dimanche 9 septembre 2012

Nouvelles de Grèce


Rien de nouveau sous le soleil grec.  A part les liturgies dans les deux paroisses de Keratéa et de Peristeri, et parfois au monastère des moniales à Keratéa, je passe mon temps à peindre des fresques au petit monastère de sainte Marina, où j'habite. Il me reste peu du temps pour les publications donc.
J'attends toujours du clergé d'Afrique mais leurs visas se font attendre.


Vôtre en Christ, 
archimandrite Cassien

vendredi 24 août 2012

Grèce


Depuis quelques jours je suis de nouveau en Grèce dans mon petit monastère de sainte Marina. Dimanche prochain je reprendrai les offices dans les deux paroisses de Keratéa et de Peristeri comme avant. 
A part la chaleur aride, rien de nouveau ici en Grèce. J'attends la visite de plusieurs de nos clergés d'Afrique.

Mon téléphone ici : 0030 6949577884

En Christ, 
archimandrite Cassien

mercredi 15 août 2012

JUSQUES A QUAND


JUSQUES À QUAND

L'Écriture dit de Noé : «Noé fut un homme juste et parfait», et elle ajoute : «dans sa génération.» (Gn 6,9) Pourquoi dit-elle : «dans sa génération ?» Parce que c’était une «génération perverse et corrompue», comme dirait l’Apôtre. (Phil 2,15)
Perverse et corrompue est également notre génération actuelle, et pire qu’au temps de Noé ou de Lot, car la notion du péché a complètement disparu aujourd’hui et tout est permis. Comment peut-on attendre encore une pénitence, comme au temps de Jonas, où les Ninivites se repentirent ?
Y a-t-il encore des hommes justes et parfaits comme Noé ? Dieu seul le sait. L’Apôtre nous dit : «que vous soyez irréprochables et purs, des enfants de Dieu irrépréhensibles au milieu d’une génération perverse et corrompue, parmi laquelle vous brillez comme des flambeaux dans le monde.» (Phil 2,15) C’est cela qui doit nous préoccuper !
L’apôtre Paul dit également : «Les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, emportés, enflés d’orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force.» (II Tim 3,2) Si cela était vrai de tous temps, il est vrai plus particulièrement à notre époque.
Quand je pense aux gens de Sodome, qui voulaient s’introduire de force dans la maison de Lot, afin de violer les deux voyageurs, cela me fait penser aux gens d’aujourd’hui qui cherchent à piétiner et à traîner dans la boue tous les mystères de notre foi chrétienne. Lot barricada les portes.
Parfois notre seul recours est de nous taire, afin que les porcs ne piétinent les perles de notre foi.
L’apôtre Pierre n’est pas non plus tendre dans ses mots : «s’Il a délivré le juste Lot, profondément attristé de la conduite de ces hommes sans frein dans leur dissolution, car ce juste, qui habitait au milieu d’eux, tourmentait journellement son âme juste à cause de ce qu’il voyait et entendait de leurs oeuvres criminelles; le Seigneur sait délivrer de l’épreuve les hommes pieux, et réserver les injustes pour être punis au jour du jugement.» L’apôtre Jean complète dans l’Apocalypse : «Ils crièrent d’une voix forte, en disant : Jusques à quand, Maître saint et véritable, tardes-Tu à juger, et à tirer vengeance de notre sang sur les habitants de la terre ?» (Apo 6,10)

Archimandrite Cassien

samedi 4 août 2012

SANS TITRE


          Le contexte dans lequel nous vivons (être marié ou non, vivre dans tel pays plutôt que dans tel autre, exercer tel métier etc.) influence, certes, notre vie mais n’est que secondaire. L’essentiel, c’est notre ouverture à Dieu : sommes-nous tournés vers Lui ou ne tournons-nous qu’autour de nous-mêmes ? Tant que mon petit ego occupe toute ma vie je ne fais que me heurter partout. Rien ne me va car je rêve d’un idéal qui ne peut exister dans cette vie terrestre. Au lieu de vouloir m’installer confortablement dans cette vie dont je rêve, ne vaudrait-il pas mieux accepter l’inconfort dans lequel Dieu m’a mis afin de me pousser en avant ? En avant vers quoi ? Bien au-delà de mes ambitions, mes rêves, mes désirs, mais vers Celui en qui seul je pourrai trouver la paix et le repos.
            Si je prends nos fidèles un par un, chacun a ses problèmes et soupire vers une solution. Ces problèmes ne sont que des symptômes pourtant. Au lieu de les étouffer, il vaudrait mieux en chercher la racine. Le vrai problème – la racine – se trouve bien plus en profondeur. La racine de nos maux une fois soignée, les symptômes disparaîtront ou plutôt ne feront plus mal. Alors nous ne serons plus serrés par notre ego mais mis au large et nous chanterons : «Il m’a mis au large, Il m’a sauvé, parce qu’Il m’aime …» (Ps 17,19) Il faudra lire tout le psaume car il indique la solution.
            Je laisse cette ébauche inachevée, imparfaite, afin de stimuler la recherche de la solution. Quand on aura trouvé cette solution, toute parole deviendra superflue et il suffira de se regarder dans les yeux en silence pour tout comprendre.
Archimandrite Cassien

mercredi 1 août 2012

BÂTI SUR LE ROC



«… Il est semblable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé, creusé profondément, et a posé le fondement sur le roc. Une inondation est venue, et le torrent s’est jeté contre cette maison, sans pouvoir l’ébranler, parce qu’elle était bien bâtie.» (Lc 6,48)
Quelle est cette maison ? C’est bien l’Église, dans d’autres termes l’Orthodoxie qui, à travers les siècles, est restée inébranlable malgré les tempêtes, c’est-à-dire les persécutions, hérésies et schismes. Chaque fidèle qui a construit sur ce même roc, qui a pour fondement et centre de gravité l’Orthodoxie, tiendra bon à toute épreuve de la vie, si dure qu’elle soit. Les tempêtes ne font que l’enraciner plus profondément comme un arbre qui jette ses racines plus profondément en terre quand les intempéries s'abattent sur lui.
Le psalmiste dit : «Je préfère me tenir sur le seuil de la maison de mon Dieu, plutôt que d’habiter sous les tentes des pécheurs.» (Ps 84,11) Le seuil symbolise la stabilité tandis que les tentes signifient l’instabilité, la versatilité. Le seuil aussi indique l’entrée et il vaut mieux avoir la dernière place dans l’Église que d’avoir un rang élevé dans une des ces assemblées des pécheurs, c’est-à-dire dans une pseudo-Église qui n’a pas de stabilité.
Le Christ dit à Pierre : «Et moi, Je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre Je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle.» (Mt 16,18) Cette pierre, ce roc, c’est la confession orthodoxe de Pierre selon l’interprétation des pères, et non la personne de Pierre qui, elle, était fragile.
Le roc signifie aussi la dureté. Pour ceux qui sont habitués à une vie molle, certes, l’Orthodoxie semble dure. Le Christ ne disait-Il pas au sujet de Jean : «Qu’êtes-vous allés voir au désert ? un roseau agité par le vent ? Mais, qu’êtes-vous allés voir ? un homme vêtu d’habits précieux ? Voici, ceux qui portent des habits précieux sont dans les maisons des rois …» (Mt 11,7) ? Et un peu plus loin : «Depuis le temps de Jean-Baptiste jusqu’à présent, le royaume des cieux est forcé, et ce sont les violents qui s’en emparent.» (Mt 11,12)
L’apôtre Paul disait : «Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l’oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables.» (II Tim 4,3)
«Cette parole est dure; qui peut l’écouter ?» (Jn 6,60) disaient, déjà au temps du Christ, certains qui dans leur égocentrisme, n’étaient pas prêts à suivre le Christ jusqu’au bout. «Dès ce moment, plusieurs de ses disciples se retirèrent, et ils n’allaient plus avec Lui.» (Ibid., 66) Simon Pierre, de son côté, disait : «Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.» Ce qui fut pour les uns un scandale, fut pour les autres la vie éternelle.
En résumé : l’Église, bâtie sur le roc, qui est le Christ, offre à chaque fidèle la même stabilité.
Archimandrite Cassien

mardi 24 juillet 2012

Je viens de rentrer du Togo. Allez voir sur la rubrique "Mission" le récit.


Pour le moment je suis au foyer à Clara. La suite, Dieu seule la connait. Donc pas des questions indecentes !

Vôtre en Christ,
 archimandrite Cassien

mardi 3 juillet 2012

DIEU AVEC NOUS



Dieu S’est fait homme afin de nous sauver. Ce dogme, chaque chrétien le connaît ou devrait le connaître. Il me semble qu’il y a encore une autre raison pour l’Incarnation de Dieu. Dieu a pris chair afin que nous puissions communiquer bien plus facilement avec Lui. Il est devenu palpable, visible, a pris une forme, Lui l'Indescriptible, l’Invisible, l'Insaisissable. Ce n’est plus Yahvé, le Dieu des Juifs et encore moins Allah, un Dieu distancé et lointain. Le Christ, en qui habite la plénitude de la Divinité, sait maintenant par expérience ce qui est la souffrance, la tristesse, la faim et la mort même. Il sait mieux compatir avec nous, pour m’exprimer d’une façon humaine. Il Se nommait Lui-même «le Fils de l’homme» pour bien montrer qu’Il est vraiment homme, qu’Il a véritablement pris chair dans le sein de la Vierge Marie. C’est elle qui a donné la nature humaine et l’Esprit saint la Nature divine – qui font le Dieu-Homme – pour m’exprimer à mon niveau comme un enfant. Une seule personne en deux natures, comme disent les Pères. 
Un des multiples Noms du Christ est bien Emmanuel, qui veut dire «Dieu avec nous». L’apôtre Jean dit dans une de ses épîtres : «Ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché» (I Jn 1,1 et 1,3). Dans les Actes des Apôtres il est écrit également : «car nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu.» Il s’agit bien sûr du Verbe de Dieu, qui a vécu parmi nous, qui est devenu un des nôtres, qui S’est abaissé à notre niveau par amour pour nous.
Quand on songe, non d’une manière abstraite, mais au fond de nous-mêmes, au mystère de l’Incarnation, à Dieu qui est si près de nous, on frissonne. C’est comme lorsque je pense au dernier Jugement où je devrai rendre compte de mes actes vils, ce ne sera pas tellement la peur de la punition, mais le Regard du Christ, plein de tendresse et de compassion, que je ne saurai soutenir et qui me fait venir déjà maintenant les larmes aux yeux.
    C'est ce sentiment qu'a dû avoir aussi le larron sur la croix quand il avait, en face de lui, le Christ qui donna sa vie pour lui, lui dont la vie n’était tissée que de rapines et de crimes.
    Quoi dire encore sur ce grand mystère de l’Incarnation ? C’est l’émerveillement seul qui peut saisir ce que les paroles ne sauront jamais expliquer entièrement.
Archimandrite Cassien

samedi 16 juin 2012

SCIEMMENT J’ATTENDS LE SEIGNEUR


 Dans cette pauvre vie on soupire après la tranquillité, mais à peine un peu d'accalmie, d’autres tempêtes se lèvent. Au début de la vie spirituelle, ce sont nos passions qui nous tiraillent. Une fois l’impassibilité atteinte, les tracasseries viennent de l’extérieur. Sans aller aussi loin que de dire avec Sartre : «L’enfer, c'est les autres,» on se dit, comme le Christ : «Jusques à quand vous supporterai-je ?» (Mc 9,19) et on chante comme le psalmiste : «Si j’avais les ailes de la colombe, je m’envolerais, et je trouverais le repos; voici, je fuirais bien loin, j’irais séjourner au désert.» (Ps 55,6-7)
   Étant impassibles, à quoi nous servent-elles, ces tracasseries ? À nous maintenir dans la vertu et à nous orienter vers Dieu, en qui se trouve la seule véritable paix; en d’autres termes, à ne pas nous permettre de nous bercer dans une fausse tranquillité et à nous aiguillonner vers Celui qui a dit : «Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos.» (Mt 11,28) Si ce n’est pas à cause de nos péchés que nous sommes accablés, c’est pour le salut du prochain. Portons donc le joug du Christ, et nous trouverons le repos. Comme dit l’Apôtre : «Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ.» (Gal 6,2)
    À quoi servent les intempéries ? À faire enraciner solidement et à faire croître l’arbre afin qu’il porte beaucoup des fruits.
    La paix parfaite sera pour l’autre vie. Dans cette vie-ci pourtant nous goûtons déjà les arrêts, au fur et à mesure que nous avançons dans la vertu. Si nous supportons les épreuves passagères ici-bas, alors «Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu.» (Apo 21,4)
    Tout passe finalement et les épreuves que nous avons supportées autrefois, et que nous croyons insurmontables, ont finalement trouvé une issue avec l’Aide de Dieu, et nous ont fait mûrir un peu plus.
    Quand nous aurons appris de ne compter que sur Dieu seul et non sur les hommes versatiles, alors la sérénité descendra en nos coeurs comme une rosée matinale. 
    L’or passe au feu pour être épuré, non pas une fois seulement, mais sept fois (chiffre symbolique qui signifie la perfection). De même le Seigneur nous fait passer par des épreuves afin d’ôter de nous les impuretés et la scorie, de nous rendre pur et précieux comme l’or.
    Le diamant brut ne montre sa beauté qu’une fois poli. Dieu, – comme le tailleur de diamants, – nous polit également et rien ne nous arrive par hasard mais nous sert pour notre bien.
    Pour terminer ces considérations et revenir à ce que j’ai dit au début : Si on s’agite, se révolte, s’impatiente, le fruit n’arrivera jamais à maturité mais se gâte. Supportées pour le Seigneur patiemment et avec science, nos peines auront la paix pour fruit.

Archimandrite Cassien