vendredi 30 octobre 2026

L’Evangile du 4e dimanche de Luc

(7,11-16)


Jésus se rendit dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu’une grande foule. Il arriva près de la porte de la ville au moment où l’on emportait un mort pour l’enterrer; c’était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule importante de la ville accompagnait cette femme. Voyant celle-ci, le Seigneur fut saisi de compassion pour elle et lui dit : «Ne pleure pas.» Il s’approcha et toucha le cercueil; les porteurs s’arrêtèrent, et Jésus dit : «Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi.» Alors le mort se redressa et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère. La crainte s’empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu en disant : «Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple.»




J’ai déjà publié une homélie sur ce passage de l’évangile dans le bulletin n° 151. Je ne fais donc que compléter, sans redire les mêmes choses. Heureusement, l’évangile est inépuisable.

Ce n’est que l’évangéliste Luc qui relate ce miracle.

Dans la Bible, Naïn (ou Naïm) est un petit village de Galilée situé au pied du mont Moreh. «Naïm est une ville de Galilée, située à deux milles du mont Thabor.» (Saint Bède le vénérable) On ne parle qu’une seule fois de cette ville dans la sainte Écriture. Le nom de Naïn (en grec Naïn, en hébreu lié à Na'ah ou Na'im) signifie littéralement «beauté», «agrément» ou «lieu agréable, charmant».

Le miracle se passa «près de la porte de la ville». C’est là que le Christ arriva avec «plusieurs de ses disciples et une foule nombreuse.» Le cortège, qui accompagnait le cercueil, c’était également «une foule considérable de gens.» D’un côté, donc, Jésus et sa suite, et de l’autre côté, la pauvre veuve et les gens de la ville. Le mort qui sort de la ville et la Vie qui y entre. 

Cette malheureuse veuve avait déjà perdu son mari et venait de perdre son fils unique, le seul appui qui lui restait. «Le Seigneur fut touché de compassion pour elle et lui dit : Ne pleure pas !» Il avait déjà en vue sa propre mère qui subira un jour la même souffrance.

«Par ce peu de mots, l’Évangéliste nous fait connaître le poids de la douleur qui accablait cette pauvre mère. Elle était veuve, et ne pouvait plus espérer d’autres enfants, elle n’en avait aucun sur lequel elle pût reporter les regards de sa tendresse, à la place de celui qu’elle venait de perdre; il était le seul qu’elle eût nourri de son lait, lui seul était la joie de sa maison, lui seul était toute sa douceur, tout son trésor.» (Saint Grégoire de Nysse : de la création de l’homme.)

« En l’appelant «jeune homme,» notre Seigneur nous apprend qu’il était à la fleur de l’âge, dans la première jeunesse.» (Saint Grégoire de Nysse)

Le Seigneur «toucha le cercueil.» Pourtant chez les juifs cela était considéré comme impur. «Quiconque touchera, dans les champs, un homme tué par l’épée, ou un mort, ou des ossements humains, ou un sépulcre, sera impur pendant sept jours.» (Nombres 19,16). Pourtant pour celui qui est pur, tout est pur. «Tout est pur pour ceux qui sont purs; mais rien n’est pur pour ceux qui sont souillés et incrédules.» (Tite 1,13)

Cette pauvre veuve pleurait son fils. D’une part parce qu’elle avait perdu son appui et sa consolation unique, et d‘autre part parce que les juifs ne croyaient pas tellement à la résurrection. Cela se voit bien lors de l’arrestation de l’apôtre Paul : «les sadducéens disent qu’il n’y a point de résurrection, et qu’il n’existe ni ange ni esprit, tandis que les pharisiens affirment les deux choses.» (Ac 23,8)

La veuve ne demanda rien au Christ. Celui-ci ne demanda pas non plus une confession de foi à cette veuve. C’est par pure compassion qu’il est intervenu.

Est-ce par un pur hasard que le Seigneur croisa ce cortège funèbre ? Certes non ! Celui qui sait tout savait d’avance et a coordonné son chemin afin de consoler cette veuve dans sa détresse. 

Tirons-en donc la leçon pour notre vie, et sachons que rien ne nous arrive sans la volonté ou la permission de Dieu, qui veut notre bien même à travers les malheurs.


A. Cassien


Un nouveau bulletin est disponible 223

 

jeudi 15 octobre 2026

Cameroun 2026

 Mes chers, 

me voici de retour au foyer. Ouff !


http://orthodoxievco.net/afrique/cameroun/2026/indexx.html


vôtre en Christ, 

a. Cassien


samedi 5 septembre 2026

222

 Mes chers,

voici le bulletin 222.

Notre synode a enfin un site, encore en construction :

https://www.church-goc.gr/

vôtre

 a. Cassien

samedi 1 août 2026

HOMÉLIE POUR LE PROPHÈTE ÉLIE

 Aujourd’hui, en ce 9e dimanche de Matthieu, nous célébrons aussi le prophète Élie. Ce n’est pas sa dormition, puisqu’il n’est pas encore mort. Il fut enlevé par un char au ciel terrestre, en présence de son disciple Élisée. Depuis, il séjourne dans le paradis terrestre avec le patriarche Enoch. 



«Comme ils continuaient à marcher en parlant, voici, un char de feu et des chevaux de feu les séparèrent l’un de l’autre, et Elie monta au ciel dans un tourbillon. Élisée regardait et criait : Mon père ! Mon père ! Char d’Israël et sa cavalerie ! Et il ne le vit plus. Saisissant alors ses vêtements, il les déchira en deux morceaux, et il releva le manteau qu’Elie avait laissé tomber.» (II R 2,11)

D’Enoch, l’apôtre Paul dit : «C’est par la foi qu’Enoch fut enlevé pour qu’il ne vît point la mort, et qu’il ne parut plus parce que Dieu l’avait enlevé; car, avant son enlèvement, il avait reçu le témoignage qu’il était agréable à Dieu.» (Heb 11,5) 

Dans le livre apocryphe de Enoch est écrit : «Enoch fut enlevé de la terre; et personne ne sut où il avait été enlevé, ni ce qu'il était devenu.» (12,1)

«Hénoch vécut en tout trois cent soixante-cinq ans. Il avait marché avec Dieu, puis il disparut car Dieu l’avait enlevé.» (Gen 5,23-24).

Elie et Enoch reviendront parmi nous à la fin des temps, pour témoigner contre l’Antichrist. «Voici, je vous enverrai Élie, le prophète, avant que le jour de l’Éternel arrive, ce jour grand et redoutable. Il ramènera le cœur des pères à leurs enfants, et le cœur des enfants à leurs pères, de peur que je ne vienne frapper le pays d’interdit.» (Mal 4,5)

Dans l’Apocalypse, il est écrit : «Je donnerai à mes deux témoins le pouvoir de prophétiser, revêtus de sacs, pendant mille deux cent soixante jours.» (Apo 11,3)

Plus loin : «Quand ils auront achevé leur témoignage, la bête qui monte de l’abîme leur fera la guerre, les vaincra, et les tuera. Et leurs cadavres seront sur la place de la grande ville, qui est appelée, dans un sens spirituel, Sodome et Egypte, là même où leur Seigneur a été crucifié. Et leurs cadavres seront sur la place de la grande ville, qui est appelée, dans un sens spirituel, Sodome et Egypte, là même où leur Seigneur a été crucifié. Des hommes d’entre les peuples, les tribus, les langues, et les nations, verront leurs cadavres pendant trois jours et demi, et ils ne permettront pas que leurs cadavres soient mis dans un sépulcre. Et à cause d’eux les habitants de la terre se réjouiront et seront dans l’allégresse, et ils s’enverront des présents les uns aux autres, parce que ces deux prophètes ont tourmenté les habitants de la terre. Après les trois jours et demi, un esprit de vie, venant de Dieu, entra en eux, et ils se tinrent sur leurs pieds; et une grande crainte s’empara de ceux qui les  voyaient. Et ils entendirent du ciel une voix qui leur disait : Montez ici ! Et ils montèrent au ciel dans la nuée; et leurs ennemis les virent.» (Apo 11,7-12)

Élie était déjà venu au temps du Christ, dans Jean le Précurseur selon les paroles de l’ange à Zacharie : «Les disciples lui firent cette question : Pourquoi les scribes disent-ils qu’il faut qu’Élie vienne premièrement ?  Il leur répondit : Élie viendra premièrement, et rétablira toutes choses. Et pourquoi est-il écrit du Fils de l’homme qu’il doit souffrir beaucoup et être méprisé ? Mais je vous dis qu’Élie est venu, et qu’ils l’ont traité comme ils ont voulu, selon qu’il est écrit de lui.» (Luc 1,17)

De nombreuses chapelles dédiées au prophète Élie se trouvent sur des collines et des monts. Parfois le prophète apparaît sous la forme d’un vieillard, comme me l’a raconté un témoin. 

Sur de multes icônes, on voit l’ascension du prophète Élie avec le prophète Élisée.

Voici tous les témoignages de l’Écriture sainte concernant Élie le Thésbite. Que sa bénédiction soit sur nous !


A. Cassien


Chapelle du prophète Elie sur le Sinaï

samedi 18 juillet 2026

Homélie sur le 7e évangile de Matthieu

 «En ce temps-là, comme Jésus était en chemin, deux aveugles le suivaient en criant: Aie pitié de nous, Fils de David ! Jésus, arrivé à la maison, dit aux aveugles qui l'abordaient : Croyez-vous que je puisse faire cela ? Ils lui dirent : Oui, Seigneur, tu le peux ! Alors il leur toucha les yeux en disant : Qu'il advienne selon votre foi ! Et leurs yeux s'ouvrirent. Alors Jésus les avertit : Prenez garde, dit-il, personne ne doit le savoir ! Mais à peine furent-ils sortis, qu'ils répandirent sa renommée dans toute la contrée. Tandis qu'ils sortaient, on lui présenta un possédé muet : le démon fut expulsé et le muet se mit à parler; et les foules émerveillées s'écriaient : Jamais on n'a vu pareille chose en Israël ! Mais les Pharisiens disaient : C'est par le prince des démons qu'il expulse les démons. Jésus parcourait toutes les villes et villages, enseignant dans les synagogues proclamant la bonne nouvelle du royaume et guérissant le peuple de toute maladie et de toute infirmité.» (9,27-35)



L’évangéliste Matthieu nous raconte aujourd’hui la guérison de deux aveugles et d’un possédé muet. Il est le seul à parler de ces deux aveugles.

«Saint Matthieu est le seul qui raconte ce double miracle des deux aveugles et du muet. Les deux aveugles dont parlent les autres Évangélistes (Mc 10,46; Lc 18,35) ne sont pas les mêmes; cependant le fait est semblable, et si saint Matthieu ne racontait pas ce miracle avec toutes ses circonstances, on pourrait croire que son récit est le même que celui de saint Marc et de saint Luc. Nous ne devons jamais perdre de vue qu’il se rencontre dans les Évangiles des faits qui présentent les mêmes caractères. On a une preuve certaine que ces faits sont différents lorsqu’ils sont rapportés par le même Évangéliste. Lorsque donc nous rencontrons des faits de même nature dans chacun des Évangélistes, et qu’il s’y trouve des particularités impossibles à concilier, nous devons en conclure que ce n’est pas le même fait, mais un fait semblable dans sa nature ou dans ses circonstances.» Saint Augustin. (de l’accord des Evang., 2,29)

Ces deux aveugles suivaient Jésus mais ce n’est que dans la maison que la guérison a eu lieu, malgré leurs cris répétés «Aie pitié de nous, Fils de David». Le Seigneur voulait mettre leur patience à l’épreuve, – entre autres –, et il ne voulait pas que la foule le sache, comme la suite le démontre. «Il nous apprend une fois de plus à fuir la gloire que donne la multitude, car comme la maison n’était pas éloignée, il y conduit les aveugles pour les y guérir en secret.» Saint Jean Chrysostome. Une autre raison selon le grand Chrysostome : «Ce n’est qu’après qu’on l’en a prié que le Seigneur guérit les malades, car il ne veut pas laisser croire qu’il a couru après les miracles pour s’attirer de l’honneur et de la gloire.» (hom. 33)

Ils l'appellent d’abord «fils de David» et c’est avec raison d’ailleurs qu’ils lui donnent ce nom, car la Vierge Marie descend de la race de David. Ensuite ils lui donnent le nom de Seigneur, car ils croyaient qu’il n'était pas un simple homme, mais qu’il a le pouvoir de les guérir.

Le Christ leur demandait : Croyez-vous que je puisse faire cela, c’est-à-dire de les guérir ? Il le savait pourtant, disant ensuite «qu'il advienne selon votre foi». Il faut la synergie entre le pouvoir de Dieu et la foi de l’homme, pour nous aider. Sans cette synergie, rien ne peut se faire comme nous le voyons ailleurs dans l’évangile : «il ne fit pas beaucoup de miracles dans ce lieu, à cause de leur incrédulité.» (Mt 13,58)

«Il leur toucha les yeux». Généralement les miracles sont accompagnés des gestes matériels : À un autre aveugle il «mit de la salive sur les yeux, lui imposa les mains.» (Mc 8,23)  Ici il leur toucha les yeux uniquement. Les gestes matériels ne sont pas une condition sine qua non, mais plutôt un accompagnement à cause de notre foi défaillante.

Prenez garde, dit-il, personne ne doit le savoir ! Le Christ savait pourtant d’avance qu’ils allaient le proclamer.

«Jésus leur défend d’en parler à qui que ce soit; et ce n’est pas une simple défense, c’est un ordre exprès accompagné de menaces sévères. «Et Jésus leur défendit fortement d’en parler, en leur disant : «Prenez bien garde que qui que ce soit ne le sache !» Mais eux, s’en étant allés, répandirent sa réputation dans tout le pays.»  Saint Jean Chrysostome. (hom. 33)

Saint Jérôme dit : «C’est par amour pour l’humilité et pour fuir l’éclat de la vaine gloire que Jésus leur fait cette défense; mais la reconnaissance qu’ils éprouvent d’un si grand bienfait, ne leur permet pas de garder le silence.» 

«Ce que notre Seigneur dit à un autre dans une circonstance différente : «Va et annonce la gloire de Dieu» (Lc 8), n’est pas contraire à ce qui est ici raconté. Jésus veut nous apprendre à fermer la bouche à ceux qui cherchent à nous louer, en rapportant à nous seuls les louanges qu’ils nous donnent. Mais si ces louanges doivent se rapporter à Dieu, bien loin de les défendre, nous devons les exciter et les prescrire,» complète le grand Chrysostome.

Saint Grégoire le Grand (Moral., 19,14) «Examinons ici pourquoi le Tout-Puissant, pour qui vouloir et pouvoir sont une même chose a voulu que ses miracles demeurassent cachés, et que cependant ils fussent dévoilés comme malgré lui par ceux qui venaient de recouvrer l’usage de la vue. Il veut apprendre à ses disciples qui devaient marcher à sa suite, qu’ils devaient désirer que leurs vertus demeurassent cachées aussi aux yeux des hommes, et cependant les laisser publier malgré eux dans l’intérêt de ceux qui pourraient en profiter. Ils doivent donc rechercher le secret par inclination, et laisser dévoiler leurs œuvres par nécessité. Qu’ils aiment à se cacher pour garder plus sûrement leur âme de tout danger, et qu’ils consentent à se voir divulgués dans l’intérêt des autres.»

Venons au second miracle, celui du possédé muet. 

«On lui présenta un possédé muet». Il s’agit d’un muet, même si le mot grec «κωφός (cophos), dans le langage ordinaire, signifie plutôt sourd que muet, mais c’est l’usage des écrivains sacrés de le prendre indifféremment dans les deux sens.» Saint Jérôme.

Le mot grec peut avoir une signification plus large, selon moi, et peut signifier sourd-muet. Généralement, ceux qui sont sourds ne parlent pas, car ils n’entendent rien, tout en pouvant prononcer des mots.

Un double miracle se fait : le possédé est guéri et il parle. Pourtant ces deux faits sont liés, puisque ce mutisme n’était pas naturel, il venait de la malignité du démon. Le démon tenant liée son âme aussi bien que sa langue.

Saint Hilaire le Grand (can. 9 sur saint Matthieu) «L’ordre naturel des choses est parfaitement observé, le démon est d’abord chassé, et le corps reprend immédiatement toutes ses fonctions.»

L’évangile poursuit : «Et la multitude en fut dans l’admiration, et ils disaient : On n’a jamais rien vu de semblable en Israël». Les scribes et les pharisiens de leur côté niaient les miracles du Sauveur autant qu’il leur était possible de le faire, et ils interprétaient en mauvaise part ceux qu’ils étaient obligés d’admettre. Les Pharisiens disaient même : C'est par le prince des démons qu'il expulse les démons.

Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir, dit-on. Ces aveugles-là, Jésus ne pouvait pas les guérir. Il peut tout faire mais pas aller contre notre volonté, car il nous a créé libre – à sa ressemblance. 

«Proclamant la bonne nouvelle du royaume,» termine l’évangile. Pour les uns c’était une occasion de chute; pour ceux de bonne volonté, la guérison et le salut.

A nous donc de voir ce que l’évangile de ce jour nous apporte !


A. Cassien




vendredi 29 mai 2026

NOUVELLES DE L’HERMITAGE

Quelqu’un demanda au patron d’une entreprise combien d'ouvriers travaillaient chez lui. 
Sa réponse : «À peu près la moitié.»
Ici au foyer et à l’hermitage, je suis seul et je travaille encore comme je peux. 
Je viens d’isoler mieux la toiture du réfectoire de l’hermitage.  

en Christ,

a. Cassien




dimanche 3 mai 2026

baptêmes

 Christ est ressuscité !

Samedi le 26 avril ( 9 mai) a eu lieu à Evry le baptême de Jéremy et de sa fille Tinatin.




en Christ, 

a. Cassien

samedi 2 mai 2026

HOMÉLIE SUR L’HOMME PARALYTIQUE

   


 Les lectures des évangiles de la liturgie, depuis Pâque, sont toutes tirées de saint Jean, qui complète les autres évangélistes. Donc cet évangile d’aujourd’hui se trouve uniquement chez saint Jean. 

    Le paralytique avait peu de chance d’être guéri, car un autre descendait avant lui dans la piscine. Pourtant il ne désespéra pas; même après trente-huit ans d’infirmité. Ni le long temps passé ni sa maladie, qui l’empêchait de devancer les autres malades, ne l’avaient jeté dans le désespoir. Il n’avait non plus personne pour l’aider, selon ses dires. Il pouvait marcher mais péniblement. Donc son malheur était apparement sans issue. 

Quand nos moyens humaines sont épuisés, Dieu est le plus proche. Il sait nous consoler, même si nos malheurs persistent. Lui seul sait ce qui nous est profitable : soit il enlève les difficultés, soit il nous soutient pour les supporter dans l’espoir d’en profiter pour l’autre vie.
Le Christ ne parla pas des péchés au paralytique, comme pour d’autres malades «tes péchés te sont pardonnés». Il dit simplement «Lève-toi, prends ton grabat et marche !» Non que le paralytique n’avait pas commis de péchés, car plus loin le Sauveur lui dit : «Te voilà guéri, ne pèche plus désormais, de peur qu'il ne t'arrive plus grande infirmité !»

Les Juifs par contre dans leur étroitesse d’esprit et leur incrédulité, ne pensaient qu’à la Loi qui interdisait de porter un lit le jour du sabbat : «C'est le sabbat, il ne t'est pas permis de porter ton grabat.» Combien d’autres miracles, que Jésus accomplit un sabbat, furent réprimandés par ses adversaires dans leur aveuglement ?!

L’infirme ignorait que c’était le Christ qui l’avait guéri. Ce n’est que plus tard, dans le Temple, quand le Seigneur le rencontra de nouveau, qu’il le reconnut. Par suite de cette rencontre il proclama que c’est le Sauveur qui l’avait guéri.

Par deux fois le Christ commanda au malade : une fois en lui disant : «Lève-toi, prends ton grabat et marche !» Et l’autre fois : «Te voilà guéri, ne pèche plus désormais.»

«Notre Seigneur dit trois choses à cet homme; ces paroles : Lève-toi, ne sont pas un commandement qu'il lui fait, c'est l'acte même de la guérison, et c'est lorsque cet homme est guéri, qu'il lui commande ces deux choses : Prends ton lit et marche.» Saint Augustin (Traité 17)

Terminons avec les paroles de saint Bède le Vénérable qui nous concernent directement nous-mêmes : «Que signifient ces paroles : Lève-toi et marche ? Sors de ta torpeur et de ton indolence, et applique-toi à faire des progrès dans les bonnes œuvres.» 

 A. Cassien