mardi 24 août 2021

AFRIQUE

 Plaise à Dieu, je partirai demain le 12 (25) août pour trois semaines en Afrique. Pendant ce temps, nos "bureaux" seront fermés ici  à Clara. Pas de téléphone, juste peut-être des émails. 

vôtre a. Cassien

samedi 17 juillet 2021

HOMÉLIE SUR LE CENTURION

 «En ce temps-là, comme Jésus entrait à Capharnaüm, un centurion vint le trouver et lui fit cette prière : Seigneur, j'ai à la maison un serviteur atteint de paralysie, et il souffre beaucoup. Jésus lui dit : Je vais aller le guérir. Le centurion répondit : Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Car moi, qui ne suis qu'un subalterne, j'ai sous moi des soldats, et je dis à l'un : Va ! et il va, à un autre : Viens ! et il vient, et à mon serviteur : Fais ceci ! et il le fait. A ces mots, Jésus fut dans l'admiration et il dit aux assistants : En vérité je vous le dis, chez personne en Israël je n'ai trouvé pareille foi. Aussi, je vous le dis, beaucoup viendront de l'orient et de l'occident et prendront place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume des cieux, tandis que les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Puis il dit au centurion : Va, et qu'il t'advienne selon ta foi ! Et sur l'heure le serviteur fut guéri.» (Mt 8,5-13)



Voici quelques mots sur l’évangile d’aujourd’hui, le quatrième dimanche de Matthieu.

L’évangéliste Matthieu dit simplement : «un centurion vint le trouver et lui fit cette prière.» Luc par contre est plus explicite : «Ayant entendu parler de Jésus, il lui envoya quelques anciens des Juifs, pour le prier de venir guérir son serviteur. Ils arrivèrent auprès de Jésus, et lui adressèrent d’instantes supplications, disant : Il mérite que tu lui accordes cela; car il aime notre nation, et c’est lui qui a bâti notre synagogue. Jésus, étant allé avec eux, n’était guère éloigné de la maison, quand le centenier envoya des amis pour lui dire : Seigneur, ne prends pas tant de peine; car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit.» (Luc 7,3-6)

Ces deux récits semblent être en désaccord, ce qui ne peut se résoudre que si l’on admet qu’il y a trois étapes : d’abord Jésus fut abordé par des anciens des Juifs, et en s’approchant de la maison, le centurion envoya des amis pour lui dirent : «Seigneur, ne prends pas tant de peine …» Mais finalement le Seigneur continua quand même son chemin en se dirigeant vers la maison et c’est finalement le centurion qui lui-même parla : «C’est aussi pour cela que je ne me suis pas cru digne d’aller en personne vers toi.»

Par contre Matthieu raconte ce que Luc omet : «En vérité je vous le dis, chez personne en Israël je n'ai trouvé pareille foi. Aussi, je vous le dis, beaucoup viendront de l'orient et de l'occident et prendront place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume des cieux, tandis que les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures, où il y aura des pleurs et des grincements de dents.»

Il est connu que lors de tout événement, chaque témoin le raconte à sa manière et que chacun développe plus en détail ce qui lui semble plus important. Par conséquent, les deux évangélistes se complètent et ne se contredisent nullement.

Un détail : Le centenier avait cent soldats sous ses ordres et il servait dans l’armée romaine qui occupait Israël.

Ce que les deux évangélistes relatent pareillement me semble le plus important : «…dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri !» C’est cette foi du le centenier qu’admira même le Christ et qui lui fit dire : «En vérité je vous le dis, chez personne en Israël je n'ai trouvé pareille foi.» Luc dit : «Je vous le dis, même en Israël je n’ai pas trouvé une aussi grande foi.»

Saint Ambroise explique : «Si vous lisez : Je n’ai trouvé chez personne autant de foi dans Israël, le sens est simple et facile, mais si vous lisez selon le texte grec : Je n’ai pas trouvé une si grande foi, même dans Israël, la foi de cet homme est mise au-dessus même des élus et de ceux qui voient Dieu.»

Pourquoi l’admiration du Sauveur qui sait tout ? Bède le Vénérable dit : «Si donc le Seigneur se laisse aller à l’admiration, c’est pour nous faire partager le même sentiment, car toutes ces émotions de l’âme, lorsqu’on les attribue à Dieu, ne sont point un signe de trouble intérieur, mais une leçon salutaire qu’il nous donne.»

«De retour à la maison, les gens envoyés par le centenier trouvèrent guéri le serviteur qui avait été malade,» conclut Luc. Cela suppose que le centenier s’approcha de Jésus, qui était encore en chemin, – pour lui parler. Matthieu dit : «Va, et qu'il t'advienne selon ta foi !» «Va», cela veut dire : retourne dans ta maison.

«Et sur l'heure le serviteur fut guéri.» C’est donc à distance que la guérison a eu lieu, sans que le Christ ait vu ou touché le serviteur. C’est cette foi admirable du centenier qui suppléa à la foi du serviteur, comme nous le voyons également dans la guérison du paralytique : «Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique : Mon enfant, tes péchés sont pardonnés.» (Mc 2,5) Il est dit : «leur foi,» donc celle «des gens qui vinrent à lui, amenant un paralytique porté par quatre hommes.» 




De ceux qui «viendront de l'orient et de l'occident et prendront place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume des cieux,» nous en parlerons une autre fois, si Dieu nous prête vie.


a. Cassien


mercredi 14 juillet 2021

LA TOUR À CONSTRUIRE

 


«Lequel de vous, s’il veut bâtir une tour, ne s’assied d’abord pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi la terminer, de peur qu’après avoir posé les fondements, il ne puisse l’achever, et que tous ceux qui le verront ne se mettent à le railler, en disant : Cet homme a commencé à bâtir, et il n’a pu achever ?» (Luc 14,28)


Ces paroles du Christ – relatées seulement par l’évangile de Luc – sont de prime abord faciles à comprendre; mais cherchons à approfondir un peu plus, car l’Évangile a toujours des sens cachés, des mystères. 

Pourquoi est-il question d’une tour et pas seulement d’une simple maison ? Une tour signifie la solidité et l’endurance. Elle sert pour observer et pour se protéger et non uniquement pour y habiter.

Il s’agit de construire avec un but précis. Notre vie terrestre n’est-elle pas visée avec cela, ou vivons nous uniquement au jour le jour, à manger, à boire et à dormir,  jusqu’à ce que la mort nous surprenne ? Ceux qui n’ont pas la foi vivent ainsi, sans but précis, mais pour un croyant, cette vie-ci n’est qu’une préparation pour l’autre vie – la vraie vie. Donc il s’agit de construire cette «tour» qui symbolise la vie éternelle. 

Si le Seigneur parle d’une tour, il ne parle pas d’une tour en pierres, bien sûr, pas plus que lorsqu’il est écrit dans la loi de Moïse : «Tu n’emmuselleras point le boeuf quand il foule le grain. Dieu se met-il en peine des boeufs, ou parle-t-il uniquement à cause de nous ? Oui, c’est à cause de nous qu’il a été écrit que celui qui laboure doit labourer avec espérance, et celui qui foule le grain fouler avec l’espérance d’y avoir part.» (I Cor 9,9-10)

Il est également question de «calculer la dépense.» Calculer veut dire prévoir et ensuite économiser afin de réussir. Un peu plus bas le Christ dit de quoi il s’agit : «Quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple.» Il faut donc abandonner, renoncer à nos «richesses» terrestres pour réaliser cette «tour» éternelle !

Les «fondements» : À quoi cela servira t-il si l’on commence bien dans la vie spirituelle et qu’ensuite on se relâche et abandonne ? Qui nous empêche de terminer la construction ? Notre volonté versatile étouffée par nos passions, dont parle la parabole des semences, dont une partie tombe sur le sol aride, l’autre dans les ronces etc. 

Le jeune homme riche de l’évangile possédait beaucoup de richesses mais ce ne sont pas ces richesses-là qui faisaient obstacle mais l’attachement passionné. Il mettait ces richesses au-dessus de la vraie richesse – l’amour de Dieu, en lequel consiste la vie éternelle. 

On ne peut pas servir Dieu et Mamon, comme disait l’évangile de dimanche passé : «Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un, et aimera l’autre; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon.» (Mt 6,24) Mamon c’est le dieu de l’argent, de cette richesse pernicieuse qui nous perd. D’ailleurs tout l’Évangile tourne autour de ces deux réalités : la vie viciée et la vie éternelle. Il faut renoncer au première pour acquérir la seconde !

Il n’est pas seulement question des richesses matérielles, certes, mais psychiques, spirituelles, comme l’ambition, la gloire etc.

Pour construire cette tour, il faut prévoir, renoncer, économiser; de même pour la vie éternelle il faut thésauriser, calculer, se priver en d’autres termes.  

Qui va nous «railler» si nous ne réussissons pas ? N’est-ce pas le malin, qui n’est autre que ce dieu Mamon ?

L’évangile termine – et moi de même – : «Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.»


a. Cassien 

dimanche 4 juillet 2021

Dormition de soeur Paula

 Notre sœur Paula vient de partir pour l'autre vie, après avoir porté une croix lourde (parkinson).

Mémoire éternelle ! 

 Là voici sur un photo ancien :




mardi 29 juin 2021

MISSION EN MARTINIQUE

 Je reviens de Martinique, où étais quelques jours afin d’y aider la mission naissante. On a pu célébré deux dimanches de suite la divine liturgie et il y a eu trois baptêmes.

Me voici avec les baptisées.



Pour le 2 e dimanche de Matthieu 21 juin (4/7) une liturgie est prévue à Mirabeau.


Pour le 3 e dimanche de Matthieu 28 juin (11/7), plaise à Dieu il y aura une liturgie en Suisse.


Bon carême des apôtres !


vôtre a. Cassien

samedi 29 mai 2021

HOMÉLIE POUR LE DIMANCHE DE LA SAMARITAINE

 Cet évangile, que nous entendons chaque année, à la même époque, fut maintes fois commenté et expliqué. Moi-même je l’avais déjà fait dans le bulletin n° 142. Sans vouloir répéter ce que j’ai déjà écrit, ni plagier d’autres, allons méditer sur cet épisode qui est un trésor inépuisable, comme tout l’évangile.

Seul l’évangéliste Jean en parle, ayant écrit son évangile en dernier afin de compléter les évangélistes synoptiques, c’est-à-dire ceux de Matthieu, Marc et Luc (Synoptique veut dire : ayant les mêmes regards sur un événement, tout en s’exprimant chacun à sa manière).

«Il quitta la Judée, et retourna en Galilée. Comme il fallait qu’il passât par la Samarie,» dit l’évangile. (Jn 4,3-4) Le chemin pour aller de Judée en Galilée passait inévitablement par la Samarie. Pendant les trois ans de son ministère, Jésus parcourut sans cesse ces deux contrées pour évangéliser les juifs. Sa mission n’était pas de prêcher aux non-juifs, ce qui était réservé à ses disciples. «Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël,» disait-t-il. (Mt 15,24) Ce n’était qu’exceptionnellement qu’il prêchait aux autres ou les guérissait.

Là, au puits de Jacob, – lieu historique qui remontait au patriarche Jacob – il s’assit fatigué du chemin parcouru et de la chaleur du midi. «C’était environ la sixième heure,» donc vers midi. En tant qu’homme, Jésus avait faim et soif et se fatiguait.

Une femme samaritaine vient alors puiser de l’eau – tâche réservée aux femmes et aux enfants. Les hommes ne le faisaient qu’exceptionnellement comme on le voit ailleurs dans l’évangile : «Vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau.» (Mt 14,13 et Luc 22,10) Si cela avait été une tâche commune aux hommes, les disciples auraient rencontré d’autres hommes portant de l’eau, mais alors lequel aurait été le bon indiqué par le Christ ?

Ce n’était pourtant pas tellement la soif qui incita le Messie à demander de l’eau, – c’était plutôt un prétexte – mais l’intention de sauver cette femme pécheresse. Elle avait eu cinq maris, ce qui était toléré par la Loi de Moïse, mais le sixième n’était pas son mari, car considéré comme une transgression de la Loi.   

Il parla donc à cette femme bien que les juifs n’avaient pas de relations avec les samaritains, les considérant comme hérétiques. Pour les purs, pourtant, tout est pur, comme dit l’Écriture : «Tout est pur pour ceux qui sont purs; mais rien n’est pur pour ceux qui sont souillés et incrédules.» (Tite 1,15) Les disciples, encore imparfaits, s’étonnèrent de le voir parler à une femme (samaritaine). «Ils étaient surpris de le voir parler à une femme.»

Quand le Christ lui révéla ce qui était caché, ses yeux spirituels s’ouvrirent, ne songeant auparavant qu’à des choses terre à terre : Comment peut-t-il parler à elle, une samaritaine ? Comment peut-il puiser de l’eau, n’ayant pas de cruche ? Comment peut-il donner une eau qui étanche la soif pour toujours etc. ? «Seigneur, je vois que tu es prophète,» dit-elle, et plus tard même, elle entrevit qu’il était le Messie que les samaritains attendaient aussi. «Ne serait-ce point le Christ ?» 

Est-ce que le Seigneur a bu finalement l’eau et mangé avec ses disciples ? L’évangile n’en dit rien. Des questions futiles qui ne servent à rien pour notre salut – juste à satisfaire notre curiosité. Le Christ parla de l’eau vive, qui étanche la soif pour toujours et qui jaillit dans la vie éternelle. Quelle est cette eau vive ? C’est cela qu’il est important de chercher à savoir, bien sûr pas seulement de savoir, mais d’en trouver et d’en boire. On sait abstraitement que c’est la grâce de l’Esprit saint qui vivifie, mais ayant tourné nos yeux vers le bas, comme cette samaritaine, on n’y songe que rarement et l’on s’en occupe peu. Que le Christ ouvre donc aussi nos yeux spirituels, et que nous devenions saint comme la samaritaine qui est devenue sainte Photinie.


a. Cassien




«Lorsque l'homme s'est désaltéré dans les jouissances charnelles, sa soif sera-t-elle apaisée pour toujours ? Il est donc vrai que celui qui boira de cette eau aura encore soif. Mais s'il boit de l'eau que je donne, il n'aura jamais soif; car comment ceux qui seront enivrés de l'abondance de la maison de Dieu (cf.Ps 35), pourraient-ils encore éprouver le besoin de la soif ? Ce que le Sauveur promettait donc à cette femme, c'était l'effusion surabondante de l'Esprit saint qui devait rassasier son âme.» 

(vénérable Augustin, traité 15)


mercredi 12 mai 2021

LE CHEMIN ET LA PORTE DU SALUT

 «Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent.» (Mt 7,13-14)


Il est question dans ce passage de l’évangile de deux portes et de deux chemins. Cette réalité exprimée par les portes et les chemins est la même que celle exprimée par les vaches et les épis des songes de Pharaon que le prophète Daniel interpréta. «Si Pharaon a vu le songe se répéter une seconde fois, c’est que la chose est arrêtée de la part de Dieu, et que Dieu se hâtera de l’exécuter.» (Gen 41,32)

Pourquoi une porte par où il faut entrer ? Le salut ne nous est pas donné automatiquement mais il y a un choix à faire qui dépend de notre libre arbitre. Cette porte resta fermée aux cinq vierges folles qui n’avaient pas préparé leurs lampes pour entrer dans la salle de noces (cf. Mt 25,1-13) Il est question aussi d’une porte que les gens de Sodome ne trouvèrent pas (cf. Gen 19,1-11) car «les gens de Sodome étaient méchants, et de grands pécheurs contre le Seigneur.» (Ge 13,13)

Il y a un chemin à parcourir dans cette vie pour arriver à la vie éternelle. Il ne s’agit pas seulement de manger, de boire, de dormir etc., – comme les bêtes, dont la vie se termine avec les mort, – mais d’œuvrer à notre salut, sinon le Seigneur nous dira : «Je ne sais d’où vous êtes. Alors vous vous mettrez à dire : Nous avons mangé et bu devant toi, et tu as enseigné dans nos rues. Et il répondra : Je vous le dis, je ne sais d’où vous êtes; retirez-vous de moi, vous tous, ouvriers d’iniquité.»  (Luc 13,25-27) L’évangéliste Matthieu dit : «Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux.» (Mt 7,22) La foi en Dieu seul ne suffit pas mais nos œuvres doivent y correspondre. «Tu crois qu’il y a un seul Dieu, tu fais bien; les démons le croient aussi, et ils tremblent. Veux-tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les oeuvres est inutile ?» dit l’apôtre Jacques, (2,19-20) et plus loin : «Comme le corps sans âme est mort, de même la foi sans les œuvres est morte.» (2,26)

Pourquoi est-t-il écrit que la porte est étroite et le chemin resserré ? Tout simplement pour exprimer qu’un effort nous est demandé pour sauver nos âmes. Par contre, large est la porte et spacieux le chemin qui mènent à la perdition, car descendre la pente du péché se fait tout seul.

C’est donc plutôt une sente qu’un chemin à parcourir pour aller vers la vie éternelle. Cette sente nous semble impossible mais c’est bien l’impossibilité qui en est le chemin; pourtant comme dirait le psalmiste : «Avec mon Dieu, je franchis la muraille.»

«Notre Seigneur tient un langage distinct en parlant de ces deux voies. Il dit qu’il en est beaucoup qui marchent par la voie large, et qu’il en est peu qui trouvent la voie étroite. En effet, nous ne cherchons pas la voie large, et nous n’avons aucune peine à la trouver; elle se présente d’elle-même, et c’est le chemin de ceux qui s’égarent. Tous au contraire ne trouvent pas la voie qui est étroite, et ne la suivent pas aussitôt qu’ils l’ont trouvée, car il en est beaucoup qui après avoir trouvé la voie de la vérité, se laissent séduire par les voluptés de la terre, et reviennent sur leurs pas alors qu’ils étaient au milieu de leur course.» (saint Jérôme)

Il est question aussi que peu se sauvent et beaucoup se perdent, ce qui choque et répugne nos raisonnements. Nous avons plutôt tendance à pencher vers l’apocatastasis, qui prétend que tout sera restauré et que tous seront sauvés à la fin. Les écrits d’Origène, – qui soutiennent cette croyance, – furent condamnés comme hérétiques. Qui sera condamné et qui sera sauvé, Dieu seul en jugera, mais la possibilité de refuser le salut nous est donnée, et beaucoup refusent le salut, hélas, comme dit clairement l’évangile.

Terminons cette explication avec des paroles de saint Jean Chrysostome : «Mais comment le Sauveur qui bientôt nous dira : Mon joug est doux, et mon fardeau léger, peut-il appeler étroite et resserrée la voie qui conduit au ciel ? Pour comprendre cette douceur et cette suavité, il faut remarquer que notre Seigneur parle ici d’une voie et d’une porte, que ce qu’il appelle large et spacieux est aussi une voie et une porte. Ni l’une ni l’autre ne doivent toujours durer, et elles ne sont que passagères. Or la pensée qu’on ne fait que passer par les travaux et les peines pour arriver au bonheur, c’est-à-dire à la vie éternelle, ne suffit-elle pas pour adoucir toutes les souffrances de la vie ? Car si l’espérance seule d’une récompense périssable rend les tempêtes légères au matelot, et les blessures douces au combattant, à plus forte raison la vue du ciel qui nous est ouvert, et ses récompenses immortelles doivent-ils nous faire oublier les dangers qui nous menacent. D’ailleurs notre Seigneur n’appelle cette voie «étroite» que pour la rendre plus douce; par là, en effet, il nous avertit d’être sur nos gardes, et il dirige nos désirs vers le but qu’il nous propose. N’est-il pas vrai que celui qui combat dans l’arène puise un nouveau courage quand il voit son souverain admirer ses généreux efforts ? Ne nous laissons donc pas abattre sous le poids des afflictions qui viendront fondre sur nous : la voie est étroite, mais non pas la cité. Ne cherchons pas le repos ici-bas, et ne redoutons pas de tribulations dans l’autre vie. En ajoutant : Car il y en a peu qui la trouvent, notre Seigneur fait allusion à la lâcheté d’un trop grand nombre, et il nous avertit de fixer nos regards non pas sur la prospérité de la multitude, mais sur les travaux du petit nombre.» (homélie 24 sur saint Matthieu)


a. Cassien


mardi 4 mai 2021

PÂQUE 2021

 Christ est ressuscité !

vôtre en Christ,

a. Cassien





dimanche 18 avril 2021

LES FRERES DE JESUS

     Par où commencer et comment conclure concernant les frères et sœurs de Jésus ?     Expliquons d’abord la croyance orthodoxe. La sainte Vierge Marie fut fiancée (non mariée !) à Joseph, car autrefois, en Israël c’était un opprobre pour une fille de rester célibataire et de ne pas se marier. Donc Joseph, déjà âgé, fut choisi par les grands-prêtres pour la prendre sous sa protection. Il était veuf et avait cinq fils et trois filles du premier mariage; ses fils s’appelaient : Juste, Simon, Jude et Jacques. L'une de ses deux filles avait le nom d'Asia. Il y a aussi un autre Jacques, fils d'Alphée, qui est un cousin de Jésus. Il y a aussi Jacques, le fils de Joseph – et donc le demi-frère de Jésus – qui est celui qui fut plus tard le premier évêque de Jérusalem et que la Tradition appelle le «frère de Dieu». Quand il est dit : «La mère et les frères de Jésus vinrent le trouver,» (Lc 8,19) il est donc question des enfants de Joseph. Voici ce qu’en dit la sainte Tradition qui complète la Bible.

    Dans le langage de la sainte Ecriture, les mots et expressions n’ont pas toujours le même sens que dans nos langages modernes, dans lesquels le mot «frère» signifie qu’il est sorti de la même matrice. Frère peut être un demi-frère, un frère de lait, un frère adoptif, etc. En Afrique, je constate cela souvent. Si quelqu’un dit «c’est mon frère», cela peut être simplement quelqu’un du même village.

Il est écrit de Ruth «elle le suivit en silence et elle leva ce qui couvrait ses pieds.» (Ruth 3,7) Cela veut dire, dans notre langage actuel, qu’elle a couché avec Boos, son parent. Parfois il est dit dans la Bible qu’il a connu une femme. Cela veut dire qu’il a couché avec elle et non pas qu’il l’a connu intellectuellement. Par exemple dans : «Voici, j’ai deux filles qui n’ont point connu d’homme.» (Gen 19,8) Ou : «qui a connu la couche d’un homme.» (Judith 21,11)

Isaïe dit : «C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe. Voici, la vierge deviendra enceinte, elle enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d’Emmanuel.» (Is 7,14) Grammaticalement on peut traduire «vierge» ou «jeune fille». Le mot hébreu peut dire soit l’un, soit l’autre. Marie était une jeune fille mais également vierge. Sur les icônes on peint trois étoiles sur la robe de la Toute-Sainte pour symboliser qu’elle est vierge, avant, pendant et après l’enfantement. Théologiquement, il faut donc traduire par «vierge», et non simplement «jeune fille» comme le font les «évangélistes» qui ne croient pas à la virginité de Marie. 

D’ailleurs, les protestants, ou, si on veut, les évangélistes, rejettent certains écrits de la Bible, pensant que de sont les papistes qui les ont introduits. Ils se sont fiés aux écrits juifs d’après le Christ, où ces textes ne figurent plus, car ils stigmatisaient trop ce qui se rapporte au Messie, qu’ils ont rejeté également. Cela entre parenthèse. Revenons à nos moutons.

S’il est dit de Joseph : «Mais il ne la connut point jusqu’à ce qu’elle eût enfanté un fils,» (Mt 2,25) cela ne veut pas dire qu’il l’a connue après l’enfantement, mais uniquement qu’il ne l’a pas connue avant l’enfantement. Le prophète Michée dit : «C’est pourquoi il les livrera jusqu’au temps où enfantera celle qui doit enfanter.» (Mich 5,3) Qu’il ne les livrera plus après cet enfantement à la punition, explique bien la suite : «Et le reste de ses frères reviendra auprès des enfants d’Israël.» Si je dis de ne pas faire ceci ou cela, avant le coucher du soleil, cela ne veut pas nécessairement dire que je le ferai après. 

Saint Jérôme dit : «On ne peut donc pas conclure qu’ils se soient unis plus tard, car l’Écriture sainte se contente de dire ce qui n’est pas arrivé.»

«Elle enfanta son fils premier-né,» dit l’évangéliste Luc (2,7) «Le premier engendré est dit premier-né : qu'il soit seul-engendré ou le premier parmi d'autres frères», dit saint Jean Damascène.

Que Joseph n’a pas connu Marie, c’est bien clair. D’abord, il n’était que fiancé avec elle, et autrefois, les fiancés n’avaient pas le droit de coucher ensemble. «Joseph, son époux, qui était un homme de bien et qui ne voulait pas la diffamer, se proposa de rompre secrètement avec elle.» (Mt 1,19) Pourquoi Joseph, un homme de bien, aurait-il répudié la Toute-Sainte s’il avait eu des rapports sexuels avec elle, étant en ce cas le vrai père du Christ ? Si Marie avait couché avec quelqu’un d’autre – quel blasphème ! – elle aurait commis la fornication et l’adultère. On l’aurait lapidée selon la Loi ! Il est bien dit : «car l’enfant qu’elle a conçu vient du saint Esprit,» et non d’un homme. (Mt 2,20)

Si Joseph avait été le père naturel de Jésus, alors celui-ci aurait subi les conséquences du péché originel qui se transmet par le rapport sexuel. Comment le Dieu par nature aurait-Il pu être l’esclave du Malin ? Il a bien démontré, en allant aux enfers, et en brisant ses portes, en libérant les captifs, qu’il est le Tout-Puissant qui a vaincu la mort et le péché.

Saint Jean Chrysostome (sur saint Matthieu) : «Cela s’est fait pour que le Christ ne dût pas sa naissance aux inclinations de la chair et du sang, lui qui venait détruire l’empire de la chair et du sang.»

Saint Augustin. (Du mariage et de la concupisc. liv. 1, chap. 12) «Il n’y eut point ici de relation conjugale, parce qu’elle ne pouvait avoir lieu dans une chair de péché sans être accompagnée de la concupiscence de la chair qui vient du péché. Celui qui devait être sans péché voulut être conçu en dehors de la concupiscence, pour nous apprendre que toute chair qui naît de l’union de l’homme et de la femme est une chair de péché, puisque la seule chair exempte de cette origine est la seule qui n’eût pas été une chair de péché.»

La Bible ne contient qu’une partie des événements qui ont eu lieu, et l’apôtre Jean dit bien : «Jésus a fait encore beaucoup d’autres choses; si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde même pût contenir les livres qu’on écrirait.» (Jn 21,25) Si l'Écriture ne dit pas tout, à plus fort raison ma médiocrité reste limitée dans ce que je peux dire sur ce sujet. D’ailleurs j’avais déjà écrit sur ce sujet dans le bulletin n° 17.

Prendre simplement la Bible et vouloir l’expliquer et la comprendre sans plus de connaissance et d’expérience, ce serait comme prendre un livre technique d’aviation par exemple, et penser qu’on peut piloter un avion immédiatement après l’avoir lu. Ne serait-ce qu’en ce qui concerne le vocabulaire technique, il diffère souvent avec le vocabulaire de la vie courante. Avoir passé l’épreuve théorique du permis de conduire n’est pas suffisant pour conduire une voiture, il faut aussi la pratique.

L’Écriture sainte ne se comprend bien que dans la sainte Tradition, qui en est la clé, après le baptême dans l’Église qui donne le saint Esprit, et de mieux en mieux lorsque nous avançons par la pratique dans la vie spirituelle.


A. Cassien


Voici le bulletin 187.

mardi 6 avril 2021

Annonciation

  A tous, une bonne fête de l’Annonciation !

vôtre a. Cassien



«Si l'archange Gabriel t'a adressé le salut et que par cette parole tu as été remplie de joie, parce que tu as reçu la joie du monde, comment, moi, impur, oserai-je te saluer, toi, plus digne que les chérubins, incomparablement plus glorieuse que les séraphins, toi qui, sans souillure, as mis au monde le Verbe de Dieu ! Quoique je sois impur, je ne me tairai pas. Je te salue, toi, ma louange, mon espérance, mon refuge, ma force; tour puissante contre l'ennemi, j'habiterai sous ta protection, car le pauvre s'abandonne à toi et tu es mon chant de louange pour toujours. Bien que je sois devenu pour les ennemis comme un prodige, toi, tu es mon aide puissante. Aussi, remplis ma bouche de ta louange, afin que j'exalte ta gloire pendant les quelques jours de ma vie, car ton nom très saint a été glorifié par le Père, le Fils et le saint Esprit.» 

saint Cyrille le Philéote (chap. 45)



dimanche 7 mars 2021

L’OBOLE DE LA VEUVE

 «Jésus, s’étant assis vis-à-vis du trésor, regardait comment la foule y mettait de l’argent. Plusieurs riches mettaient beaucoup. Il vint aussi une pauvre veuve, elle y mit deux petites pièces, faisant un quart d’as. Alors Jésus, ayant appelé ses disciples, leur dit : Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a donné plus qu’aucun de ceux qui ont mis dans le tronc;  car tous ont mis de leur superflu, mais elle a mis de son indigence, tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre.» (Mc 12,41-44, voir Luc 21,1-4)




L’évangéliste Luc commence le chapitre 20 : «Un de ces jours-là, comme Jésus enseignait le peuple dans le temple.» Cela se passait après avoir chassé les vendeurs du Temple et peu avant sa passion. Après avoir vivement fait des reproches aux Pharisiens et aux scribes, qui ne cherchaient qu’à satisfaire leurs ambitions, Jésus «leva les yeux,» dit Luc, et il vit cette pauvre veuve. Elle n’avait plus d’ambitions, ayant perdu son mari, et n’ayant peut-être même pas eu d’enfants. Elle ne faisait juste que survivre. Elle avait certainement entendu les paroles que le Christ adressait au peuple et ces paroles étaient tombées sur la bonne terre et portaient des fruits. Elle donna tout ce qu’elle avait, deux petites pièces (lepta en grec. On pourrait dire en français : centimes). C’était peu, mais Dieu pèse les intentions bien plus que l'objet même de nos offrandes, il considère moins la matière de notre sacrifice que la disposition généreuse de celui qui l’offre. Saint Jean Chrysostome dit : «Ce n’est pas la modicité de l’offrande, mais la richesse du coeur que Dieu considère ici.» (hom 1, sur l’Epit. aux Hebr.)

Matthieu ne relate pas cet épisode dans son évangile. Peut-être lui rappelait-elle trop ses péchés, du temps où il était encore publicain ?

Elle mit son offrande dans le trésor. «Le mot grec φυλάξαι veut dire conserver, et le mot persan gaza signifie richesse; de là le nom de gazophylacium donné à l'endroit où l'on conserve l'argent. Ce nom était également donné au tronc où l'on déposait les dons faits par le peuple pour les usages du temple.» Bède le Vénérable.

«Plusieurs riches mettaient beaucoup.» Ce beaucoup était de leur superflu, dit l’évangile. Le superflu, dont on n’a pas besoin, ne pèse pas grand chose au yeux du Seigneur. On ne peut pas s’en servir, comme celui qui donne, en aumône ou en héritage, son avoir juste avant de mourir. Il ne peut rien emporter dans l’autre vie de toute façon. Qu’il le veuille ou non, il doit l’abandonner.

Pour revenir à la valeur de notre sacrifice : C’est l’effort, la peine, que cela nous coûte, et non le don en lui-même. Cela est valable pour le jeûne, la prière, etc. L’un peut jeûner strictement et ne manger qu’une fois par jour en carême, et cela sans grand effort. L’autre peine, tout en mangeant plusieurs fois dans la journée. Le premier ressemble plutôt aux riches, qui avaient tout en abondance, et le second à cette pauvre veuve, qui dans son indigence, donnait tout. 

La quintessence, dans d’autres termes, le jus ou la sève, de cette histoire. Dieu n’a pas besoin de notre offrande, étant la richesse même, mais c’est la pureté de l’intention qu’il apprécie. 

Pour finir : Faisons des efforts selon nos moyens, lors du Grand Carême qui s’approche, afin de fêter «cette belle et lumineuse fête» de Pâque, et entendre les paroles du grand Chrysostome : «Que celui qui s’est fatigué à jeûner reçoive maintenant son denier ! … Entrez donc tous dans la joie de votre Maître.»

Voilà quelques pauvres mots, mon obole, n’ayant pas plus à donner.


a. Cassien


jeudi 4 mars 2021

CULTIVER ET GARDER

  «Le Seigneur-Dieu prit l’homme, et le plaça dans le jardin d’Eden pour le cultiver et pour le garder.» (Gn 2,15) Selon ces 

paroles, Adam n’était pas destiné à l’oisiveté. Sa tâche était de s’occuper du jardin d’Eden, et de garder le commandement de Dieu, de ne pas manger de l’arbre défendu. Donc une occupation matérielle et spirituelle à la fois. Cultiver et garder le    paradis fut, avant la chute, une tâche de loisir, mais ensuite cela devint, à cause du péché, laborieux : «C’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie, il te produira des épines et des ronces, et tu mangeras de l’herbe des champs. C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière.» (Gen 3,17-19) 

« Et lorsque la peine de cet égarement vient la frapper, elle voit par expérience combien diffère le bien qu'elle a délaissé du mal où elle est tombée.» vénérable Augustin (de la genèse, chap. 9)

Une fois chassés du paradis les protoplastes devraient donc se procurer de la nourriture – «Dieu le chassa du jardin d’Eden, pour qu’il cultivât la terre,» –  en peinant et leurs progénitures également cela jusqu’à la fin du monde. «Abel fut berger, et Caïn fut laboureur.» (Gen 4,2) Cette malédiction pose donc sur nous.


Plus tard, on voit que «Noé commença à cultiver la terre, et planta de la vigne.» (Gen 9,20)

Les pères interprètent spirituellement ce passage : cultiver et garder, en l’appliquant à notre âme, qu’il faut défricher d’abord les ronces et les épines, – qui signifient les péchés, – ensuite cultiver avec des vertus et garder de l’ennemi, qui cherche à la dévaster comme autrefois dans le paradis.

Le jeûne, que l’Église nous demande, surtout lors du Grand Carême, n’est autre que le rétablissement de l’état paradisiaque.

«Il est bien plus vrai que le jeûne va balayer de notre âme toute cette agitation qu'y entretiennent nos passions. Finie cette bataille de l'esprit et de la chair, finie cette rébellion de l'esclave contre le maître, un terme est mis, une bonne fois, à cette guerre livrée par notre corps.» saint Jean Chrysostome (première homélie sur la Genèse)


a. Cassien


vendredi 19 février 2021

HOMÉLIE POUR LE DIMANCHE DU PHARISIEN ET DU PUBLICAIN

 


«Puisque le devoir de «scruter les Écritures» est aussi l'un des préceptes du Seigneur, il faut absolument, même si notre intelligence se trouve en-deçà de la vérité et n'atteint pas à la grandeur de ces pensées, réussir au moins à ne pas paraître négliger le commandement du Seigneur en mettant autant d'ardeur que possible à étudier le texte. Aussi, scrutons l'écrit qui nous est proposé autant que nous en sommes capables.» saint Grégoire de Nysse (sur l’Écclesiaste)


Le triode, qui commence, nous prépare au grand Carême. Les trois dimanches – d’où le nom triode – sont comme des marches. Le premier dimanche, celui du pharisien et du publicain, nous enseigne dans quelle attitude nous devons nous convertir au Seigneur. Le second dimanche – celui du Fils prodigue – nous montre dans quelle déchéance nous sommes tombés. Le troisième dimanche – celui du Carnaval – indique quels fruit nous devons porter pour être sauvés.

Concentrons-nous maintenant un peu sur le dimanche du pharisien et du publicain. En deux mots, l’évangile nous explique que Dieu rejette la suffisance dans nos bonnes œuvres et désire par contre une attitude d’humilité, d’être conscient de nos péchés.

Le jeûne, la dîme etc. du pharisien ne sont pas mauvais en soi; cela nous est demandé par l’Église, surtout lors du Carême, mais la suffisance gâche tout. Les mauvaises actions du publicain étaient certes mauvaises, mais son humilité et son repentir les ont effacés et l’ont justifié, comme dit l’évangile. Le fait de juger les autres, – second défaut du pharisien – l’ont rendu odieux aux yeux du Seigneur.

«Deux hommes montèrent au Temple», ainsi débute cette parabole. Monter au Temple est l’image de notre cheminement vers Dieu, vers le salut.

Cet évangile n’est qu’une parabole, mais il stigmatise ce qui se passe souvent dans la vie des chrétiens. Le pharisien indique un rang élevé et le publicain celui de celui qui est méprisé. L’évangile parle plusieurs fois des publicains et des prostituées, qui furent méprisés par les autres, qui se croient justes, mais le Christ dit : «ils vous devanceront dans le royaume de Dieu.» (Mt 21,31) 

Pendant la semaine qui suit le dimanche du pharisien et du publicain, tout jeûne est aboli afin de nous montrer que le Sauveur prend «plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices.» (Mt 9,13) Et l’évangile continue : «Car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs.» Il s’agit des justes qui le sont à leurs propres yeux et se fient à leurs œuvres, et oublient ce que dit le prophète Isaïe : «Nous sommes tous comme des impurs, et toute notre justice est comme un vêtement souillé. Nous sommes tous flétris comme une feuille, et nos crimes nous emportent comme le vent.» (Is 64,6)

Terminons avec les paroles d’un père : «Ce n'est pas lorsque le discours coule d'abondance et s'écarte du sujet qu'il est admirable, mais lorsque, bref autant que riche en idées, complet dans sa concision, trouvant son souffle essentiellement dans le sujet, il montre une grande vivacité.» saint Isidore de Péluse (lettre à Grammaticos)


a. Cassien


Un nouveau bulletin est prêt : 186


vendredi 12 février 2021

L’AVOCAT DU DIABLE

  Je n’aime pas me mêler des affaires du Vatican, mais une fois n’est pas coutume.

Hier, j’ai lu un long article sur un prêtre «catholique» : Werenfried van Straaten, qui est décédé en 2003. Fort connu à son époque, il avait crée des œuvres caritatives qui existent encore dans le monde, l’Église en détresse et autres. Il est question de le reconnaître comme saint mais le Vatican renâcle. Une femme a témoigné que ce prêtre avait voulu la violer lorsqu’elle avait 20 ans. Je ne mets pas en doute son témoignage, mais prendre cet égarement du prêtre pour contrecarrer sa canonisation, ne tient pas debout. Qui sait s’il n’a pas fait mille fois pénitence pour son péché entre-temps ?

Combien de saints, même reconnus par les papistes, ont commis de graves péchés dans leur vie, dont ils se sont repentis ensuite ? L’apôtre Pierre n’a t-il pas renié le Christ et ensuite pleuré amèrement son péché ? Le roi David a séduit la femme d’Uri, et en plus fait ensuite tuer Uri pour cacher son péché. Pourtant Dieu appelle David son «bien-aimé» après son repentir. Saint Jacques le Perse a renié le christianisme, s’est repenti ensuite, et a fini sa vie comme martyr; pour ne nommer que ces trois saints. Combien de saints ont vécu dans de grands péchés avant leur conversion, et se sont sanctifiés ensuite; le vénérable Augustin, par exemple, ou Marie l’Égyptienne ?

Je ne juge pas de la «sainteté» de ce prêtre qui était très connu dans ma jeunesse pour ses œuvres charitables. Ce que je trouve étrange, c’est la procédure du Vatican qui rechigne à cause des péchés de jeunesse de ce prêtre.

De plus, les canons exigent qu’un membre du clergé soit jugé sur le témoignage d’au moins deux témoins sérieux.

Ce que l’on reproche à Werenfried c’est : «une tentative de viol, un excès dans sa conduite, des écarts dans l’administration, et une tendance fascistoïde.»

Bon, pour une canonisation, le Vatican a son avocat du diable, qui fait bien son travail en ce cas-ci.


a. Cassien


lundi 1 février 2021

EXPLICATION DU PSAUME 130



Le psaume 130 (selon l’hébreu 131) est très court, mais n’est pourtant pas facile à interpréter. Je soulèverai les difficultés sans prétendre les résoudre.

Passons : «Cantique des degrés !» Selon la Septante, le titre est : «Sentiment d'humilité des captifs de Babylone; leur espérance.» Selon la traduction de l’hébreu, il est indiqué «De David.» Comment David a t-il pu en être l’auteur, n’ayant jamais été en captivité à Babylone ?

Le premier verset dit : « Seigneur, mon coeur ne s'est point enorgueilli, et mes yeux ne se sont point élevés; je n'ai point cheminé dans les grandeurs ni en des merveilles au-dessus de moi.» La Septante – qui date de bien avant le Christ – et la traduction de l’hébreu – qui date de quelques siècles après le Christ – s’accordent sur ce verset.

La contradiction vient après. Le second verset, selon la Septante dit : «Si je n'ai point eu d'humbles sentiments, si j'ai trop élevé mon âme, rétribue mon âme comme un enfant privé du lait de sa mère.» Qui n’a pas vu un bébé affamé qui pleure, cherchant à être allaité ? L’hébreu : «Loin de là, j’ai l’âme calme et tranquille, comme un enfant sevré qui est auprès de sa mère; j’ai l’âme comme un enfant sevré.»

Selon la version orthodoxe, c’est-à-dire la Septante, il est dit : «Si je n'ai point eu d'humbles sentiments,  … rétribue …» L’hébreu : «Loin de là, j’ai l’âme calme …» Donc deux sens bien différents. Pourquoi les juifs ont changé le sens pendant ces siècles d’intervalle ? Une énigme que sait résoudre celui qui a compris pourquoi les hébreux sont devenu des juifs. 

Tant qu’un tapis est à l’envers, on ne voit pas clairement son dessin, tout est contradictoire. Une fois mis à l’endroit, et vu de l’autre côté, du côté de Dieu, tout trouve son sens et s’éclaircit. Donc à nous de nous convertir du côté de Dieu, afin que tout se calme en nous dans la paix.

Le troisième verset dit bien : «Qu'Israël espère dans le Seigneur, maintenant et dans les siècles des siècles.» En mettant notre espérance dans le Seigneur, en mettant notre destin entre ses mains, – au lieu de chercher à réaliser à tout prix, nos projets, – tout va se résoudre pour le mieux. 


a. Cassien

lundi 18 janvier 2021

THÉOPHANIE

 Le bulletin 185 vient de sortir avec les vœux de la Théophanie.

a. Cassien



mardi 5 janvier 2021

Nativité du Sauveur

 Plaise à Dieu, nous célébrerons la Nativité du Sauveur à la chapelle de sainte Marie Madeleine à Mirabeau.


Un nouveau bulletin vient de sortir : 184




A tous je souhaite une fête dans la joie et la paix que Dieu seul peut donner !

Vôtre,

a. Cassien