dimanche 15 novembre 2020

LA PRIÈRE D’ANNE

    Dans l’Ancien Testament est relatée l’histoire d’Anne la stérile (I Sam 1,1-2,10). Je voudrais m’y attarder un peu, car l’Ecriture sainte nous sert comme guide sur notre chemin et éclaire les événements de notre vie.

Quels sont les acteurs de ce récit ? C’est Anne la stérile, sa rivale Peninna, qui la méprisait, le mari Elkana, qui aimait Anne par dessus tout, le prêtre Eli, qui jugeait selon

l’apparence, et enfin Dieu qui seul voit le fond du cœur de chacun.

Anne dans son amertume, – de ne pas avoir d’enfant et d’être méprisée, – monta au Temple afin de prier le Seigneur, son seul espoir. Elle fit un vœu : «Eternel des armées ! si tu daignes regarder l’affliction de ta servante, si tu te souviens de moi et n’oublies point ta servante, et si tu donnes à ta servante un enfant mâle, je le consacrerai …» Eli, le prêtre l’observait. Ne la voyant pas prier à haute voix, – comme c’était la coutume autrefois, – et ses lèvres qui remuaient silencieusement, il la jugea ivre, s’en tenant à l’apparence. Dieu, qui regarde le fond de chacun, entendit pourtant le cri muet d’Anne. 

Anne s’excusant et expliquant à Eli sa souffrance, fut finalement consolée par Eli, qui corrigea son jugement et lui dit : «Va en paix, et que le Dieu d’Israël exauce la prière que tu lui as adressée !» Consolée, Anne s’en alla et enfanta dans le cours de l’année son fils Samuel.

Ayant sevré son fils, elle monta de nouveau au Temple pour prier. Cette fois-ci, pourtant non plus avec amertume mais dans la joie : «Mon coeur se réjouit en le Seigneur, ma force a été relevée par le Seigneur. Ma bouche s’est ouverte contre mes ennemis,… Ne parlez plus avec tant de hauteur; que l’arrogance ne sorte plus de votre bouche;… L’arc des puissants est brisé, et les faibles ont la force pour ceinture.»

Quelles leçons tirer de ce récit ? Des enfants de Peninna, que la nature avait dotée de fécondité, on ne connaît même pas les noms, tandis que Samuel, l’enfant d’Anne, devint un grand prophète. Plus loin, l’histoire nous parle des fils d’Eli, qui étaient pervers, car mal éduqués à cause de la lâcheté de leur père. Dieu fit périr et le père et les fils en signe d’avertissement !

C’est ce même Samuel que Saul rencontra quand celui-ci cherchait les ânesses égarées de son père. «C’est ici la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence…» (Apocalypse 13,18)

En scrutant plus profondément l’histoire d’Anne on trouvera certainement d’autres enseignements, mais comme dit le grand Chrysostome : «Ce n'est point à moi de tout vous apprendre, mais à vous de travailler et de chercher, pour ne pas devenir trop paresseux.» (Explication de l’épître aux Romain I) ou ailleurs : «Pourquoi poser des questions, sans en donner la solution ? – Pour vous accoutumer à ne pas avoir toujours une nourriture trop facile à prendre, et à chercher vous-mêmes, dans vos propres pensées, la clef des questions qu'on agite.» (Homélie 1 sur les noms) 


archimandrite Cassien

mardi 10 novembre 2020

183

 Mes chers, voici un nouveau bulletin :

http://orthodoxievco.net/bul4/183.pdf


en Christ,

a. Cassien

jeudi 8 octobre 2020

CELUI QUI CROIT …

 «Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné.» (Mc 16,16)


«Peu d'hommes comprennent un rhéteur philosophe, tandis que la parole d'un homme simple et sans art se fait entendre d'un grand nombre.» saint Grégoire de Tours (Histoire de France, préface)

Tâchons donc d’expliquer simplement ces paroles de l’évangile citées.

La condition pour être sauvé, c’est la foi et le baptême. Par le baptême nous entrons dans l’Église, qui est l’arche du salut, et dont l’arche de Noé est une image. Celui qui n’écouta pas Noé autrefois, – qui prêcha le déluge pendant cent ans, – ne fut pas sauvé, cela veut dire que celui qui ne croit pas sera condamné. 

Il est écrit «celui qui ne croira pas sera condamné», et non «celui qui ne croira pas et ne sera pas baptisé, sera condamné». Le baptême est la voie normale, mais il peut avoir des exceptions bien sûr. Il y a des personnes qui croient mais n’ont pas la possibilité d’être baptisées. Par contre, celui qui croit mais méprise le baptême, tout en pensant pouvoir se sauver en se fiant à ses raisonnements et à ses propres forces, ressemble à celui qui méprisait l’arche de Noé et voulait se sauver à la nage. Tôt ou tard, il aura fini par être noyé !

Noé avait construit l’arche pour survivre au déluge et le Christ a fondé l’Église pour nous sauver. C’est en elle que se trouve tout ce qu’il faut pour le salut.

Ailleurs, il est dit : «étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent.» (Mt 7,14) Trouver cette porte à notre époque, où il y a tant de pseudo-églises, c’est difficile, mais pour celui qui a une foi droite, tout est possible, sous-entendu que celui qui ne cherche pas vraiment le salut de l’âme, mais a d’autres intérêts, s’égare facilement.

Revenons. Celui qui croit sincèrement mais n’est pas encore baptisé, se trouve déjà sur le bon chemin mais il n’a pas encore atteint le but, dont le baptême est la condition. Laissons de côté les exceptions dont le Seigneur seul jugera.

L’apôtre Jacques parle de la foi par l’amour agissant. «Mes frères, que sert-il à quelqu’un de dire qu’il a la foi, s’il n’a pas les oeuvres ? La foi peut-elle le sauver ?» (Jc 1,14) Le baptême également est mort, s’il n’est pas vécu. La robe blanche du baptême symbolise l’habit de noces qui nous permettra de participer aux noces éternelles. Mais si cette robe est pleine de taches, ou fait défaut ?

Par le baptême, nous entrons dans l’Église terrestre, – qui est le champ de blé qui contient non seulement du blé mais aussi encore de l’ivraie, – mais également dans l’Église céleste, car l’Église n’est qu’une. Ne soyons pas scandalisés par l’ivraie. Le Christ «a son van à la main; il nettoiera son aire, et il amassera le blé dans son grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint point.» (Lc 3,17)

Les apôtres constituaient bien l’Eglise primitive, malgré les faiblesses et même le traître (Judas). Il est question quelque part de «ceux qui étaient parmi nous mais n’étaient pas d’entre nous» et l’Apôtre parle «des faux frères qui s’étaient furtivement introduits et glissés parmi nous.» (Gal 2,4) Donc, ne nous heurtons pas aux faiblesses des fidèles, mais regardons où est vraiment l’arche du salut.

Concluons : Le baptême suppose la foi et la foi doit aboutir au baptême.

a. Cassien

dimanche 4 octobre 2020

182

 Mes chers,

le bulletin 182 est prêt !

a. Cassien

vendredi 2 octobre 2020

CONSIDERATIONS



À Moïse, Dieu se révéla, dans le buisson ardent, comme celui qui est : l’Étant. En grec : ’O WN. Traduire l’Être, n’est pas juste car Dieu n’est pas une chose mais une personne ou plutôt trois personnes.

Cela dit pour la traduction. Dieu est. Il n’a ni commencement ni fin, étant en dehors du temps qui s’écoule. Pourtant, il n’est pas statique car il est la vie, comme dit le Christ de lui-même : «Je suis la résurrection et la vie.» (Jn 11,25) «Je suis le chemin, la vérité, et la vie.» (Jn 14,6) Comme image, on pourrait prendre un cercle sur lequel on avance sans avancer car il n’a ni début ni terme.

Vouloir se représenter l’éternité de Dieu ou son infinité dépasse notre entendement, car nous sommes habitués et limités à ce qui nous est familier – le temps et espace. Dieu pourtant contient le temps dans son éternité, et également tout l’univers limité.  

Les pères parlent du mouvement stable. Dieu est la stabilité même car étant immuable, sans changement, il est en même temps en mouvement car il est la vie même. 

Vouloir comprendre ce que je viens de dire n’est pas possible à l’homme car Dieu est incompréhensible. On ne peut que s’émerveiller et je dirais frissonner même devant la nature divine. 

Vouloir comprendre une petite fleur nous dépasse déjà. Quelle est la vie qui l’anime, sa fragilité, sa sensibilité, sa fécondité, etc. ?  À plus fort raison Dieu, qui est le Créateur même de cette fleur ne peut être saisi par nos raisonnements car il dépasse tout raisonnement, toute logique, tout spéculation. Ce n’est que par la foi et dans l’amour qu’on pourra l’approcher.

On chante souvent dans les hymnes liturgiques : «Ô merveille paradoxale …» Toutes les œuvres du Seigneur sont paradoxales; son Incarnation dans le sein de la Vierge, par exemple, la croix, – qui était le supplice le plus abject, – mais qui est devenue le salut du monde et la gloire de l’Église et dont nous venons de fêter l’exaltation.


a. Cassien


Ô merveille paradoxale ! L’arbre vivifiant, la sainte Croix apparaît en ce jour hautement exaltée; tous les confins de la terre la glorifient, tous les démons sont terrifiés; de quel don sont gratifiés les mortels ! Par elle, ô Christ, sauve nos âmes, en ton unique bonté.

Ô merveille paradoxale ! En ce jour la Croix ayant porté le Très-Haut tel une grappe débordante de vie au-dessus de la terre se laisse voir exaltée; c'est elle qui nous hissa jusqu'à Dieu, par elle la mort fut engloutie pour toujours. Arbre pur grâce auquel nous savourons l'immortelle nourriture de l'Eden, en glorifiant le Sauveur ! 

Ô merveille paradoxale ! La largeur et la hauteur de la Croix sont à la mesure du ciel, puisque par divine grâce elle sanctifie l'univers; par elle les nations païennes sont vaincues, par elle est affermi le sceptre des rois. Divine échelle qui nous permet de monter jusqu'aux cieux en exaltant par nos hymnes le Christ notre Dieu!


Laudes de l’exaltation de la Croix

mercredi 16 septembre 2020

Ce qu’on aura semé


L’Apôtre écrit : «Sachez-le, celui qui sème peu moissonnera peu, et celui qui sème abondamment moissonnera abondamment.» (II Cor 9,6) Ces paroles sont limpides et ne demandent pas d’explications, mais il est parfois bon de les rappeler à la mémoire.

Prenant cette image dans la vie courante, l’apôtre ne parle pourtant pas des graines de plantes mais de notre vie spirituelle, comme il explique ailleurs : «Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. Celui qui sème pour sa chair moissonnera de la chair la corruption; mais celui qui sème pour l’Esprit moissonnera de l’Esprit la vie éternelle.» (Gal 6,7-8)

Revenons pourtant à l’image de l’agriculteur qui sèmera sa semence. Il se donne toute la peine pour bien faire et faire de mieux en mieux. Il prépare soigneusement la terre pour recevoir la semence, il observe le temps pour semer, il surveille la croissance contre les insectes nuisibles etc. Pourtant, tout ne dépend pas de lui. Une intempérie peut tout détruire.  

Dans notre vie terrestre cela s’applique également, tous nos efforts peuvent se perdre, et, de toute façon, ils sont périssables et caduques par nature. Rien n’en restera lorsque nous quitterons cette vie. 

Dans notre vie spirituelle, par contre, tout portera des fruits au centuple pour la vie éternelle. Tout est écrit dans le livre de vie et ne peut se perdre. Le moindre effort qu’on fait pour Dieu, son salut, l’Église sera indélébile : une prière, une métanie, une aumône, un acte de charité etc. etc.

À plus forte raison nos agitations pour notre corps, nos aises, notre bien matériel se détruisent si nous négligeons nos devoirs spirituels au profit du matériel et le Seigneur nous le fait parfois sentir pour nous le rappeler. La parabole de l’évangile de l’insensé qui ne pensait qu’à agrandir ses greniers et à qui Dieu redemande son âme la même nuit, nous le montre clairement, et les exemples dans l’histoire de l’Église et la vie des saints ne manquent pas. 

Je pourrais vous berner, comme les faux prophètes, dont parle l’Écriture, qui ne prophétisaient que paix et sécurité, mais il est écrit : «Et toi, fils de l’homme, je t’ai établi comme sentinelle sur la maison d’Israël. Tu dois écouter la parole qui sort de ma bouche, et les avertir de ma part.» (Ez 3,7)

Quoi dire de plus ? «Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende !» (Mc 7,16)


a. Cassien

mardi 18 août 2020

HOMÉLIE POUR LA TRANSFIGURATION

 Les trois évangélistes synoptiques relatent l’événement de la Transfiguration, tandis que Jean le passe sous silence. Comparons donc ce qu’en disent les trois évangélistes.

Marc et Matthieu disent «six jours après» tandis que Luc dit «environ huit jours après.» Ils ne se contredisent pas car Luc dit approximativement huit jours. Après quoi ? Après la multiplication des pains dans le désert. 

«Sur une haute montage,» Jésus conduisit les trois disciples Pierre, Jacques et Jean. Il s’agit de la montage du Thabor en Galilée, tandis que la multiplication des pains se passa du côté de Bethsaïda.  

C’est là que Jésus fut transfiguré devant ses disciples. «Pendant qu’il priait,» précise Luc. «L’aspect de son visage changea, et son vêtement devint d’une éclatante blancheur,» selon Luc. «Son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière,» dit Matthieu, et Marc : «ses vêtements devinrent resplendissants, et d’une telle blancheur qu’il n’est pas de foulon sur la terre qui puisse blanchir ainsi.»

En même temps, «Elie et Moïse leur apparurent, s’entretenant avec Jésus.» Luc précise : «qui, apparaissant dans la gloire, parlaient de son départ qu’il allait accomplir à Jérusalem. Pierre et ses compagnons étaient appesantis par le sommeil; mais, s’étant tenus éveillés, ils virent la gloire de Jésus et les deux hommes qui étaient avec lui.»

«Au moment où ces hommes se séparaient de Jésus,» continue Luc, tandis que les deux autres évangélisés continuent simplement : «Pierre, prenant la parole, dit à Jésus : Rabbi, il est bon que nous soyons ici; dressons trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Elie

« Il ne savait ce qu’il disait,» selon Luc et Marc. 

Matthieu continue plus en détail : «Comme il parlait encore, une nuée lumineuse les couvrit. Et voici, une voix fit entendre de la nuée ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection : écoutez-le ! Lorsqu’ils entendirent cette voix, les disciples tombèrent sur leur face, et furent saisis d’une grande frayeur.»

Et le récit s’achève ainsi : « Quand la voix se fit entendre, Jésus se trouva seul,» selon Luc. Selon Matthieu : «Mais Jésus, s’approchant, les toucha, et dit : Levez-vous, n’ayez pas peur ! Ils levèrent les yeux, et ne virent que Jésus seul.» D’après Marc : «Aussitôt les disciples regardèrent tout autour, et ils ne virent que Jésus seul avec eux.»

En descendant de la montage Jésus leur recommanda «de ne dire à personne ce qu’ils avaient vu, jusqu’à ce que le Fils de l’homme fût ressuscité des morts.» – «Les disciples gardèrent le silence, et ils ne racontèrent à personne, en ce temps-là, rien de ce qu’ils avaient vu.»

Voici donc le récit de la Transfiguration en comparant les trois évangélistes, qui se complètent. Pourtant aucun d’eux ne fut témoin oculaire.

Voyons un peu ce que les pères en disent. 

«On se demande comment, d’après saint Matthieu, ce fut six jours après que Jésus prit avec lui ses disciples, tandis que saint Luc compte huit jours d’intervalle. La réponse est facile : saint Matthieu ne compte que les jours pleins qui séparent ces deux événements, tandis que saint Luc compte de plus le premier et le dernier jour.» (saint Jérôme)

«Saint Matthieu et saint Marc placent la transfiguration six jours après la promesse faite aux disciples, tandis que saint Luc rapporte que ce fut huit jours après. Il n’y a toutefois aucune contradiction dans leur récit; les deux évangélistes qui ne parlent que de six jours, n’ont pris que les jours intermédiaires, sans compter les extrêmes, le premier et le dernier; c’est-à-dire celui où la promesse fut faite, et celui de son accomplissement, tandis que saint Luc, qui compte huit jours, comprend les deux dont nous venons de parler.» (saint Jean Damascène)

«Or, pourquoi le Sauveur n’admet-il pas tous ses disciples, mais quelques-uns seulement à jouir de cette vision ? Il n’y en avait qu’un parmi eux (c’était Judas), qui fût indigne de voir cette révélation de la divinité, selon ces paroles : Faites disparaître l’impie, pour qu’il ne voie point la gloire de Dieu (Is 26). Or, si notre Seigneur l’avait seul excepté, sa jalousie eût donné un nouvel aliment à sa méchanceté. Le Sauveur enlève donc à ce traître un prétexte à sa trahison, en laissant avec lui tous les autres disciples au bas de la montagne.» (saint Jean Damascène)

«Pierre monte avec Jésus sur la montagne, parce qu’il devait recevoir les clefs du royaume des cieux; Jean, parce que le Sauveur devait lui confier sa mère; Jacques, parce qu’il devait souffrir le martyre le premier.» (saint Ambroise de Milan) 

«Notre Seigneur prend avec lui ces trois disciples, parce qu’ils étaient supérieurs aux autres apôtres. Remarquez ici que saint Matthieu ne cherche point à taire le nom de ceux qui lui furent préférés; c’est ce que fait également saint Jean, en rapportant les magnifiques prérogatives accordées à saint Pierre, car le collège des apôtres était pur de tout sentiment d’envie et de vaine gloire.» (Saint Jean Chrysostome)

«Le Sauveur, dans sa transfiguration, n'a rien perdu de sa nature corporelle; il nous a seulement découvert quelle sera la gloire que la résurrection devait communiquer, soit à son corps, soit aux nôtres. Après le jugement, tous les élus le verront tel qu'il a apparu à ses apôtres sur le Thabor.» (Bède le Vénérable)

«Moïse et Élie sont choisis de préférence parmi tous les saints, pour nous montrer le règne de Jésus Christ établi au milieu de la loi et des prophètes; car il doit juger Israël, assisté des mêmes témoins qui ont annoncé sa venue.» (saint Hilaire de Poitiers)

Qu’est-ce que ma pauvreté peut rajouter à tout cela ? Seulement le souhait que le Sauveur nous rende tous un jour digne de le contempler dans sa gloire dans les siècles sans fin.

a. Cassien






lundi 17 août 2020

LE CORONAVIRUS ET LE NOUVEL «ICONOCLASME !»

 En tant que théologien orthodoxe, je considère qu'il est de mon devoir de prendre position et de répondre aux questions de nombreux amis et personnes intéressées qui me demandent si les derniers problèmes survenus, tels que la transmission de virus à l'intérieur des saintes églises, l'utilisation d'un masque par les fidèles pendant le culte divin en raison de l’épidémie, ou un changement dans le mode de transmission de la sainte communion ou de la vénération des saintes icônes, etc., si tout cela concerne la croyance et, dans ce cas, s'il s'agit de foi.

Avec le sens des responsabilités et la crainte de Dieu, et après avoir étudié les saintes Écritures et l'enseignement des saints pères et en particulier du plus grand théologien dogmatique de l'Église catholique orthodoxe, saint Jean de Damascène, je déclare que les questions ci-dessus sont en fait à prendre très au sérieux.

En particulier, selon la théologie orthodoxe, ces demandes de modifications demandées sont HÉRÉTIQUES car elles sont en fait imposées (en tant que point de vue, positions et pratiques) à l'ensemble de l'Église par les autorités de l'État et il n'est donc pas déraisonnable de les appeler un «nouvel iconoclasme», et leurs partisans «iconoclastes». Car dans ce cas, il y a un déni de l'énergie divine incréée, de la sanctification de la matière et du créé en vertu de l'incarnation divine,  et donc qu’elles constituent une altération dans la pratique de l’enseignement, ainsi que de l'honneur et du culte des fidèles dans les sanctuaires.

En ce qui concerne les problèmes de la santé de l’homme et de son altération dans les saintes églises, nous déclarons que nous respectons la science médicale des médecins, mais pas la médecine de la politique ! Il existe aujourd'hui de nombreuses et indéniables preuves qui confirment et démontrent l'instrumentalisation de la médecine et de la santé humaine en général, à d'autres fins et projets que celles-ci, par les acteurs politiques et économiques (voir le triste et emblématique exemple de l'Organisation mondiale de la santé = OMS).

Enfin, nous considérons théologiquement inacceptables et condamnables les positions exprimées par certains théologiens, «bergers» et «synodes» selon lesquels «la santé humaine est avant tout et surtout sur terre» et que «sans les peuples, ni l'État ni l'Église n'existent et ne sont nécessaires», comme rationalistes et comme anti-évangéliques !

Nous savons que beaucoup ne seront pas satisfaits de notre position exprimée ci-dessus. Cependant, on ne nous demande pas d'être agréable et sympathique, mais si possible, selon Dieu, bénéfique. Pardonnez-moi et que Dieu soit avec nous !


Dimitrie I. Katsouras

modeste Théologien

 

PS. Quelques pensées supplémentaires :

L'esprit et par conséquent la logique, ainsi que la liberté de l'homme (autonomie) sont des dons de Dieu. Nous devons les respecter et les garder.


«L’esprit apostat de Dieu devient ou bestial ou démoniaque !» (saint Grégoire Palamas).