dimanche 15 mai 2022

CHRIST EST RESSUSCITÉ !

 Lors du temps pascal, – qui dure de Pâques à l’Ascension, – on se salue, dans l’Église avec «Christ est ressuscité», et l’autre répond : «vraiment il est ressuscité.»

Ailleurs, on répond : «en vérité il est ressuscité.» Selon mon faible français, ces deux réponses n’ont pas la même signification. Dire «en vérité il est ressuscité,» exprime le mode, la façon; comme on pourrait dire par exemple «au ciel il est ressuscité,» ou dans «son corps il est ressuscité.»

Par contre, dire «vraiment il est ressuscité,» est une affirmation, une certitude; oui c’est vrai et non une imagination, un subterfuge, comme les juifs prétendaient après sa Résurrection. 

Si on traduit à partir du grec, c’est bien «vraiment il est ressuscité (en grec : Alithos Anesti ! Αληθώς Ανέστη !)» On pourrait voir dans d’autres langues des pays orthodoxes, mais je laisse cela à d’autres.

Ceux qui veulent continuer de dire «en vérité il est ressuscité,» qu’il soit, «mais si quelqu’un paraît vouloir contester, nous, nous n’avons pas une telle coutume, ni les Églises de Dieu,» comme dit l’Apôtre. (I Cor 11,16)


A. Cassien


Même la fillette en bas, en mangeant son œuf de Pâques, comprend cela !






lundi 9 mai 2022

QUELQUES MOTS SUR L’HEXAPSAUME

     L’hexapsaume se lit au début des Matines, comme chaque fidèle le sait. Il consiste en six psaumes et pour cela se dit hexapsaume. Hexa veut dire 6 (ἕξ en grec ancien), comme dans les six jours de la création : hexaeimeron; ou dans hexagone (polygone à six sommets et six côtés). De toute façon, les Français ne savent pas articuler le h, qu’il soit muet ou non.

L’hexapsaume symbolise le dernier Jugement, où notre pauvre âme se tient, en tremblant, devant le juste Juge, attendant la sentence, et en espérant sa miséricorde. Lors de la lecture de l’hexapsaume, on se tient donc debout sans bouger. Les fidèles qui rentrent dans l’église à ce moment restent même à l’entrée, et c’est seulement après la lecture qu’ils vont vénérer les icônes.

Pendant la récitation de l’hexapsaume, on éteint tous les cierges et seul le prêtre et le lecteur tiennent chacun un cierge allumé, symbolisant l’Ancien Testament où il n’y avait que le sacerdoce et la lecture des psaumes, comme lumières.

Pendant que le lecteur lit solennellement les six psaumes, en descendant de l’ambon, * le prêtre récite, à voix basse et tête découverte, douze prières, pour signifier ainsi l’Ancien Testament et le Nouveau, qui en est l’accomplissement.

Généralement, l’hexapsaume est lu par une personne distinguée. Dans les monastères, c’est le supérieur ou la supérieure, et dans les paroisses, un fidèle âgé.

Voici quelques extraits de ces prières, que les fidèles n’entendent pas : «Seigneur, envoie ton secours à tous ceux qui se tiennent en ce moment devant ta sainte Gloire et attendent ta riche Bonté…» – «nous Te supplions : si jusqu’à cette heure, nous avons péché en parole, en actes, en esprit, volontairement ou non, remets, efface, pardonne, car si Tu tiens compte des iniquités Seigneur, Seigneur qui pourra subsister ?…» – «Fais-nous connaître la joie de ton salut, ne nous  rejette pas loin de ta Face, bon et Ami de l’homme, fais que jusqu’à notre dernier souffle, nous offrions sur tes saints autels le sacrifice de justice et de l’offrande».

Les six psaumes parlent de tribulations que nous subissons dans cette vallée des larmes, qui est notre vie ici-bas : «Je suis dans la misère, courbé à jamais, tous les jours en deuil je chemine.» Ils invoquent aussi les Grandeurs de Dieu : «Je parais devant Toi dans ton sanctuaire, pour voir ta Puissance et ta Gloire. Car ta Miséricorde est meilleure que la vie; mes lèvres Te loueront.» «Fais-moi entendre au matin ta Miséricorde, parce que j’ai mis en Toi mon espérance. Fais-moi connaître la voie où je dois marcher, car vers Toi j’ai élevé mon âme.»

Lʼhexapsaume se lit toute lʼannée, hormis la semaine de Pâques, où «tout est rempli de lumière, le ciel, la terre et le fond de lʼenfer,» comme dit le tropaire lors des Matines de Pâques.

Tout cela, je lʼavais appris autrefois dʼun évêque russe, qui connaissait bien la Tradition de lʼÉglise, et ses usages.

a. Cassien


l'ambon (du grec άναβαινειν, anabainein, «monter» dans le sens «bord relevé» ou «saillie») est le pupitre, placé à l'entrée du choeur, dans une église.


vendredi 6 mai 2022

La translation des reliques de sainte Marie-Madeleine d'Ephèse à Constantinople en 890

 


Selon la tradition de l’Église, vers la fin de sa vie, sainte Marie Madeleine se rendit à Éphèse, où l'apôtre Jean le Théologien a vécu. Là, elle est devenue son aide et son soutien dans ses épreuves et ses tribulations, dans son emprisonnement et dans tous ses afflictions. A Ephèse, la sainte a amené beaucoup de gens à la foi et à la conscience de la vérité. Le peuple d'Ephèse l’honorait et la vénérait.

Après sa mort, son corps vénéré a été enterré par le saint apôtre et l'évangéliste Jean, dans une grotte près d'Ephèse, comme un précieux trésor. Au cours de l'enterrement, de nombreux miracles ont été accomplis, comme ainsi que plus tard, jusqu'à aujourd'hui, la sainte ne s'arrête pas accomplissant des miracles.

En l'an 890, l'empereur Léon VI le Sage (886-912) faisait récupéré la relique sacrée et amené d'Éphèse à Constantinople. Avec son frère Alexandre, il l'a pris sur ses épaules et l'a posé avec respect dans l'église à Constantinople, qu’il a construite au nom du saint ami du Christ Lazare mort depuis quatre jours. La relique sacrée a été placée sur le côté gauche du saint autel, dans un coffret en argent.

Notre Église célèbre la mémoire de la sainte myrrophore et égale aux apôtres Marie-Madeleine le 22 juillet. Elle est aussi vénérée avec les autres femmes porteuses de myrrhe le seconde dimanche après Pâques, le dimanche des myrrophores. Le la translation de sa dépouille est célébrée le 4 mai.




mardi 26 avril 2022

CHRIST EST RESSUSCITÉ !

 Je viens de rentrer de Suisse, où nous avons célébré Pâques. 

Voici la photo d'agapes :


Vôtre, en Christ, a. Cassien

vendredi 8 avril 2022

LE BIENFAIT DU JEÛNE

 On sait d'après les derniers résultats de la science que le renoncement volontaire à la nourriture sous forme de jeûne a un effet rajeunissant et régénérant. Le jeûne agit comme un choc de guérison pour le corps, déclenchant une série de réponses biomécaniques et de processus de guérison. Les réserves de glucides dans le foie sont décomposées et la glycémie chute. Après environ 24 heures, le corps passe en mode jeûne. Le tissu adipeux est ensuite décomposé en acides gras riches en énergie. À partir de là, le foie forme ce qu'on appelle des cétones – un carburant alternatif. Cela alimente le cerveau au lieu du sucre et semble avoir un effet positif sur les maladies neurologiques telles que la maladie de Parkin- son, la sclérose en plaques ou la démence. Entre autres choses, de nouvelles cellules nerveuses se forment à partir des cellules souches du cerveau. Il existe même des résultats scientifiques initiaux qui indiquent que les gènes du vieillissement et du cancer dans la substance génétique sont réduits au silence pendant le jeûne.

Au lieu des 2000 calories habituelles par jour, seulement environ 300 sont disponibles. Le régime de famine est un stress pour le corps – mais seulement pendant une courte période et donc sans danger. Au contraire, les gènes et les protéines responsables de la protection et du renouvellement cellulaire sont activés. Une sorte de programme de recy- clage des déchets cellulaires – ce qu'on appelle "autophagie" – démarre. Les protéines anciennes et endommagées dans les cellules sont d'abord enrobées, transportées dans des emballages, puis décomposées et fina- lement utilisées pour fabriquer de nouvelles protéines. Un processus qui aurait un effet positif sur le vieillissement cellulaire. Le microbiome se régénère également et le jeûne agit également comme un temps de récupération pour l'intestin et ses habitants microscopiques. Bien que plus d'adrénaline et de cortisol soient également libérés, le cerveau réduit ra- pidement les points d'ancrage de ces hormones de stress. Leur nombre détermine à quel point l'effet des hormones de stress s'avère lourd.

En science nutritionnelle, l'opinion se répand de plus en plus : ce ne sont pas les calories dans l'assiette qui comptent, mais les heures de la journée sans nourriture. Surtout, la différence dans les processus phy- siques pendant un régime ou un jeûne est grande. Si vous jeûnez, votre corps passera bientôt à la combustion des graisses. Les soi-disant céto- nes sont alors utilisées comme source d'énergie à la place du sucre. Le métabolisme de ces composés chimiques semble avoir un effet positif sur la formation de nouvelles cellules cérébrales.

Alexandra Kraft

jeudi 7 avril 2022

FÊTE DE L'ANNONCIATION

 En ce jour, c'est l'heureuse annonce de la joie, c'est la fête de la Vierge; le monde d'ici-bas s'accorde aux choses d'en-haut; Adam est renouvelé, Eve délivrée de sa première affliction et le tabernacle de notre condition humaine devient le temple de notre Dieu par divinisation de la nature assumée. Mystère que la façon dont s'abaisse le Seigneur, merveille que le mode inouï de sa conception ! Et du miracle un Ange se fait le serviteur; le sein d'une Vierge reçoit le Fils par l'envoi de l'Esprit divin et d'en haut le Père exprime sa bienveillance; l'union s'accomplit en la commune volonté; en lui et par lui nous voilà sauvés; unissons donc nos voix à celle de Gabriel et crions à la Vierge : Réjouis-toi, Pleine de grâce de qui nous vient le salut, le Christ notre Dieu, car il a pris notre nature pour l'élever jusqu'à lui. Intercède auprès de lui pour qu'il sauve nos âmes.

Apostiches de la fête



Une bonne fête de l'Annonciation à tous !

vôtre a. Cassien


samedi 2 avril 2022

HOMÉLIE POUR LE QUATRIÈME DIMANCHE DE CARÊME


 Lors du deuxième dimanche du Carême, l’Église nous a expliqué, – à travers l’enseignement de saint Grégoire Palamas, – comment nous pouvons connaître le Dieu inconnaissable : non pas dans sa nature, mais à travers ses énergies.

Aujourd’hui, le quatrième dimanche du Carême, elle nous explique, non la théorie mais la pratique pour y parvenir, par l’enseignement de saint Jean Climaque. Celui-ci, en tant que maître spirituel, en pratique et en connaissance, nous montre, dans son traité de l’Échelle sainte (d’où son nom Climaque = échelle) qu’il faut monter par 30 degrés, travers la purification, vers l’illumination et la connaissance de Dieu. Il nous met aussi en garde contre les pièges tendus par le malin, et, sur la représentation, on voit en bas des moines engloutis par l’Hadès «tout-dévorant». En haut se tient le Christ qui accueille le vainqueur. 

Voici quelques extraits qui nous montrent cette lutte qu’il faut mener surtout lors du grand Carême, qui est un temps privilégié.

«… je me borne et m'arrête aux choses qui peuvent servir à l'édification de leurs âmes; que, quelque incapable que je doive me reconnaître, je prenne la plume de leurs mains, et que, la trempant avec simplicité dans l'humble soumission à leurs voeux prononcés, j'aie lieu, malgré mon impuissance et mon incapacité, d'espérer et de recevoir de mon obéissance quelques grâces et quelques lumières, afin que, traçant sur un papier d'une admirable blancheur les règles d'une vie sainte et pure, je les trace aussi dans leurs coeurs bien préparés et saintement purifiés, que je les écrive sur des cahiers mystérieux et vivants. C'est de cette manière et dans ces dispositions que je vais commencer.» (1e degré, 3)
«Le propre des anges, ajouta-t-il, c'est de n'être plus exposés à faire des chutes, et même, ainsi que quelques docteurs l'enseignent, de ne pouvoir tomber; le propre des hommes est de faire des fautes mais, par la grâce de Dieu, ils peuvent s'en relever toutes les fois que ce malheur leur arrive. Les démons, au contraire, sont tombés pour ne jamais pouvoir se relever de leur chute.» (3e degré, 35)

«Après avoir parlé de toutes les choses qui nous ont occupés jusqu'à présent, nous pouvons dire avec l'Apôtre qu'il nous reste à considérer la foi, l'espérance et la charité, vertus qui sont le fondement et le lien de toutes les vertus chrétiennes et religieuses. Or la plus grande et la plus belle de ces trois vertus, c'est la charité; car Dieu même est appelé Amour.» (30e degré, 1)

Voici quelques «échantillons», de son enseignement. Le dimanche prochain, l’Église nous donne comme exemple une sainte qui a réalisé parfaitement cet enseignement : d’une prostituée, elle est devenue sainte Marie l’Égyptienne. 


a. Cassien


mercredi 30 mars 2022

193

 Un nouveau bulletin est disponible : 193