dimanche 5 mai 2019

HOMELIE POUR LE DIMANCHE DE THOMAS

Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison, et Thomas se trouvait avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées, se présenta au milieu d’eux, et dit : «La paix soit avec vous !» Puis il dit à Thomas : «Avance ici ton doigt, et regarde mes mains; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté; et ne sois pas incrédule, mais crois.» Thomas lui répondit : «Mon Seigneur et mon Dieu !» Jésus lui dit : «Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru !» Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d’autres miracles, qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom. (Jn 20,26-31)


Le dimanche qui suit Pâque s’appelle Dimanche de Thomas ou aussi Antipâque. En ce cas, anti ne veut pas dire contre – comme pour antichrist, – mais «en face».
Décortiquons un peu cette fête paradoxale. Le Christ ne fit aucun reproche à Thomas qui ne croyait pas à l’apparition dont les autres apôtres avaient été témoins. Thomas voulait en avoir la certitude. Si le Sauveur lui avait fait des reproches, cela aurait voulu dire que nous devrions accepter tout ce qui est surnaturel sans le mettre à l’épreuve : visions, songes etc. Il lui a juste dit de mettre sa main sur ses plaies et de n’être plus incrédule mais croyant. Nos pères nous mettent bien en garde concernant les apparitions, visons, etc. Si cela vient de Dieu, nous n’arriverons pas à nous y opposer, mais si le malin veut jouer à l’ange de lumière, la prudence s’impose.
Reprenons depuis le début : Le premier jour de la semaine, le dimanche, donc à Pâque, le Sauveur apparut d’abord aux myrophores et ensuite aux apôtres.
«En apprenant de la bouche de Marie-Madeleine la nouvelle de la résurrection, les disciples devaient ou refuser d'y croire, ou en y ajoutant foi, s’attrister de ce que le Seigneur ne les avait pas jugés dignes de le voir eux-mêmes ressuscité. Jésus ne les laisse pas une seule journée dans ces pensées, et comme la nouvelle qu'ils avaient apprise qu'il était ressuscité partageait leur esprit entre le désir de le voir et la crainte, lorsque le soir fut venu, il se présenta au milieu d'eux : Sur le soir du même jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où les disciples se trouvaient rassemblés, étant fermées, etc.» (saint Jean Chrysostome (hom. 86 sur S. Jean)
«Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison et Thomas avec eux.»
Thomas était donc cette fois-ci présent. Il était déjà présent quand les deux disciples d’Emmaüs témoignèrent de l’apparition qu’il avaient eu du Seigneur, mais Thomas n’était pas présent lors de cette apparition, ni de celle qu’eurent les dix disciples le matin de Pâque.
Le Christ avait bien gardé ses plaies comme preuve de sa passion, comme preuve de sa double nature, – humaine et divine –, et surtout comme preuve qu’il était vraiment ressuscité dans son corps, non plus matériel mais transfiguré.
Le grand Chrysostome dit : «Ce serait une question digne d'intérêt d'examiner comment un corps incorruptible pouvait porter la marque des clous, mais n'en soyez pas surpris, c'était un effet de la bonté du Sauveur qui voulait ainsi convaincre ses disciples que c'était bien lui qui avait été crucifié.»
De son côté, saint Augustin dit : «Jésus aurait pu, s'il avait voulu, faire disparaître de son corps ressuscité et glorifié toute marque de cicatrice, mais il savait les raisons pour lesquelles il conservait ces cicatrices dans son corps. De même qu'il les a montrées à Thomas, qui ne voulait point croire à moins d'avoir touché et d'avoir vu, ainsi il montrera un jour ces mêmes blessures à ses ennemis, non plus pour leur dire : Parce que vous avez vu, vous avez cru, mais pour qu'ils soient convaincus par la vérité qui leur dira : Voici l'homme que vous avez crucifié, vous voyez les blessures que vous avez faites; vous reconnaissez le côté que vous avez percé, c'est par vous et pour vous qu'il a été ouvert, et cependant vous n'avez pas voulu y entrer.» (du symb. aux catéch., 2,8)
Ailleurs, le même écrit : «Je ne sais pourquoi l'amour que nous avons pour les saints martyrs nous fait désirer de voir sur leur corps, dans le royaume des cieux, les cicatrices des blessures qu'ils ont reçues pour le nom de Jésus Christ, et j'espère que ce désir sera satisfait. Car ces blessures, loin d'être une difformité, seront un signe de gloire, et bien qu'empreintes sur leur corps, elles feront éclater la beauté, non point du corps, mais de leur courage et de leur vertu. Et quand même les martyrs auraient eu quelques-uns de leurs membres coupés ou retranchés, ils ne ressusciteront pas sans que ces membres leur soient rendus, car il leur a été dit : Un cheveu de votre tête ne périra pas. (Lc 21,18) Si donc il est juste que dans cette vie nouvelle, on voie les marques de ces glorieuses blessures dans leur chair douée de l'immortalité, les cicatrices de ces blessures apparaîtront sur les membres qui leur seront rendus, à l'endroit même où ils ont été frappés ou coupés pour être retranchés. Tous les défauts du corps disparaîtront alors, il est vrai, mais on ne peut considérer comme des défauts ou des taches les témoignages du courage des martyrs.» (de la cité de Dieu, 22,20)
Un autre aspect de cet évangile m’intrique toujours : La divinité du Christ fut confessée d’une manière indirecte et voilée, pour ainsi dire, par les disciples, mais cette fois-ci, Thomas le confesse clairement : «Mon Seigneur et mon Dieu.» J’avais reproché une fois aux soi-disant Témoins de Jéhovah leur incroyance de ce que le Christ est Dieu par nature et ils m’ont répondu que c’était Thomas qui l’avait dit «comme ça.» Nebucadnetsar, le roi de Babylone, fut puni, «lorsque son coeur s’éleva et que son esprit s’endurcit jusqu’à l’arrogance, il fut précipité de son trône royal et dépouillé de sa gloire; il fut chassé du milieu des enfants des hommes, son coeur devint semblable à celui des bêtes, et sa demeure fut avec les ânes sauvages; on lui donna comme aux boeufs de l’herbe à manger, et son corps fut trempé de la rosée du ciel, jusqu’à ce qu’il reconnût que le Dieu suprême domine sur le règne des hommes et qu’il le donne à qui il lui plaît.» (Dan 5,20-21) L’archange Lucifer ne fut-il pas précipité du ciel pour son orgueil démesuré, se croyant égal à Dieu ? Le Christ, que Thomas appela «mon Seigneur et mon Dieu,» n’aurait-il pas été puni par Dieu, s’il n’avait été vraiment Dieu ? Où serait la justice divine ? Mais laissons les «pseudo-témoins,» – comme les grecs les appellent, avec leurs blasphèmes et leurs hérésies !
Thomas, donc, l’incrédule, en touchant les signes de la victoire sur la mort, devenait ainsi théologien et confessait clairement les deux natures du Christ, comme elles furent confessées par la suite par les pères et les conciles orthodoxes.
«Celui qui avait d'abord été un incrédule, après l'épreuve du toucher, se montre un parfait théologien, en proclamant en Jésus Christ deux natures et une seule personne, en disant : Mon Seigneur, il reconnaît la nature humaine, et en ajoutant : Mon Dieu, la nature divine, et ces deux natures dans un seul et même Dieu, et Seigneur.» (saint Théophylacte)
Un troisième aspect encore de l’évangile : «Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru !» Cela était valable pour les apôtres et l’est encore aussi pour nous. C’est par la foi que nous seront sauvés et non par les visions et autres évènements surnaturels. Ceux-ci n’existent que pour soutenir notre faiblesse et pour notre consolation.

a. Cassien


mardi 30 avril 2019

Christ est ressuscité !

Nous avons célébré la Pâque à la chapelle de sainte Marie Madeleine. Les fidèles ont logé dans un gîte. Les voici en partie :




 Le choeur pieux des femmes amies de Dieu demeurait attaché par l’amour au sépulcre du Maître et elles attendaient de voir resplendir à nouveau la Vie qui sortirait, d’une «tombe taillée dans le roc.» A ces femmes toutes en pleurs, deux anges, lumineux et éblouissants comme des éclairs, annonçaient la bonne nouvelle. Par leur visage radieux et souriant, ils montraient que la joie du monde était ressuscitée, et ils blâmaient les femmes de penser à tort que la Vie était encore cachée dans le sépulcre et de «chercher celui qui est vivant parmi les morts.» Ils leur faisaient des reproches et leur criaient : «Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Jusques à quand resterez-vous ainsi dans l’erreur, à pleurer ? Jusques à quand allez-vous considérer comme mort celui qui est vivant et dispensateur de vie ? Elle est ressuscitée la Lumières, comme elle l'avait prédit, au troisième jour. Le sépulcre ne recouvre plus celui qui avait recouvert la terre par le ciel. Il n'est plus lié par des langes, celui qui, d’un seul mot, a dénoué les liens de la mort. Partez joyeuses, et courez annoncer aux apôtres «la bonne nouvelle de la Résurrection.» Ces femmes donc, que leur sexe inclinait au pessimisme et qui s’attachaient encore, à cause de l'amour qu'elles portaient à Dieu, voilà qu'un message aussi important, transmis par des anges, suffisait à lui seul pour les consoler et pour apaiser leur chagrin. Cependant aux églises du Crucifié répandues sur toute la terre, les bergers de la grâce annoncent aujourd’hui la bonne nouvelle, en usant des paroles sacrées de Paul, avec lesquelles je vous crie, moi aussi, dans l’allégresse : «Le Christ est ressuscité d'entre les morts, prémices de ceux qui se sont endormis.» A lui la gloire dans les siècles des siècles. Amen.


Du bienheureux Jean, évêque de Béryte, pour la résurrection de notre Sauveur.

mardi 23 avril 2019

retour au foyer

Je viens de rentrer de Grèce je suis resté trois semaines
Pendant ce temps, Joël, notre fidèle, nous a quitté pour une meilleure vie. 
Mémoire éternelle !!
Joël En y allant, je suis passé par la Suisse, nous avons célébré le Dimanche de l’Orthodoxie, 

et en revenant, je me suis de nouveau arrêté à Saxon pour célébrer le Samedi de Lazare 
et le Dimanche des Rameaux.
    Plaise à Dieu, Pâque sera donc célébrée à Mirabeau.
en Christ, 
a. Cassien

lundi 4 mars 2019

HOMÉLIE POUR LE DIMANCHE DU LAITAGE

Le prochain bulletin vient de sortir : 172



«Donne-moi de parler, et aussi de faire ce que je dis, ô mon Artisan, mon Créateur, mon Dieu ! – car si ce que je dis je ne le réalise pas effectivement, je suis devenu un airain qui résonne vainement à grand bruit sans percevoir le son des coups. (Saint Syméon le Nouveau Théologien : Hymnes 2)
Initialement je voulais parler de l’évangile d’aujourd’hui mais en cherchant et en réfléchissant, je me suis accroché à la première partie où il est question du pardon à accorder au prochain.
«Si vous pardonnez aux hommes leurs manquements, votre Père céleste vous pardonnera aussi; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos manquements.» (Mt 6,12)
Dans le Notre Père, juste avant ce passage, l’évangéliste Matthieu dit : «pardonne-nous nos manquements, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.» (Mt 6,12) Parfois on traduit offenses au lieu de manquements. Le texte grec dit : ὀφειλήματα et l’on peut traduire ce mot en français selon ces deux termes.
Par contre l’évangéliste Luc dit : «pardonne-nous nos péchés, car nous aussi nous pardonnons à quiconque nous offense; et ne nous induis pas en tentation.» (Lc 11,4) En grec c’est bien : «ἁμαρτίας,» pour péchés.
Il parle des péchés au lieu des offenses ou manquements. Les deux évangélistes ne se contredisent pas bien sûr, mais parlent de deux aspects différents d’une seule et même réalité. 
Quand notre prochain nous a fait du mal – selon notre jugement à nous –, nous attendons qu’il répare ce mal et nous demande pardon. Il nous a offensé; donc il faut lui pardonner, ce qui veut dire lui faire grâce, lui accorder une remise.  
«Cette grâce que nous demandons à Dieu dans un sentiment de vrai repentir, Dieu veut que nous l’accordions d’abord nous-mêmes au prochain dès le premier moment de notre conversion.» Saint Grégoire le Grand (Moral., 10,11)
L’évangile d’aujourd’hui continue, ce que j’ai déjà cité plus haut : «Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses.» C’est donc bien clair : si nous ne pardonnons pas, Dieu ne nous pardonnera pas non plus.
Ensuite, l’évangile du dimanche explique comment jeûner. Si on ne jeûne que par ostentation, pour être vu des hommes, aucune récompense ne nous attend dans l’autre vie. Que notre jeûne se fasse discrètement, vu uniquement par «notre Père, qui voit dans le secret !» D’ailleurs notre jeûne n’a de valeur que si nous pardonnons à notre frère – la première condition –, sinon ce jeûne ne servira, dans le meilleur des cas, que pour faire un peu maigrir le corps.  
La troisième partie de l’évangile explique comment thésauriser, c’est-à-dire qu’il ne faut pas chercher les avantages terrestres, passagers, mais il nous conseille plutôt : «amassez vos trésors dans le ciel.»
En résumé : pardonner au prochain, jeûner pour le Seigneur et œuvrer pour la vie éternelle.
Je clos ces quelques mots avec une citation de saint Basile (lettre 135; au prêtre Diodore d’Antioche) : «La simplicité du style et l’absence de recherche m’ont paru convenir à la fin que se propose un chrétien, qui écrit moins pour l’étalage de son savoir que pour l’utilité commune.»


a. Cassien

mardi 19 février 2019

LES ÉVANGILES DU PRÉ-CARÊME

Je commence par les mots de saint Grégoire le Grand : «… les hommes spirituels, simples quant au savoir, mais brûlants d’amour pour Dieu et le prochain. Bien qu'ils ne sachent pas tenir des propos élevés et spirituels, ils s'efforcent tout de même d'embraser de l'amour du Créateur ceux qu'ils peuvent en leur montrant ce qu'ils savent…» (explication du Livre des Rois 4,52,2)
Les trois évangiles du pré-carême sont riches de sens et s’enchaînent par leurs contenus.
L’évangile du pharisien et du publicain, que nous avons entendu le dimanche passé, nous met en garde contre l’autosuffisance et la confiance dans nos bonnes œuvres qui entraînent le jugement et le mépris du prochain. 
«Frères, ne prions pas à la manière du Pharisien, car celui qui s'élève devra s'humilier; humilions-nous plutôt devant Dieu, à la manière du Publicain, et disons comme lui : Seigneur, aie pitié du pécheur que je suis.» (lucernaire du samedi soir)
Nous avons tous un peu du Publicain, en regrettant nos manquements, mais aussi, hélas, notre part non négligeable du Pharisien, confiants dans nos œuvres de justice, – puisqu’on a fait la prière du soir, qu’on n’a pas mangé de fromage le vendredi (juste un peu d’huile, ce que notre conscience élastique tolère, etc.)… Comme disent les russes : «La rigidité de la loi est compensée par le laxisme de sa mise en œuvre.» 
L’évangile du Fils Prodigue, de dimanche prochain, nous prêche le repentir, le retour dans les bras du Père. Leurrés que nous sommes par les suggestions du malin, comme Ève dans le paradis, ou comme le fils prodigue, qui est l’image de nous tous, Dieu attend notre conversion. «Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés !» (Ac 3,19) Le Christ le disait déjà en commençant sa mission, et avant lui, le Précurseur Jean. 
Le troisième évangile traite du Jugement à venir quand nous serons jugés. Ce jugement est inévitable comme le grand Carême après le pré-carême. Quand cela arrivera t-il ? Dieu seul le sait. À nous d’être prêts. Que nous sera t-il demandé lors du jugement ? L’amour du prochain : J’étais affamé, nu, étranger etc. et vous ne m’avez pas reconnu dans le prochain, dira le Christ. Et qui est ce prochain ? L’évangile du bon samaritain nous le dit clairement : celui qui est tombé dans les mains des brigands, c’est-à-dire des esprits malins qui nous ont dépouillés et laissés à demi-mort spirituellement. 
«En considération de notre faiblesse, nous arrêtons notre parcours à peu de distance, autant par manque de confiance en notre médiocre intelligence que par crainte de la profondeur du livre sacré.» (Saint Grégoire le Grand : explication du Livre des Rois)


a. Cassien

mercredi 2 janvier 2019

Dormition du père Job

Je viens d'apprendre que le père Job de Yaoundé s'est endormit dans le Seigneur cette nuit. Mémoire éternelle !
Pour l'enterrement, rien de précis encore.
Sur ce photo il concélébrait avec moi à Yaoundé. 


En Christ,
a. Cassien


lundi 31 décembre 2018

171

Le prochain bulletin est disponible : 171

A tous une fête de la Nativité du Sauveur dans la paix et la joie !

votre en Christ, 
a. Cassien