samedi 23 octobre 2021

MON DIEU, MON DIEU, POURQUOI M’AS TU ABANDONNÉ ?

 


L’Église confesse que le Christ est entièrement Dieu et entièrement homme. Il n’est pas seulement homme en apparence et son humanité ne fut pas absorbée par sa divinité comme le confessent certains hérétiques.

Il a eu aussi deux volontés – divine et humaine, et non une seule volonté comme le confesse le monothélisme, qui fut condamné au troisième concile de Constantinople en 681.

Sa volonté humaine s’est entièrement soumise au jardin des Oliviers, quand il dit : «Mon Père, s’il n’est pas possible que cette coupe s’éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite !» (Mt 26,42; Lc 22,42) 

Sur la croix, la divinité se cacha et seule l’humanité du Sauveur souffrit la passion, car Dieu est impassible.«Vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte : Eli, Eli, lama sabachthani ? c’est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?» (Mt 27,46 et Mc 15,34) Il citait ainsi le psaume 21 : «Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné, et t’éloignes-tu sans me secourir, sans écouter mes plaintes ?»

«Or, Jésus cite ces paroles du prophète, pour rendre hommage jusqu’au dernier moment, à l’Ancien Testament, et pour faire voir qu’il honore son Père, et ne lui est pas opposé, et il prononce ces paroles en hébreu, pour être compris des Juifs qui l’entendent,» dit saint Jean Chrysostome (hom. 88)

Saint Hilaire de Poitiers dit : «De ces paroles, les hérétiques veulent conclure ou que le Verbe de Dieu s’est comme anéanti en prenant la place de l’âme unie au corps, et en lui donnant la vie qu’il reçoit de l’âme, ou bien que Jésus Christ n’était pas un homme véritable, parce que le Verbe de Dieu n’habitait en lui que comme il était autrefois dans l’esprit des prophètes. Il semble, d’après ces hérétiques, que Jésus Christ ne soit qu’un homme ordinaire, composé d’un corps et d’une âme comme nous, et qu’il ne date son existence que du jour où il a été fait homme, lui qui, dépouillé de la protection de Dieu qui se retire de lui, s’écrie : Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné. Ou bien encore, ajoutent-ils, la nature humaine s’étant comme confondue avec l’âme du Verbe, Jésus Christ a été secouru en tout par la puissance de son Père, et maintenant qu’il est privé de ce secours, et abandonné à la mort, il se plaint de cet abandon, et en appelle à celui qui l’a délaissé. Mais au milieu de ces opinions aussi faibles qu’impies, la foi de l’Église, toute pénétrée de la doctrine des apôtres, ne divise point Jésus Christ, et ne laisse point à penser qu’il ne soit pas à la fois Fils de Dieu et Fils de l’homme. En effet, la plainte qu’il fait entendre dans son délaissement, c’est la faiblesse de l’homme qui va mourir, et la promesse qu’il fait du paradis au bon larron, c’est le royaume du Dieu vivant. En se plaignant d’être abandonné au moment de sa mort, il vous prouve qu’il est homme, mais tout en mourant, il assure qu’il règne dans le paradis, et vous montre ainsi qu’il est Dieu. Ne soyez donc pas surpris de l’humilité de ses paroles et des plaintes qu’il fait entendre dans son délaissement, lorsque sachant bien qu’il a revêtu la forme d’esclave, vous êtes témoin du scandale de la croix.» (Liv. 10 sur la Trinité)

Raban Maur, de son côté dit : «Ou bien le Sauveur jette ce cri, parce qu’il s’était comme revêtu de nos sentiments, et que lorsque nous sommes dans le danger, nous nous croyons abandonnés de Dieu. En effet, Dieu avait abandonné la nature humaine par suite du péché, mais comme le Fils de Dieu est devenu notre avocat, il pleure la misère de ceux dont il a pris sur lui les fautes, et il nous apprend par là combien les pécheurs doivent verser de larmes, en voyant ainsi pleurer celui qui n’a jamais commis le péché.»

«Ne soyez point surpris de l'humilité de ses paroles, de ce qu'il se plaigne d'être abandonné; la forme de serviteur qu'il a prise, vous le savez, est la cause du scandale de la croix. La faim, la soif, la fatigue, n'étaient pas les propriétés de sa divinité, mais les infirmités de la nature humaine; ainsi ce cri : «Pourquoi m'as-tu abandonné;»  c'est la plainte du corps, parce que le corps a une horreur souveraine et naturelle pour sa séparation d'avec la vie qui lui est unie. Sans doute, c'est le Sauveur lui-même qui parle ici, mais eu égard à la faiblesse de son corps, il parle comme homme et laisse la nature humaine en proie à ces agitations qui nous font craindre à nous-mêmes que Dieu nous abandonne au milieu des dangers.» (Bède le Vénérable) 

«Le disciple n’est pas plus que le maître, ni le serviteur plus que son seigneur.» (Mt 10,24) Si donc nous pensons que Dieu nous abandonne dans nos épreuves, songeons au Seigneur qui a déjà subi cela en tant qu’homme.

Terminons avec un épisode dans la Vie de saint Antoine le Grand (chap. 5) :

«Soudain tous les démons disparurent, toutes ses douleurs cédèrent, et le bâtiment fut rétabli en son premier état. Antoine connut aussitôt que le Seigneur étant venu pour l'assister remplissait ce lieu-là de sa présence, et ayant encore davantage repris ses esprits et se trouvant soulagé de tous ses maux, il dit en adressant sa parole à cette divine lumière : «Ou étais-tu mon Seigneur et mon Maître ? Pourquoi n’es-tu pas venu des le commencement, afin d'adoucir mes douleurs ?» Alors il ouït une voix qui lui répondit : «Antoine, j’étais ici; mais je voulais être spectateur de ton combat; et maintenant que je vois que tu as résisté courageusement sans céder aux efforts de tes ennemis, je t'assisterai toujours et rendrai ton âme célébré par toute la terre.» Ayant entendu ces paroles il se leva pour prier et sentit en lui tant de vigueur qu'il connut que Dieu lui avait rendu beaucoup plus de force qu'il n'en avait auparavant.» 


a. Cassien




vendredi 22 octobre 2021

BAPTÊME DE MAXIME

 Samedi le 3 (16) octobre fut baptisé, dans la chapelle de saint Maurice, à Saxon (Suisse) Maxime, le fils de Gaian et Marie Monnet. Le dimanche nous avons célébré dans la chapelle la divine liturgie.



mercredi 22 septembre 2021

TOGO

 Je viens de renter du Togo, où j’étais pendant trois semaines. Lors du séjour, on a pu célébrer deux liturgies dominicales; il y a eu deux baptêmes, et la construction de la chapelle a pu avancer, tant que les moyens financiers le permettaient.

Pour plus de détail.



Le bulletin 189 est prêt.



vôtre a. Cassien

mardi 24 août 2021

AFRIQUE

 Plaise à Dieu, je partirai demain le 12 (25) août pour trois semaines en Afrique. Pendant ce temps, nos "bureaux" seront fermés ici  à Clara. Pas de téléphone, juste peut-être des émails. 

vôtre a. Cassien

samedi 17 juillet 2021

HOMÉLIE SUR LE CENTURION

 «En ce temps-là, comme Jésus entrait à Capharnaüm, un centurion vint le trouver et lui fit cette prière : Seigneur, j'ai à la maison un serviteur atteint de paralysie, et il souffre beaucoup. Jésus lui dit : Je vais aller le guérir. Le centurion répondit : Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Car moi, qui ne suis qu'un subalterne, j'ai sous moi des soldats, et je dis à l'un : Va ! et il va, à un autre : Viens ! et il vient, et à mon serviteur : Fais ceci ! et il le fait. A ces mots, Jésus fut dans l'admiration et il dit aux assistants : En vérité je vous le dis, chez personne en Israël je n'ai trouvé pareille foi. Aussi, je vous le dis, beaucoup viendront de l'orient et de l'occident et prendront place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume des cieux, tandis que les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Puis il dit au centurion : Va, et qu'il t'advienne selon ta foi ! Et sur l'heure le serviteur fut guéri.» (Mt 8,5-13)



Voici quelques mots sur l’évangile d’aujourd’hui, le quatrième dimanche de Matthieu.

L’évangéliste Matthieu dit simplement : «un centurion vint le trouver et lui fit cette prière.» Luc par contre est plus explicite : «Ayant entendu parler de Jésus, il lui envoya quelques anciens des Juifs, pour le prier de venir guérir son serviteur. Ils arrivèrent auprès de Jésus, et lui adressèrent d’instantes supplications, disant : Il mérite que tu lui accordes cela; car il aime notre nation, et c’est lui qui a bâti notre synagogue. Jésus, étant allé avec eux, n’était guère éloigné de la maison, quand le centenier envoya des amis pour lui dire : Seigneur, ne prends pas tant de peine; car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit.» (Luc 7,3-6)

Ces deux récits semblent être en désaccord, ce qui ne peut se résoudre que si l’on admet qu’il y a trois étapes : d’abord Jésus fut abordé par des anciens des Juifs, et en s’approchant de la maison, le centurion envoya des amis pour lui dirent : «Seigneur, ne prends pas tant de peine …» Mais finalement le Seigneur continua quand même son chemin en se dirigeant vers la maison et c’est finalement le centurion qui lui-même parla : «C’est aussi pour cela que je ne me suis pas cru digne d’aller en personne vers toi.»

Par contre Matthieu raconte ce que Luc omet : «En vérité je vous le dis, chez personne en Israël je n'ai trouvé pareille foi. Aussi, je vous le dis, beaucoup viendront de l'orient et de l'occident et prendront place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume des cieux, tandis que les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures, où il y aura des pleurs et des grincements de dents.»

Il est connu que lors de tout événement, chaque témoin le raconte à sa manière et que chacun développe plus en détail ce qui lui semble plus important. Par conséquent, les deux évangélistes se complètent et ne se contredisent nullement.

Un détail : Le centenier avait cent soldats sous ses ordres et il servait dans l’armée romaine qui occupait Israël.

Ce que les deux évangélistes relatent pareillement me semble le plus important : «…dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri !» C’est cette foi du le centenier qu’admira même le Christ et qui lui fit dire : «En vérité je vous le dis, chez personne en Israël je n'ai trouvé pareille foi.» Luc dit : «Je vous le dis, même en Israël je n’ai pas trouvé une aussi grande foi.»

Saint Ambroise explique : «Si vous lisez : Je n’ai trouvé chez personne autant de foi dans Israël, le sens est simple et facile, mais si vous lisez selon le texte grec : Je n’ai pas trouvé une si grande foi, même dans Israël, la foi de cet homme est mise au-dessus même des élus et de ceux qui voient Dieu.»

Pourquoi l’admiration du Sauveur qui sait tout ? Bède le Vénérable dit : «Si donc le Seigneur se laisse aller à l’admiration, c’est pour nous faire partager le même sentiment, car toutes ces émotions de l’âme, lorsqu’on les attribue à Dieu, ne sont point un signe de trouble intérieur, mais une leçon salutaire qu’il nous donne.»

«De retour à la maison, les gens envoyés par le centenier trouvèrent guéri le serviteur qui avait été malade,» conclut Luc. Cela suppose que le centenier s’approcha de Jésus, qui était encore en chemin, – pour lui parler. Matthieu dit : «Va, et qu'il t'advienne selon ta foi !» «Va», cela veut dire : retourne dans ta maison.

«Et sur l'heure le serviteur fut guéri.» C’est donc à distance que la guérison a eu lieu, sans que le Christ ait vu ou touché le serviteur. C’est cette foi admirable du centenier qui suppléa à la foi du serviteur, comme nous le voyons également dans la guérison du paralytique : «Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique : Mon enfant, tes péchés sont pardonnés.» (Mc 2,5) Il est dit : «leur foi,» donc celle «des gens qui vinrent à lui, amenant un paralytique porté par quatre hommes.» 




De ceux qui «viendront de l'orient et de l'occident et prendront place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume des cieux,» nous en parlerons une autre fois, si Dieu nous prête vie.


a. Cassien


mercredi 14 juillet 2021

LA TOUR À CONSTRUIRE

 


«Lequel de vous, s’il veut bâtir une tour, ne s’assied d’abord pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi la terminer, de peur qu’après avoir posé les fondements, il ne puisse l’achever, et que tous ceux qui le verront ne se mettent à le railler, en disant : Cet homme a commencé à bâtir, et il n’a pu achever ?» (Luc 14,28)


Ces paroles du Christ – relatées seulement par l’évangile de Luc – sont de prime abord faciles à comprendre; mais cherchons à approfondir un peu plus, car l’Évangile a toujours des sens cachés, des mystères. 

Pourquoi est-il question d’une tour et pas seulement d’une simple maison ? Une tour signifie la solidité et l’endurance. Elle sert pour observer et pour se protéger et non uniquement pour y habiter.

Il s’agit de construire avec un but précis. Notre vie terrestre n’est-elle pas visée avec cela, ou vivons nous uniquement au jour le jour, à manger, à boire et à dormir,  jusqu’à ce que la mort nous surprenne ? Ceux qui n’ont pas la foi vivent ainsi, sans but précis, mais pour un croyant, cette vie-ci n’est qu’une préparation pour l’autre vie – la vraie vie. Donc il s’agit de construire cette «tour» qui symbolise la vie éternelle. 

Si le Seigneur parle d’une tour, il ne parle pas d’une tour en pierres, bien sûr, pas plus que lorsqu’il est écrit dans la loi de Moïse : «Tu n’emmuselleras point le boeuf quand il foule le grain. Dieu se met-il en peine des boeufs, ou parle-t-il uniquement à cause de nous ? Oui, c’est à cause de nous qu’il a été écrit que celui qui laboure doit labourer avec espérance, et celui qui foule le grain fouler avec l’espérance d’y avoir part.» (I Cor 9,9-10)

Il est également question de «calculer la dépense.» Calculer veut dire prévoir et ensuite économiser afin de réussir. Un peu plus bas le Christ dit de quoi il s’agit : «Quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple.» Il faut donc abandonner, renoncer à nos «richesses» terrestres pour réaliser cette «tour» éternelle !

Les «fondements» : À quoi cela servira t-il si l’on commence bien dans la vie spirituelle et qu’ensuite on se relâche et abandonne ? Qui nous empêche de terminer la construction ? Notre volonté versatile étouffée par nos passions, dont parle la parabole des semences, dont une partie tombe sur le sol aride, l’autre dans les ronces etc. 

Le jeune homme riche de l’évangile possédait beaucoup de richesses mais ce ne sont pas ces richesses-là qui faisaient obstacle mais l’attachement passionné. Il mettait ces richesses au-dessus de la vraie richesse – l’amour de Dieu, en lequel consiste la vie éternelle. 

On ne peut pas servir Dieu et Mamon, comme disait l’évangile de dimanche passé : «Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un, et aimera l’autre; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon.» (Mt 6,24) Mamon c’est le dieu de l’argent, de cette richesse pernicieuse qui nous perd. D’ailleurs tout l’Évangile tourne autour de ces deux réalités : la vie viciée et la vie éternelle. Il faut renoncer au première pour acquérir la seconde !

Il n’est pas seulement question des richesses matérielles, certes, mais psychiques, spirituelles, comme l’ambition, la gloire etc.

Pour construire cette tour, il faut prévoir, renoncer, économiser; de même pour la vie éternelle il faut thésauriser, calculer, se priver en d’autres termes.  

Qui va nous «railler» si nous ne réussissons pas ? N’est-ce pas le malin, qui n’est autre que ce dieu Mamon ?

L’évangile termine – et moi de même – : «Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.»


a. Cassien 

dimanche 4 juillet 2021

Dormition de soeur Paula

 Notre sœur Paula vient de partir pour l'autre vie, après avoir porté une croix lourde (parkinson).

Mémoire éternelle ! 

 Là voici sur un photo ancien :




mardi 29 juin 2021

MISSION EN MARTINIQUE

 Je reviens de Martinique, où étais quelques jours afin d’y aider la mission naissante. On a pu célébré deux dimanches de suite la divine liturgie et il y a eu trois baptêmes.

Me voici avec les baptisées.



Pour le 2 e dimanche de Matthieu 21 juin (4/7) une liturgie est prévue à Mirabeau.


Pour le 3 e dimanche de Matthieu 28 juin (11/7), plaise à Dieu il y aura une liturgie en Suisse.


Bon carême des apôtres !


vôtre a. Cassien