dimanche 19 mars 2017

jeudi 9 mars 2017

LA PARABOLE DES DIX LÉPREUX

«Jésus, Se rendant à Jérusalem, passait entre la Samarie et la Galilée. Comme Il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Se tenant à distance, ils élevèrent la voix, et dirent : Jésus, maître, aie pitié de nous ! Dès qu'Il les eut vus, Il leur dit : Allez vous montrer aux sacrificateurs. Et, pendant qu'ils y allaient, il arriva qu'ils furent guéris. L'un d'eux, se voyant guéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à haute voix. Il tomba sur sa face aux pieds de Jésus, et Lui rendit grâces. C'était un Samaritain. Jésus, prenant la parole, dit : Les dix n'ont-ils pas été guéris ? Et les neuf autres, où sont-ils ? Ne s'est-il trouvé que cet étranger pour revenir et donner gloire à Dieu ? Puis Iil lui dit : Lève-toi, va; ta foi t'a sauvé.» (Lc 17,11-18) 
Ces quelques mots que je veux dire s'adressent, bien sûr, à tous, mais surtout à nos chers prêtres et fidèles d’Afrique, pour qui les mots «pardon,» «s.v.p.» et «merci» ne sont pas très familiers.
Donc, ces neuf lépreux ne se donnèrent pas la peine de revenir et de remercier le Seigneur, trouvant que c’est un dû de sa part puisqu’Il a la puissance de les guérir. Le dixième, un Samaritain, – comme dans la parabole de celui qui était tombé dans les mains des brigands, – seul faisait marche arrière pour remercier le Seigneur. Il avait bien compris que la Puissance du Sauveur, à travers les sacrificateurs, l’avait délivré de sa lèpre. 
Une histoire me vient à l’esprit qui illustre cette attitude : Un frère raconta ceci : «Quand j'étais à Oxyrynque, des pauvres vinrent un samedi soir pour recevoir l'agape. Ils dormirent sur place; l'un d'eux ne possédait qu'une natte; il en avait placé une partie sous lui et se couvrait avec le reste, car il faisait grand froid. Comme il sortait pour faire ses besoins, je l'entendis soupirer et se plaindre du froid, mais il se consolait en disant : «Seigneur, je Te rends grâces ! Combien y a-t-il de riches en prison, chargés de fers ou les pieds au cep, qui ne peuvent même pas faire leurs besoins tranquillement. Mais moi, je suis comme l'empereur ! J'étends mes pieds et je me promène où il me plaît.» Pendant qu'il prononçait ces mots, je me tenais debout en l'écoutant. Je suis alors rentré pour aller raconter cela aux frères qui en furent très édifiés.» 
Qui de nous remercie assez Dieu pour la lèpre spirituelle dont Il nous purifie par sa Grâce ? Qui remercie dignement de ce qu’Il nous octroie chaque jour pour vivre. On se plaint plutôt parce que ceci ou cela nous fait défaut. Ce pauvre d’Oxyrynque, plus haut, ne se révoltait pas de son sort peu enviable, mais se comparait à d’autres qui vivaient dans un état bien pire. Si nous faisions de même, le soir en nous couchant, par exemple, après avoir bien mangé, ayant un toit sur la tête, un lit bien chaud etc.... Au lieu de trouver toujours un cheveu dans la soupe, comme on le dit, on serait bien plus heureux. Maintenant en Carême, au lieu de gémir sur la nourriture frugale, soyons content d’avoir de quoi manger. 
Que dire de plus ? À chacun de méditer un peu sur ces lépreux, sur l’action de grâce au Seigneur pour ses Bienfaits. 

archimandrite Cassien