jeudi 4 mars 2021

CULTIVER ET GARDER

  «Le Seigneur-Dieu prit l’homme, et le plaça dans le jardin d’Eden pour le cultiver et pour le garder.» (Gn 2,15) Selon ces 

paroles, Adam n’était pas destiné à l’oisiveté. Sa tâche était de s’occuper du jardin d’Eden, et de garder le commandement de Dieu, de ne pas manger de l’arbre défendu. Donc une occupation matérielle et spirituelle à la fois. Cultiver et garder le    paradis fut, avant la chute, une tâche de loisir, mais ensuite cela devint, à cause du péché, laborieux : «C’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie, il te produira des épines et des ronces, et tu mangeras de l’herbe des champs. C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière.» (Gen 3,17-19) 

« Et lorsque la peine de cet égarement vient la frapper, elle voit par expérience combien diffère le bien qu'elle a délaissé du mal où elle est tombée.» vénérable Augustin (de la genèse, chap. 9)

Une fois chassés du paradis les protoplastes devraient donc se procurer de la nourriture – «Dieu le chassa du jardin d’Eden, pour qu’il cultivât la terre,» –  en peinant et leurs progénitures également cela jusqu’à la fin du monde. «Abel fut berger, et Caïn fut laboureur.» (Gen 4,2) Cette malédiction pose donc sur nous.


Plus tard, on voit que «Noé commença à cultiver la terre, et planta de la vigne.» (Gen 9,20)

Les pères interprètent spirituellement ce passage : cultiver et garder, en l’appliquant à notre âme, qu’il faut défricher d’abord les ronces et les épines, – qui signifient les péchés, – ensuite cultiver avec des vertus et garder de l’ennemi, qui cherche à la dévaster comme autrefois dans le paradis.

Le jeûne, que l’Église nous demande, surtout lors du Grand Carême, n’est autre que le rétablissement de l’état paradisiaque.

«Il est bien plus vrai que le jeûne va balayer de notre âme toute cette agitation qu'y entretiennent nos passions. Finie cette bataille de l'esprit et de la chair, finie cette rébellion de l'esclave contre le maître, un terme est mis, une bonne fois, à cette guerre livrée par notre corps.» saint Jean Chrysostome (première homélie sur la Genèse)


a. Cassien


vendredi 19 février 2021

HOMÉLIE POUR LE DIMANCHE DU PHARISIEN ET DU PUBLICAIN

 


«Puisque le devoir de «scruter les Écritures» est aussi l'un des préceptes du Seigneur, il faut absolument, même si notre intelligence se trouve en-deçà de la vérité et n'atteint pas à la grandeur de ces pensées, réussir au moins à ne pas paraître négliger le commandement du Seigneur en mettant autant d'ardeur que possible à étudier le texte. Aussi, scrutons l'écrit qui nous est proposé autant que nous en sommes capables.» saint Grégoire de Nysse (sur l’Écclesiaste)


Le triode, qui commence, nous prépare au grand Carême. Les trois dimanches – d’où le nom triode – sont comme des marches. Le premier dimanche, celui du pharisien et du publicain, nous enseigne dans quelle attitude nous devons nous convertir au Seigneur. Le second dimanche – celui du Fils prodigue – nous montre dans quelle déchéance nous sommes tombés. Le troisième dimanche – celui du Carnaval – indique quels fruit nous devons porter pour être sauvés.

Concentrons-nous maintenant un peu sur le dimanche du pharisien et du publicain. En deux mots, l’évangile nous explique que Dieu rejette la suffisance dans nos bonnes œuvres et désire par contre une attitude d’humilité, d’être conscient de nos péchés.

Le jeûne, la dîme etc. du pharisien ne sont pas mauvais en soi; cela nous est demandé par l’Église, surtout lors du Carême, mais la suffisance gâche tout. Les mauvaises actions du publicain étaient certes mauvaises, mais son humilité et son repentir les ont effacés et l’ont justifié, comme dit l’évangile. Le fait de juger les autres, – second défaut du pharisien – l’ont rendu odieux aux yeux du Seigneur.

«Deux hommes montèrent au Temple», ainsi débute cette parabole. Monter au Temple est l’image de notre cheminement vers Dieu, vers le salut.

Cet évangile n’est qu’une parabole, mais il stigmatise ce qui se passe souvent dans la vie des chrétiens. Le pharisien indique un rang élevé et le publicain celui de celui qui est méprisé. L’évangile parle plusieurs fois des publicains et des prostituées, qui furent méprisés par les autres, qui se croient justes, mais le Christ dit : «ils vous devanceront dans le royaume de Dieu.» (Mt 21,31) 

Pendant la semaine qui suit le dimanche du pharisien et du publicain, tout jeûne est aboli afin de nous montrer que le Sauveur prend «plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices.» (Mt 9,13) Et l’évangile continue : «Car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs.» Il s’agit des justes qui le sont à leurs propres yeux et se fient à leurs œuvres, et oublient ce que dit le prophète Isaïe : «Nous sommes tous comme des impurs, et toute notre justice est comme un vêtement souillé. Nous sommes tous flétris comme une feuille, et nos crimes nous emportent comme le vent.» (Is 64,6)

Terminons avec les paroles d’un père : «Ce n'est pas lorsque le discours coule d'abondance et s'écarte du sujet qu'il est admirable, mais lorsque, bref autant que riche en idées, complet dans sa concision, trouvant son souffle essentiellement dans le sujet, il montre une grande vivacité.» saint Isidore de Péluse (lettre à Grammaticos)


a. Cassien


Un nouveau bulletin est prêt : 186


vendredi 12 février 2021

L’AVOCAT DU DIABLE

  Je n’aime pas me mêler des affaires du Vatican, mais une fois n’est pas coutume.

Hier, j’ai lu un long article sur un prêtre «catholique» : Werenfried van Straaten, qui est décédé en 2003. Fort connu à son époque, il avait crée des œuvres caritatives qui existent encore dans le monde, l’Église en détresse et autres. Il est question de le reconnaître comme saint mais le Vatican renâcle. Une femme a témoigné que ce prêtre avait voulu la violer lorsqu’elle avait 20 ans. Je ne mets pas en doute son témoignage, mais prendre cet égarement du prêtre pour contrecarrer sa canonisation, ne tient pas debout. Qui sait s’il n’a pas fait mille fois pénitence pour son péché entre-temps ?

Combien de saints, même reconnus par les papistes, ont commis de graves péchés dans leur vie, dont ils se sont repentis ensuite ? L’apôtre Pierre n’a t-il pas renié le Christ et ensuite pleuré amèrement son péché ? Le roi David a séduit la femme d’Uri, et en plus fait ensuite tuer Uri pour cacher son péché. Pourtant Dieu appelle David son «bien-aimé» après son repentir. Saint Jacques le Perse a renié le christianisme, s’est repenti ensuite, et a fini sa vie comme martyr; pour ne nommer que ces trois saints. Combien de saints ont vécu dans de grands péchés avant leur conversion, et se sont sanctifiés ensuite; le vénérable Augustin, par exemple, ou Marie l’Égyptienne ?

Je ne juge pas de la «sainteté» de ce prêtre qui était très connu dans ma jeunesse pour ses œuvres charitables. Ce que je trouve étrange, c’est la procédure du Vatican qui rechigne à cause des péchés de jeunesse de ce prêtre.

De plus, les canons exigent qu’un membre du clergé soit jugé sur le témoignage d’au moins deux témoins sérieux.

Ce que l’on reproche à Werenfried c’est : «une tentative de viol, un excès dans sa conduite, des écarts dans l’administration, et une tendance fascistoïde.»

Bon, pour une canonisation, le Vatican a son avocat du diable, qui fait bien son travail en ce cas-ci.


a. Cassien


lundi 1 février 2021

EXPLICATION DU PSAUME 130



Le psaume 130 (selon l’hébreu 131) est très court, mais n’est pourtant pas facile à interpréter. Je soulèverai les difficultés sans prétendre les résoudre.

Passons : «Cantique des degrés !» Selon la Septante, le titre est : «Sentiment d'humilité des captifs de Babylone; leur espérance.» Selon la traduction de l’hébreu, il est indiqué «De David.» Comment David a t-il pu en être l’auteur, n’ayant jamais été en captivité à Babylone ?

Le premier verset dit : « Seigneur, mon coeur ne s'est point enorgueilli, et mes yeux ne se sont point élevés; je n'ai point cheminé dans les grandeurs ni en des merveilles au-dessus de moi.» La Septante – qui date de bien avant le Christ – et la traduction de l’hébreu – qui date de quelques siècles après le Christ – s’accordent sur ce verset.

La contradiction vient après. Le second verset, selon la Septante dit : «Si je n'ai point eu d'humbles sentiments, si j'ai trop élevé mon âme, rétribue mon âme comme un enfant privé du lait de sa mère.» Qui n’a pas vu un bébé affamé qui pleure, cherchant à être allaité ? L’hébreu : «Loin de là, j’ai l’âme calme et tranquille, comme un enfant sevré qui est auprès de sa mère; j’ai l’âme comme un enfant sevré.»

Selon la version orthodoxe, c’est-à-dire la Septante, il est dit : «Si je n'ai point eu d'humbles sentiments,  … rétribue …» L’hébreu : «Loin de là, j’ai l’âme calme …» Donc deux sens bien différents. Pourquoi les juifs ont changé le sens pendant ces siècles d’intervalle ? Une énigme que sait résoudre celui qui a compris pourquoi les hébreux sont devenu des juifs. 

Tant qu’un tapis est à l’envers, on ne voit pas clairement son dessin, tout est contradictoire. Une fois mis à l’endroit, et vu de l’autre côté, du côté de Dieu, tout trouve son sens et s’éclaircit. Donc à nous de nous convertir du côté de Dieu, afin que tout se calme en nous dans la paix.

Le troisième verset dit bien : «Qu'Israël espère dans le Seigneur, maintenant et dans les siècles des siècles.» En mettant notre espérance dans le Seigneur, en mettant notre destin entre ses mains, – au lieu de chercher à réaliser à tout prix, nos projets, – tout va se résoudre pour le mieux. 


a. Cassien

lundi 18 janvier 2021

THÉOPHANIE

 Le bulletin 185 vient de sortir avec les vœux de la Théophanie.

a. Cassien



mardi 5 janvier 2021

Nativité du Sauveur

 Plaise à Dieu, nous célébrerons la Nativité du Sauveur à la chapelle de sainte Marie Madeleine à Mirabeau.


Un nouveau bulletin vient de sortir : 184




A tous je souhaite une fête dans la joie et la paix que Dieu seul peut donner !

Vôtre,

a. Cassien