d’un pareil exemple, ayant tout à notre portée ? Les offices nous semblent trop longs, les livres sacrés nous ennuient, les carêmes sont trop stricts etc etc. Voilà notre tiédeur ! C’est bien à notre sujet que le Christ prononça les paroles citées en haut. Quand sera notre réveil ? Faut-il un miracle ou une guerre ? «Réveille-toi, toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et Christ t’éclairera.» (Eph 5,14)

Si une guerre éclate ou une autre grande catastrophe, n’est-ce pas à cause de notre tiédeur, qui est devenue comme le sel fade et sans saveur, dont parle l’évangile. «Le sel est une bonne chose; mais si le sel devient sans saveur, avec quoi l’assaisonnerez-vous ? Ayez du sel en vous-mêmes, et soyez en paix les uns avec les autres.» (Mc 9,50) Si nous, qui portons le nom de chrétiens et d’orthodoxes, ne le sommes que de nom, où sont les dix justes qui peuvent sauver le monde ? «Peut-être s’y trouvera-t-il dix justes. Et l’Eternel dit : Je ne la (Sodome) détruirai point, à cause de ces dix justes.» (Gen 18,32) Ce ne seront pas les «hommes qui ne savent pas distinguer leur droite de leur gauche», (Jonas 4,11), c’est-à-dire qui n’ont ni instruction ni connaissance spirituelle, qui le feront. Dieu aura peut-être pitié de cette génération, comme autrefois de Ninive, («Et moi, je n’aurais pas pitié de Ninive, la grande ville, dans laquelle se trouvent plus de cent vingt mille hommes qui ne savent pas distinguer leur droite de leur gauche, et des animaux en grand nombre !» (Jonas 4,11) si nous les tièdes, – appelés à la sainteté !, nous nous sacrifions pour le monde en péril.

Maints textes liturgiques, lors du grand Carême, nous stipulent :

«Soupire et pleure, ô mon âme, embrasse la conversion, la pénitence : le jour approche, le Juge est sur le seuil; prépare ta défense en criant : Contre toi j'ai péché, Dieu de bonté, mais dans ta compassion aie pitié de moi.»

«Conduis-moi sur le chemin du salut, ô Mère de Dieu, car j'ai souillé mon âme par le péché et dans l'indolence j'ai dépensé toute ma vie, mais par tes saintes prières délivre-moi de toute impureté.»

«Ô mon âme, prépare-toi et purifie-toi avant la Passion du Christ afin de pouvoir en esprit te réjouir avec lui au jour de sa Résurrection.»

Que dire de plus, si ce n’est de commencer moi-même ? Que sainte Marie l’Égyptienne, – que l’Église nous donne en exemple – nous vienne en aide !


A. Cassien