lundi 17 septembre 2018

HOMÉLIE SUR LA FEMME CANANÉENNE



En ce temps-là, Jésus s’en alla dans la région de Tyr et de Sidon. Et voici qu'une femme de cette contrée, une Cananéenne, sortit et se mit à lui crier : Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David : ma fille est tourmentée cruellement par un démon ! Mais Jésus ne lui répondit pas un mot. Ses disciples, s'approchant, le priaient en disant : Donne-lui satisfaction, car elle nous poursuit de ses cris ! Alors il répondit : Je n'ai été envoyé que pour les brebis perdues de la maison d'Israël ! Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : Seigneur, viens à mon secours ! Il lui répondit : Ce n'est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens ! Mais elle dit : Pourtant, Seigneur, les chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ! Alors Jésus lui répondit : Ô femme, grande est ta foi ! Qu'il t'advienne selon ton désir ! Et à l'heure même sa fille fut guérie. (Mt 15,21-28)

«Personne ne doit, par négligence, tenir cachées les paroles de Dieu, mais on doit confesser sa faiblesse et, en même temps, ne pas cacher la vérité de Dieu, sinon nous serons coupables d'avoir transgressé ses commandements. Ne dissimulons pas la Parole de Dieu, mais faisons-la connaître. Les saintes Ecritures et les paroles des saints Pères sont aussi nombreuses que les grains de sable de la mer; les scrutant inlassablement, nous les enseignons à ceux qui viennent à nous et qui en ont besoin. Plus exactement, ce n'est pas nous qui enseignons, car nous ne sommes pas dignes de le faire, mais ce sont les saints Pères qui le font à partir de la sainte Ecriture.» (saint Nil de la Sora)

Si j’ai bonne souvenance, j’avais déjà écrit sur cet épisode de l’évangile, mais je ne me rappelle plus exactement quoi — vous non plus d’ailleurs, je pense. De toute façon, l’évangile est une source inépuisable et on y trouve toujours des aspects nouveaux à méditer.
Le Seigneur dit à cette pauvrette : «Je n'ai été envoyé que pour les brebis perdues de la maison d'Israël !» Pourtant il est venu sur terre pour sauver toute l’humanité. Il ne se contredit pas, bien sûr, car c’est à travers les apôtres et leurs successeurs qu’il réalise cette tâche. Lui-même, sur terre, se concentra sur l’ex-peuple élu et ce n’est qu’exceptionnellement qu’il aida des non-juifs comme la Samaritaine, le centurion etc.
«Jésus s’en alla dans la région de Tyr et de Sidon.» Cette région ne fit jamais partie de la Terre sainte – d’Israël.  Le prophète Élie alla autrefois à Sidon chez cette femme de Sarepta qui devait le nourrir. (cf. I R 17,9) Le Christ parla aussi de Tyr et Sidon : «C’est pourquoi je vous le dis : au jour du jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins rigoureusement que vous.» (Mt 11,22) C’est de cette région (la Phénicie) qu’était originaire cette femme cananéenne. 
Pourquoi donc le Sauveur alla dans cette région, s’il n’était venu que pour les Juifs ? Il était venu pour les vrais juifs, ceux qui ne le sont pas seulement selon la chair mais selon l’esprit. «Ô femme, grande est ta foi !» s’exclama-t-il. 
«Ce n’est point sans doute par orgueil, comme les pharisiens; ce n’est point par arrogance, comme les scribes, mais pour ne point paraître contredire cet ordre qu’il avait donné : «Vous n’irez point vers les nations.» Il ne voulait pas donner lieu à la calomnie et il réservait aux temps qui devaient suivre sa passion et sa résurrection la parfaite conversion des Gentils.» (saint Jérôme)
« Il ne dit pas d’une manière absolue qu’il n’est pas envoyé aux Gentils, mais il déclare qu’il a été envoyé premièrement au peuple d’Israël, et, ce peuple rejetant l’Évangile qui lui était offert, c’était avec justice que Dieu en faisait part aux Gentils.» (saint Jérôme)
Pour mettre cette foi à l’épreuve et le donner comme exemple, il traita durement cette femme. «Mais Jésus ne lui répondit pas un mot,» quand elle le supplia humblement pour la guérison de sa fille tourmentée. Ensuite, il la compara à des chiens. Quelle humiliation ! Pourtant, elle ne fléchit nullement et lui répondit adéquatement sans se vexer. En face de cette foi à tout épreuve, de cette humilité, le Christ fut désarmé et se laissa fléchir. «Et à l'heure même… » la guérison eut lieu sans autre formalité ni procédure. 
«Admirez ici la prudence de cette femme : ni elle n’ose contredire le Sauveur, ni elle ne s’attriste des louanges qu’il donne aux autres, ni elle ne se laisse abattre par cette parole, outrageante. Mais elle répliqua : «Il est vrai, Seigneur; mais les petits chiens mangent au moins des miettes qui tombent de la table de leur maître.» Jésus lui avait dit : «Il n’est pas juste;» elle répond : «Il est vrai, Seigneur.» Il appelle les Juifs les enfants, elle enchérit et les appelle maîtres. Il lui a donné le nom de chienne, elle ajoute à cette qualification en rappelant ce que font les chiens, et semble dire au Sauveur : Si je suis un chien, je ne suis point étrangère. Vous me donnez le nom de chien, nourrissez-moi donc comme un chien, je ne puis m’éloigner de la table de mon Maître.» (saint jean Chrysostome, homélie 53)
Les disciples, de leur côté, n’étaient occupés que de renvoyer cette malheureuse femme qui les importunait avec ses cris. Ils étaient encore terre à terre tandis que le Seigneur et cette femme étaient sur un niveau bien plus spirituel.
D’abord elle «sortit.» Sortit de la maison où se trouvait aussi sa fille possédée. Ensuite elle commença à crier, telle une vraie mère désespérée, et finalement elle se prosterna – un geste d’humilité – devant le Seigneur et le supplia non plus en criant mais avec une foi à transporter les montagnes. Cela me fait penser à la Toute Sainte qui parla pareillement à son Fils aux noces de Cana. Le Christ la répudia d’abord mais en face de cette foi il céda et changea l’eau en vin. Le Seigneur savait bien ce qui allait se passer et ce qu’il allait faire, mais comme un père qui joue avec son enfant et se laisse vaincre, ainsi agit Dieu avec nous. Le patriarche Jacob lutta avec l’ange – l’envoyé de Dieu – et vainquit, ce qui lui mérita le nom d’Israël.
Terminons avec des paroles du grand Chrysostome : «Voici la raison du retard que Jésus mettait à l’exaucer : il savait qu’elle lui tiendrait ce langage, et il ne voulait pas qu’une si grande vertu demeurât cachée. «Alors Jésus, lui répondant, lui dit : Ô femme, votre foi est grande, qu'il vous soit fait comme vous le désirez. Ne semble-t-il pas lui dire : Votre foi mériterait d'obtenir bien davantage, mais en attendant, qu'il vous soit fait comme vous le désirez. Remarquez ici la part considérable qui revient à cette femme dans la guérison de sa fille. Aussi Jésus ne lui dit pas : Que ta fille soit guérie, mais : Ta foi est grande, qu'il te soit fait comme tu le désire, pour vous apprendre qu'elle parlait avec simplicité, sans flatterie, et que sa prière était animée par la foi la plus vive. Or, cette parole du Sauveur est semblable à cette autre que Dieu prononça au commencement du monde : Que le firmament soit fait, et il fut fait; car l'Évangéliste ajoute : Et sa fille fut guérie. Remarquez encore qu'elle obtient elle-même ce que les Apôtres n'ont pu obtenir, tant la prière persévérante a de puissance ! Dieu, en effet, aime mieux que nous le prions beaucoup nous-mêmes pour nos péchés, que d'avoir recours aux prières des autres.»

archimandrite Cassien

lundi 27 août 2018

Dormition et bulletin 169

Le prochain bulletin vient de sortir.
A tous une bonne fête de la Dormition,
vôtre
a. Cassien

dimanche 5 août 2018

liturgies à Mirabeau

Je reviens de la chapelle de sainte Marie Madeleine, où nous avons célébré sa fête le samedi et aussi la liturgie le dimanche.

en Christ, 
a. Cassien


samedi 21 juillet 2018

Fête à Mirabeau

Plaise à Dieu, nous célébrerons la fête de sainte Marie Madeleine dans sa chapelle à Mirabeau. Ce sera un samedi (22 juillet - 4 août civil). Le jour après, dimanche, il y aura également une liturgie. Venez nombreux !

A. Cassien

mercredi 11 juillet 2018

Fête des apôtres

Après le carême léger des apôtres, il ne me reste qu’à souhaiter une bonne fête de ceux qui ont tressé le chemin à suivre pour notre salut.

Vôtre en Christ, 
archimandrite Cassien

Le bulletin 168 est disponible.

dimanche 1 juillet 2018

Retour en France

Je viens de rentrer en France après trois semaines passé en Grèce. 
En passant à Mirabeau nous avons célébré la divine liturgie ce dimanche (5e de Matthieu) à la chapelle de sainte Marie Madeleine.

votre en Christ, 
a. Cassien

mercredi 6 juin 2018

Depart pour la Grèce

Plaise à Dieu, nous célébrerons la divine Liturgie le dimanche prochain (2e dimanche de Matthieu) en Suisse. 
De là je continuerai vers la Grèce, chercher encore les ânesses perdues de mon père. (Qui résoudra l'énigmes ?)

a. Cassien

vendredi 1 juin 2018

LA FETE DE TOUSSAINT


Le dimanche après la sainte Pentecôte, nous célébrons la fête de Toussaint. C’est pour ainsi dire la récolte de ce que le Christ a semé et que l’Esprit saint a récolté. C’est la fête de tous ceux qui ont été sauvés et sanctifiés. 
Au sens strict, les saints, ce sont ceux que l’Église a canonisés, reconnus comme saints et que nous pouvons donc vénérer sans hésitation. Pourtant, il y a une infinité de saints non-canonisés et ignorés, que Dieu seul connaît. Eux aussi sont célébrés aujourd’hui, sans compter tous ceux qui seront sauvés par la miséricorde divine et qui seront donc également sanctifiés.
Dans toutes les couches de la société, à toute époque, il y a eu des saints, depuis le roi jusqu’au mendiant, des hommes et des femmes, des enfants et des vieillards. Partout dans le monde, les fleurs de la sainteté ont fleuri, à travers tous les âges et jusqu’à la fin des temps. 
Dans l'Eglise, on distingue plusieurs catégories de saints : prophètes, apôtres, hiérarques, martyrs, moines, anargyres, etc...    
Un saint, c’est quelqu’un qui s’est purifié pendant sa vie et qui a été déifié, parfois au dernier moment de la vie, comme les martyrs. Tous, nous sommes appelés à la sainteté mais tous n’y arrivent pas et espèrent donc être sauvés par la miséricorde de Dieu et par les prières de l’Église. Au dernier Jugement sera manifesté qui en fera partie. 
La sainteté, c’est la restauration de notre nature d’avant la chute au paradis, et ensuite la sanctification que nos premiers parents avaient ratée par leur désobéissance, mais qu’ils ont finalement atteinte par la pénitence en dehors d’Eden. Ils y seraient arrivés sans labeur, mais à cause de la chute, il leur a fallu des efforts pour se relever : «A la sueur de ton front tu gagneras ton pain»,  et le pain quotidien et le pain substantiel. Tous les saints sont passés par là et leurs Vies relatent les peines et exploits qu’ils ont endurés. 
C’est donc leurs victoires que nous fêtons aujourd’hui. Que le Seigneur nous rende dignes d’en faire partie, de ces 144000 élus, qu’il a choisis de toutes les tribus et de toutes les nations !
« Il y avait une grande foule, que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple, et de toute langue. Ils se tenaient devant le trône et devant l’agneau, revêtus de robes blanches, et des palmes dans leurs mains.» (Apo 7,9)


a. Cassien

Le bulletin 167 est disponible. 
Je viens aussi de refaire les chants liturgiques.