vendredi 6 janvier 2023

La Nativité de notre Sauveur

 Soleil de justice, tu t'es levé de la Vierge, ô Christ, et c'est une étoile qui t'a montré dans les limites de la grotte, toi l'Infini; elle guida les mages, pour qu'ils puissent t'adorer. Avec eux nous te magnifions, Source de vie, gloire à toi.

Tropaire des vêpres de la Nativité


A tous, une fête de la Nativité dans la paix et la joie du Sauveur,

que le monde ne peu donner, surtout à l'heure actuelle !


Vôtre

archimandrite Cassien

mercredi 21 décembre 2022

L’ÉVANGILE CONCERNANT LA FEMME COURBÉE

 «En ce temps-là, Jésus enseignait dans une synagogue le jour du sabbat. Or il y avait là une femme possédée depuis dix-huit ans d'un esprit qui la rendait infirme : elle était toute courbée et ne pouvait aucunement se redresser. Jésus, la voyant, l'interpella et lui dit : Femme, te voilà délivrée de ton infirmité ! Puis il lui imposa les mains; et à l'instant même elle se redressa et rendit gloire à Dieu. Mais le chef de la synagogue, indigné de ce que Jésus eût fait une guérison le jour du sabbat, prit la parole et dit à la foule : Il y a six jours pour travailler; venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du sabbat. – Hypocrite, lui dit Jésus, est-ce que chacun de vous ne délie pas de la crèche son bœuf ou son âne le jour du sabbat pour le mener à l'abreuvoir ? Et cette fille d'Abraham que Satan tenait enchaînée depuis dix-huit ans, ne fallait-il pas la délier de ses chaînes le jour du sabbat ? Comme il disait cela, tous ses adversaires étaient remplis de confusion, tandis que la foule entière était dans la joie de toutes les merveilles qu'il accomplissait.»  (Luc 13,10-17)


    Nous avons entendu le dimanche passé cet évangile, dont seul l’évangéliste Luc parle.

Selon la médecine allopathique, l’infirmité de cette femme se réduisait au niveau physique. Pourtant l’évangile indique clairement que la racine allait bien plus loin, – au niveau spirituel. Depuis la chute du paradis, la maladie et la mort ont fait leur apparition. Donc le péché en est la cause. Comme le sous-entendait Kent, un homéopathe renommé, disant que la mauvaise volonté et les mauvaises pensées sont à l’origine de nos infirmités. L’évangile dit clairement que c’est le malin qui avait causé cette infirmité à cette femme.

«C’est pour triompher de la corruption de la mort et de l’envie du démon, que le Verbe s’est incarné, les faits évangéliques nous en donnent la preuve : «Et voici qu’une femme, qui avait un esprit d’infirmité depuis dix-huit ans,» etc. L’Évangéliste dit : «Un esprit d’infirmité,» parce que les souffrances de cette femme venaient de la cruauté du démon; abandonnée qu’elle était de Dieu pour ses propres fautes, ou à cause de la transgression d’Adam qui a soumis le corps de l’homme aux infirmités et à la mort. Or, Dieu donne au démon ce pouvoir, afin que les hommes, accablés sous le poids de l’adversité, éprouvent le désir de s’élever à une condition meilleure. Saint Luc nous fait ensuite connaître quelle était l’infirmité de cette femme : «Elle était courbée et ne pouvait aucunement regarder en haut.» (saint Cyrille)

Donc, ne nous contentons pas d’inc nos maladies aux microbes, à l’allergie etc., mais soyons conscient que la première cause en est notre état spirituel délabré.

Un deuxième aspect de cet évangile est l’attitude du chef de la synagogue, qui mettait l’observation de la Loi au-dessus du salut de l’homme. Déjà le Christ avait bien dit que «le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat.» (Mc 3,27) En Matthieu, chapitre 12, le même problème se posa quand les disciples arrachèrent du blé le jour du sabbat. Jésus remit les pharisiens à leur place. Juste après, quelqu’un tenta le Christ, lui demandant : «Est-il permis de faire une guérison les jours de sabbat ?» (Mt 12,10) La réponse du Sauveur, – en expliquant pourquoi cela est permis, – fut : «Il est donc permis de faire du bien les jours de sabbat.»

Le Christ traita le chef de la synagogue d’hypocrite, car une chose était ce qu’il disait et une autre ce qu’il pensait dans son cœur.

Saint Cyrille explique ceci : «Le chef de la synagogue est traité d’hypocrite, parce qu’il délie ses animaux le jour du sabbat pour les faire boire, tandis que pour cette femme, fille d’Abraham, autant par la foi que par le sang, il ne croit pas qu’on doive briser les liens de son infirmité.»

Saint Jean Chrysostome, de son côté : «C’est donc, à juste titre, qu’il traite d’hypocrite le chef de la synagogue, qui sous l’apparence d’un zélé défenseur de la loi, cachait le coeur d’un homme fourbe et envieux, car ce qui l’émeut ce n’est point la violation du sabbat, mais la gloire que tous rendent à Jésus Christ.»

Encore saint Basile : «On appelle hypocrite celui qui joue sur un théâtre le rôle d’une personne étrangère, c’est ainsi que dans cette vie, quelques-uns ont dans le coeur des sentiments tout différents de ceux qu’ils affichent à l’extérieur devant les hommes.»

Ce n’est donc pas pour rien que «tous ses adversaires étaient remplis de confusion.» Ils avaient le même sentiment, la même hypocrisie dans leur cœur que ce chef de la synagogue.

Quelle leçon pouvons-nous tirer de cet évangile ?

D’abord, de nous adresser en premier lieu à Dieu, dans nos maladies et problèmes, car c’est Lui qui est le vrai médecin de nos âmes et de nos corps, et après aux secours humain.

Ensuite d’avoir le discernement quand il s’agit du salut de l’âme et des moyens pour y parvenir, lesquels ne doivent pas entraver mais aider à notre bien.

Et finalement, que nos paroles et nos sentiments soient en accord et ne se contredisent pas.

a. Cassien





lundi 19 décembre 2022

saint Nicolas

 Bonne fête de saint Nicolas !


Si on l'aurait pas le Chris comme Dieu, 

on mettrait saint Nicolas à sa place, disent les vieilles russes.



La dormition de saint Nicolas (monastère des philanthropes à Joannina)

Le bulletin 197 est prêt.


vôtre a. Cassien


vendredi 9 décembre 2022

Retour

 Mes chers, 

je suis du retour au foyer. 

En partant d'ici Marc Lavador fut baptisé.

Plaise à Dieu, la Nativité du Sauveur sera célébrée à Mirabeau

A. Cassien



mardi 11 octobre 2022

HOMÉLIE POUR LE DIMANCHE DES SAINTS PÈRES DU 7ÈME CONCILE ŒCUMÉNIQUE

    Dimanche prochain, nous commémorons les saints Pères du 7ème et dernier concile œcuménique. Cette commémoration tombe toujours un dimanche entre le 11 et le 17 octobre. D’abord quelques mots sur ce concile et ensuite sur l’évangile de ce dimanche.

Le 7ème concile œcuménique fut réuni à Nicée (province de Bytinie, en Asie Mineure) entre le 24 septembre et le 13 octobre 787, sous l'impulsion de l'impératrice Irène. Connu aussi sous le nom de concile de Nicée II, ce synode œcuménique a rassemblé 350 évêques orthodoxes, a été présidé par saint Taraise, patriarche de Constantinople, a condamné l'iconoclasme comme hérésie et a rétabli le culte des saintes icônes. Ce concile clôt l'ère des grandes querelles dogmatiques, qui ont permis à l'Eglise de préciser en des définitions excluant toute ambiguïté les limites de la sainte foi orthodoxe.

Le triomphe de la juste vénération des saintes icônes est célébré également le premier dimanche du grand Carême.

L’évangile du jour parle du semeur qui alla semer du bon grain. Une partie tomba sur le chemin, une autre dans les épines, quelques semences sur le roc et une grande partie sur la bonne terre. L’explication de cela, le Seigneur la donne lui-même sur la demande des apôtres.

Attardons-nous un peu sur la semence qui est tombée sur la bonne terre. Voici ce qu’en dit saint Grégoire : (hom. 45 sur les Ev.) «Or, la bonne terre produit du fruit par la patience, parce que le bien que nous faisons est nul, si nous ne supportons en même temps avec patience le mal qui nous est fait. Ainsi ceux qui sont représentés par cette bonne terre, produisent du fruit par la patience, car après avoir supporté en toute humilité et en toute patience les épreuves qui leur sont envoyées, ils entrent dans le repos et dans la joie de l’éternité.»

Par la patience dans les épreuves ! Saint Cyrille dit de ceux dépourvus de patience : «Si la foi chrétienne n’est l’objet d’aucune attaque, ils demeurent fidèles, mais si la persécution vient à se déclarer, ils se dérobent par la fuite au danger, parce que leur foi n’a point de racine.»

Ce qui «est tombé dans la bonne terre, a poussé et donné du fruit au centuple.» Saint Bède le Vénérable en dit : « Le fruit au centuple, c’est le fruit dans sa perfection, car le nombre dix exprime toujours la perfection, parce que l’accomplissement de la loi consiste dans l’observation des dix commandements; mais le nombre dix multiplié par lui-même, produit le nombre cent, qui est ainsi le symbole de la plus grande perfection possible.»

L’évangile termine : «Ayant ainsi parlé, Jésus s’écria : Entende qui a des oreilles pour entendre !»

«Tous aient les oreilles du corps, parce que ce n’est pas entendre véritablement, que d’entendre sans attention; de même qu’on ne touche véritablement, que lorsqu’on est inspiré par la foi.» Saint Grégoire 

Donc, ce ne sont pas les oreilles du corps qui sont visées mais bien la disposition du cœur ! Comme il est dit ailleurs, en Isaïe : «Vous entendrez de vos oreilles, et vous ne comprendrez point. Vous regarderez de vos yeux, et vous ne verrez point.»

La leçon à tirer de cet évangile : La patience dans les épreuves, et l’ouverture de notre cœur aux paroles du salut; en d’autres mots : devenir une bonne terre pour faire fructifier la semence. Alors se réalisera ce que dit l’évangéliste Marc : «qu’il dorme ou qu’il veille, nuit et jour, la semence germe et croît sans qu’il sache comment.» (4,27)


a. Cassien




mercredi 17 août 2022

Les sept Dormants d'Ephèse

 Puisque aujourd'hui c'est leur fête, voici leur histoire :

Des sept frères dormants à Ephèse.


Voici la raison pour laquelle il y eut sept frères dormants dans la ville d'Ephèse. Du temps de l'empereur Decius, quand la persécution s'émut contre les chrétiens, sept personnages furent pris et menés devant le prince, desquels voici les noms : Maximien, Malchus, Martinien, Constantin, Denys, Jean, et Sérapion, qui ayant été sollicités en diverses manières d'obéir aux ordres du prince, touchant les choses qui concernent la superstition des dieux, n'y voulurent point acquiescer. L'empereur (à cause que c'étaient des gens bien faits) ne voulant point les faire périr en un moment, leur donna du temps pour y penser. Ceux-ci s'en allèrent renfermer dans une caverne, où ils demeurèrent plusieurs jours, l'un desquels néanmoins sortait de temps en temps pour aller acheter des vivres, et les autres choses nécessaires. Et comme l'empereur revint en cette ville-là, ils demandèrent au Seigneur qu'il lui plût de les délivrer de ce péril. Et quand ils eurent fait leur oraison étant prosternés contre terre, ils s'y endormirent tous. Et l'empereur ayant appris qu'ils s'étaient retirés dans cette caverne, Dieu permit qu'il en fit boucher l'entrée avec de grosses pierres, disant : Que ceux-là périssent misérablement dans cette caverne, qui ont refusé de sacrifier à nos dieux. Comme ces choses se passaient, un chrétien ayant écrit les noms et le genre du martyre de ceux-ci sur une lame de plomb, la renferma secrètement à l'entrée de cette caverne devant qu’elle fut bouchée. 



Et plusieurs années depuis, après que la paix eut été rendue aux Eglises, et que Théodose prince chrétien eut obtenu l'empire, il s'éleva une misérable hérésie des Saduceens, qui nient la résurrection future. Alors un citoyen d'Ephèse ayant voulu faire une bergerie proche de cette  montagne, fit amener de là des pierres pour en faire l'enceinte, sans savoir ce qu’il y avait au dedans. Il ouvrit donc l'entrée de la caverne, ne connaissant point du tout qu'il y eut rien d’extraordinaire. Cependant le Seigneur répandit l'esprit de vie en ces sept hommes, qui se levèrent, croyant n'avoir dormi une nuit, envoyèrent celui qui avait accoutumé de leur acheter des vivres, lequel étant venu au-dessus de la porte de la ville, où il vit une croix représentant la Croix glorieuse de notre salut, et entendant le peuple jurer par le Nom de Jésus Christ, fut émerveillé. Et ayant présenté de la monnaie qu'il avait du temps de Decius, il fut arrêté par un marchand qui lui dit, qu'il avait trouvé des trésors de l'antiquité. Mais celui-ci l'ayant nié, il fut mené à l’évêque et au juge de la ville, qui l'ayant interrogé et repris aigrement, la nécessité le pressa de leur révéler tout le mystère qui leur était caché, et les mena dans la caverne où étaient les personnages. Et comme l’évêque y entrait, il trouva la table de plomb sur laquelle étaient écrites toutes les choses qu'ils avaient souffertes; et après qu'il se fut entretenu avec eux, on donna promptement avis de toutes ces choses à l’empereur Théodose, qui étant venu diligemment pour les voir, se prosterna devant eux, à qui ceux-ci parlèrent en cette sorte. Nous avons appris, glorieux Auguste, qu’il y a une hérésie qui s'efforce de détourner le peuple chrétien de l'attente des promesses de Dieu, disant, qu'il n'y a point de résurrection des mort. Afin donc que vous sachiez que tous tant que nous sommes, de vous être représentés devant le tribunal de Jésus Christ, le Seigneur nous a ressuscités pour vous dire ces choses. Prenez donc bien garde de n'être point séduit par ces gens-là, et d'être exclus du royaume de Dieu. L'empereur Théodose ayant ouï ces choses glorifia le Seigneur, de ce qu'il n'avait point permis que son peuple périt. 

Ces personnages s'étant derechef prosternés en terre, s'y endormirent, pour ne se réveiller plus qu'au dernier jour. Pour lesquels l’Empereur Théodose ayant voulu faire des cercueils d'or pur, en fut empêché par une vision. Ces personnages couverts jusques à ce jour de petits manteaux de soie ou de toile de fin lin, reposent encore en ce lieu-là. Ce que l'histoire de leur passion, que nous avons tournée en latin, sur l'interprétation que nous en a donnée un certain Syrien, contient plus amplement.


Saint Grégoire de Tours (La gloire des martyrs chap. 95)

lundi 15 août 2022

195

 Un nouveau bulletin est disponible : 195

lundi 8 août 2022

LA VIERGE CONCEVRA


Dans Isaïe (7,14) il est écrit : «Le Seigneur lui-même vous donnera un signe. Voilà que la Vierge concevra dans son sein, et elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom d’Emmanuel.»

Grammaticalement, on peut aussi traduire, – puisque le mot hébreux peut dire les deux – : La jeune fille concevra, mais théologiquement c’est faux, comme nous allons le démontrer.

Si Isaïe voulait dire simplement jeune fille, cela n’aurait aucun sens prophétique car tant de jeunes filles hébraïques enfantaient, sans pour autant rester vierges. Tout ce que dit l’évangéliste Luc concernant la virginité de Marie n’aurait aucun sens non plus.

Quand l’ange Gabriel annonçât à Marie : «tu concevras dans ton sein et tu enfanteras un fils,» (Luc 1,31), elle répondit à Gabriel : «Comment cela m'adviendra-t-il puisque je ne connais point d’homme ?» L’ange donnât la solution : «Le saint Esprit viendra sur toi et la vertu du Très-Haut te couvrira de son ombre.» 

Marie n’était que fiancée à Joseph et les fiancés qui avaient des rapports sexuels, chez les hébreux, furent punis par la loi. «Joseph, son époux, qui était un homme juste, et qui ne voulait pas, l’exposer à la honte se proposa de la répudier sans éclat.» (Mt 1,19) Comment Joseph aurait voulu la répudier, si l’enfant serait de lui ? En plus, comme il était juste, comme aurait-t-il coucher avec Marie n’étant pas fiancé avec elle ? Un ange lui confirmât : «Joseph, fils de David, ne crains point de prendre chez toi Marie, ton épouse; car l'enfant qui a été engendré en elle vient du saint Esprit.» (Mt 1,20) Plus loin il est écrit : «Cependant il ne la connut point jusqu’au jour où elle mit au monde son fils premier-né, à qui il donnera le nom de Jésus.» Donc l’enfant ne venait pas de lui et la virginité de Marie était toujours intacte !

«Cependant, il ne la connut point jusqu’au jour …» demanderait un autre explication, pour montrer que Joseph n’a pas eu non plus des rapports sexuels avec la Toute Sainte dans la suite.

Si donc les Protestants et les autres sectaires, – dans leur esprit rationaliste –, traduisent : la jeune fille concevra, leur théologie ne vaut pas plus que celle de Google !

Pour terminer, comment l’évangéliste Jean pouvait-t-il dire, si le Christ serait né de Joseph, c’est-à-dire de la chair et du sang ? «Mais il a donné à tous ceux qui l'ont reçu le pouvoir d'être faits enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom. Ceux-là ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu.» (Jn 1,12-13)


a. Cassien


Plaise à Dieu, la Dormition de la Toute Sainte, qui tombe cette année sur un dimanche, sera célébrée à Mirabeau.

Venez nombreux de "l'orient et de l'occident" !