vendredi 27 mars 2026

DIMANCHE DE SAINTE MARIE L’ÉGYPTIENNE

    «Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant ! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche,» dit le Seigneur dans l’Apocalypse (3,15-16) Sainte Marie l’Égyptienne, dont nous célébrons ce dimanche la mémoire, en plus le premier avril, était tout sauf tiède. Froide, comme prostituée, elle était la plus fameuse d’Alexandrie, et comme sainte, elle fut bouillante. Extrémiste, tel d’autres saints, comme le bon larron saint Disme, elle ne supportait pas la tiédeur.

Quand elle fut repoussé devant les portes saintes du saint Sépulcre, elle décida de changer sa vie de fond en comble et partît au désert. Cette année ces mêmes portes restent closes à Pâques à cause de la fourberie juive, ou plutôt par suite de notre relâchement. Dieu seul sait si et d’où jaillira alors le feu sacré !

Au désert, au milieu des bêtes sauvages, elle luttait pendant 40 ans contre les forces du mal, dont elle servait autrefois. Nue, sans la moindre aide matérielle, ni icônes, ni offices, ni Écriture sainte ou autres livres spirituels, elle servait fidèlement le Seigneur. Pourtant par sa sainteté elle connaissait finalement la Bible par cœur.


    Quelle excuse avons-nous en face d’un pareil exemple, ayant tout à notre portée ? Les offices nous semblent trop longs, les livres sacrés nous ennuient, les carêmes sont trop stricts etc etc. Voilà notre tiédeur ! C’est bien à notre sujet que le Christ prononça les paroles citées en haut. Quand sera notre réveil ? Faut-il un miracle ou une guerre ? «Réveille-toi, toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et Christ t’éclairera.» (Eph 5,14)

Si une guerre éclate ou une autre grande catastrophe, n’est-ce pas à cause de notre tiédeur, qui est devenue comme le sel fade et sans saveur, dont parle l’évangile. «Le sel est une bonne chose; mais si le sel devient sans saveur, avec quoi l’assaisonnerez-vous ? Ayez du sel en vous-mêmes, et soyez en paix les uns avec les autres.» (Mc 9,50) Si nous, qui portons le nom de chrétiens et d’orthodoxes, ne le sommes que de nom, où sont les dix justes qui peuvent sauver le monde ? «Peut-être s’y trouvera-t-il dix justes. Et l’Eternel dit : Je ne la (Sodome) détruirai point, à cause de ces dix justes.» (Gen 18,32) Ce ne seront pas les «hommes qui ne savent pas distinguer leur droite de leur gauche», (Jonas 4,11), c’est-à-dire qui n’ont ni instruction ni connaissance spirituelle, qui le feront. Dieu aura peut-être pitié de cette génération, comme autrefois de Ninive, («Et moi, je n’aurais pas pitié de Ninive, la grande ville, dans laquelle se trouvent plus de cent vingt mille hommes qui ne savent pas distinguer leur droite de leur gauche, et des animaux en grand nombre !» (Jonas 4,11) si nous les tièdes, – appelés à la sainteté !, nous nous sacrifions pour le monde en péril.

Maints textes liturgiques, lors du grand Carême, nous stipulent :

«Soupire et pleure, ô mon âme, embrasse la conversion, la pénitence : le jour approche, le Juge est sur le seuil; prépare ta défense en criant : Contre toi j'ai péché, Dieu de bonté, mais dans ta compassion aie pitié de moi.»

«Conduis-moi sur le chemin du salut, ô Mère de Dieu, car j'ai souillé mon âme par le péché et dans l'indolence j'ai dépensé toute ma vie, mais par tes saintes prières délivre-moi de toute impureté.»

«Ô mon âme, prépare-toi et purifie-toi avant la Passion du Christ afin de pouvoir en esprit te réjouir avec lui au jour de sa Résurrection.»

Que dire de plus, si ce n’est de commencer moi-même ? Que sainte Marie l’Égyptienne, – que l’Église nous donne en exemple – nous vienne en aide !


A. Cassien

  

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